Cinq leviers pour doter le Québec d’une vision intégrée de la main-d’œuvre
Paru le 26 février 2026
Alors que le Québec fait face à une rareté persistante de main-d’œuvre et à des transformations profondes du marché du travail, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) propose un plan structuré pour répondre aux défis des prochaines années.
D’ici 2033, près de 1,4 million de postes devront être pourvus par des personnes qui ne sont pas actuellement actives sur le marché du travail, un choc démographique et économique qui exige des actions immédiates.
Pour y parvenir, le CPQ met de l’avant cinq leviers complémentaires.
1. Rehausser la littératie et la numératie
Le CPQ appelle à renforcer les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, essentielles à l'employabilité et à l'adaptation technologique. Il plaide aussi pour une nouvelle politique d’éducation des adultes et un accès accru à la formation en milieu de travail, soutenue financièrement.
2. Instaurer un continuum de formation et de reconnaissance des compétences
Face au défi des nouvelles technologies (intelligence artificielle, automatisation, etc.) pour accroître la productivité, l'entreprise doit être pleinement reconnue comme un lieu central de développement des compétences. Le CPQ recommande de bonifier les programmes de formation en milieu de travail, de renforcer le compagnonnage et l'alternance travail-études, et d'améliorer l'arrimage entre le système d'éducation et les besoins réels des employeurs. Une meilleure reconnaissance des acquis et des compétences, y compris celles acquises à l'étranger ou par l'expérience, est également essentielle.
3. Attirer et maintenir en emploi les travailleurs expérimentés
Accroître la participation des personnes de 55 ans et plus constitue un levier stratégique incontournable. Cela passe par des règles fiscales mieux adaptées, une organisation du travail plus flexible et des incitatifs cohérents favorisant la prolongation des carrières.
4. Mieux intégrer les clientèles éloignées du marché du travail
Jeunes, personnes autochtones, racisées, en situation de handicap ou judiciarisées : plusieurs bassins de talents demeurent sous-mobilisés. Des parcours flexibles, des programmes adaptés et un accompagnement personnalisé sont nécessaires pour favoriser une intégration durable et répondre aux besoins criants des entreprises.
5. Ajuster l’immigration économique aux besoins réels
Les personnes immigrantes représentent près du quart de la main-d'œuvre québécoise. Le CPQ recommande d'accroître la souplesse du Programme des travailleurs étrangers temporaires et d'ajuster les seuils d'immigration permanente en fonction d'indicateurs objectifs du marché du travail, tels que les postes vacants et les besoins futurs de l'économie, afin d'optimiser la sélection et l'intégration.
Pour le CPQ, la main-d’œuvre doit être considérée comme un actif stratégique au même titre que l’investissement et l’innovation. Une action concertée entre gouvernements, employeurs et partenaires du marché du travail sera essentielle pour assurer la compétitivité et la prospérité économique du Québec.
Plus d’information dans ce communiqué de presse.
Image par Gerd Altmann de Pixabay.
Catégorie : Monde du travail