Connaissez-vous bien l’alternance travail-études?
Par Mélanie Bisaillon
Paru le 20 octobre 2026
L'auteure est directrice des services éducatifs FGA-FP, Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud, et administratrice de l’Association québécoise d’alternance études-travail (AQAET).
L’alternance travail-études constitue une approche éducative qui permet d’apprendre un métier tout en développant une expérience réelle en entreprise. Selon le ministère de l’Éducation du Québec (2022), l’ATE permet aux apprenants d’exploiter, dans un même parcours scolaire, la richesse de deux milieux de formation : l’école et l’entreprise.
C’est un mode d’organisation de la formation qui est structuré par les établissements scolaires, à partir des programmes d’études ministériels déjà existants.
En ATE, l’apprenant doit être en mesure de se mobiliser, de transférer et d’adapter ses apprentissages dans des contextes variés. Il est au cœur des échanges entre le milieu scolaire et le monde du travail.
Le succès de l’ATE repose sur un partenariat étroit entre les centres de formation professionnelle et les entreprises.
L’alternance travail-études peut prendre deux formes, selon la place accordée à l’entreprise dans le parcours. On distingue ainsi :
- l’alternance de base, où de 20 à 39 % de la formation se déroule en milieu de travail;
- l’alternance accrue, lorsque cette proportion atteint 40 % ou plus.
Au-delà de ces modalités, l’alternance repose également sur deux grandes intentions pédagogiques. Elle peut viser :
- le développement de compétences, soit l’acquisition, en milieu de travail, de compétences ou d’éléments de compétences avant la sanction;
- la mise en œuvre de compétences, soit leur application en contexte réel après la sanction.
L’ATE se distingue comme une approche éducative dynamique permettant à l’apprenant de réaliser de nouveaux apprentissages ou de transférer ses acquis directement dans des situations réelles de travail, sous la supervision de l’entreprise. Au fil de son parcours, il est invité à échanger avec ses pairs et ses enseignants sur son expérience en milieu professionnel : la qualité de son intégration dans l’équipe, les tâches accomplies, les outils et les équipements utilisés, ainsi que ses réussites et les défis rencontrés. Ces retours favorisent une prise de recul essentielle, amenant l’apprenant à faire le point sur ses savoirs. Ce processus soutient à la fois le réinvestissement des acquis dans les activités d’apprentissage futures et, du côté de l’enseignant, l’ajustement de l’enseignement correctif à la suite de chaque séquence en entreprise.
Pour être reconnu comme un projet d’alternance travail-études, un programme d’études doit répondre à certains critères établis par le ministère de l’Éducation (2022). Il doit d’abord être offert par un établissement officiellement reconnu par le Ministère et être suivi à temps plein.
Surtout, il doit mener à l’une des sanctions d’études suivantes en formation professionnelle :
- Diplôme d’études professionnelles (DEP);
- Attestation de spécialisation professionnelle (ASP);
- Attestation d’études professionnelles (AEP).
Finalement, l’ATE se révèle une approche éducative qui crée un véritable lien entre le monde de l’éducation et celui du travail. En plaçant l’apprenant au cœur de situations réelles et signifiantes, elle favorise le développement de compétences solides et transférables. Pour chacun des milieux, l’ATE représente une formule gagnante répondant également aux besoins d’une relève prête à relever les défis du marché du travail.
Références
- Association québécoise d'alternance études-travail. www.aqaet.qc.ca
- Ministère de l'Éducation du Québec. (2022). www.carrefourfp.ca/fr/wp-content/uploads/2024/02/ATE-Cadre-reference.pdf