L’intelligence artificielle générative s’installe au travail : que révèle l’enquête NETendances 2025?

Par Martine Rioux

Paru le 08 avril 2026

L’intelligence artificielle générative (IAG) fait désormais partie du paysage numérique de tous. Mais au-delà des usages personnels, comment s’intègre-t-elle dans les milieux professionnels? 

Selon l’enquête NETendances 2025, plus de la moitié (52 %) des internautes québécois ont déjà utilisé un outil d’IAG, une progression marquée par rapport à l’année précédente. De ce nombre, 46 % l’utilisent dans un contexte de travail. Il s’agit tout autant d’hommes que de femmes. L’utilisation est cependant plus fréquente chez les 25 à 54 ans et chez les personnes ayant un diplôme universitaire et un revenu familial supérieur à 100 000 $.

Les deux avantages les plus fréquemment mentionnés par les utilisateurs et utilisatrices de l'IAG en général sont liés à la rapidité : la rapidité à obtenir des réponses (50 %) et le gain de temps (45 %). Plus de la moitié des personnes utilisant l’IAG (56 %) sont d’ailleurs motivées par l'obtention de réponses rapides. Les trois autres motivations les plus citées sont l'amélioration de texte, l’acquisition ou l'approfondissement de connaissances sur un sujet, et le gain de temps pour analyser et synthétiser de l’information.

L'encadrement de l'IA par les employeurs est encore flou

Dans plusieurs cas, l’utilisation de l’IAG dans les milieux de travail repose sur des initiatives individuelles plutôt que sur des stratégies organisationnelles structurées. Les travailleuses et travailleurs expérimentent eux-mêmes ces technologies afin d’améliorer leur efficacité ou de faciliter certaines tâches. Cette appropriation spontanée témoigne de l’intérêt suscité par l’IAG, mais elle soulève aussi des enjeux liés à l’encadrement des pratiques, à la gestion des données et à l’utilisation responsable des outils.

Parmi les internautes en emploi, 44 % indiquent que leur employeur autorise l'utilisation de l'IA, avec ou sans outil fourni, alors que l'interdiction formelle est marginale (3 %). Cela dit, 21 % rapportent que leur employeur n'a pas de position officielle sur la question, et 32 % ne savent tout simplement pas quelle est la position de leur employeur, ce qui signifie qu'une part importante des travailleuses et travailleurs évoluent sans encadrement clair.

« Les employé(e)s se retrouvent donc à utiliser l’IA à leur propre discrétion, sans orientation ni stratégie organisationnelle », commente Jean-François Lalonde, professeur titulaire à la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval et directeur scientifique adjoint de l’Institut intelligence et données (IID), dans le rapport

Il souligne aussi que « l’absence de cadre légal clair au Québec et au Canada peut inciter les organisations à attendre que la réglementation tranche avant d’agir : une posture qui prolonge l’incertitude pour les employé(e)s. »

La confiance en l’avenir demeure

Les personnes à l’emploi ou aux études sont toujours aussi confiantes de l’avenir de leur métier face à l’IA : 41 % d’entre elles estiment que leur emploi ne sera pas touché par l’IA dans les trois prochaines années. En comparaison, seulement 17 % estiment que leur industrie pourrait être touchée de façon majeure. 

Les personnes qui estiment avoir une forte littératie en intelligence artificielle sont plus nombreuses à juger que l’IA pourrait les faire gagner en efficacité (35 %, contre 26 % de l’ensemble des personnes répondantes), mais également plus nombreuses à s’attendre à perdre certaines de leurs fonctions (24 %, contre 18 % de l’ensemble des personnes répondantes.)

À ce sujet, Jean-François Lalonde commente : « Je suis d’avis que l’intelligence artificielle aura un impact sur le marché de l’emploi plus prononcé que ce qu’anticipent les répondant(e)s. Après tout, l’IA est une technologie disruptive et transformatrice et il est difficile d’imaginer un domaine d’activité qu’elle ne touchera pas d’une façon ou d’une autre. »

Il est possible de consulter la méthodologie de l’enquête sur le site de l’ATN. 

 

Catégorie : Monde du travail