Ce qui a retenu notre attention ce mois-ci

Par Martine Rioux

Paru le 30 janvier 2026

Nous effectuons une veille quotidienne du monde du travail afin de repérer les tendances, les changements et les découvertes susceptibles d’influencer les professions, les compétences et les parcours professionnels. Voici ce qui a retenu notre attention en janvier 2026.

Les articles sélectionnés portent notamment sur des avancées scientifiques et technologiques susceptibles d'avoir des répercussions sur plusieurs secteurs d'activité et professions.

Une application d’intelligence artificielle pour prévenir les blessures sportives

La déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) du genou est l’une des blessures les plus fréquentes chez les sportifs. Des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont développé une application nommée Hurtblocker, qui utilise l’intelligence artificielle pour analyser les mouvements et la stabilité des genoux durant un saut. L’application permet de récolter des données qui indiquent le niveau de risque de subir ce genre de blessure et suggère également des programmes d’entrainement neuromusculaire spécifiques.

Cette innovation pourrait transformer les pratiques en physiothérapie, en kinésiologie et en médecine sportive, notamment en renforçant les approches préventives personnalisées.

Les écosystèmes d’eau douce influencés par le couvert arboré

Une étude internationale impliquant des chercheurs de l’Université McGill montre que même de petites variations du couvert arboré peuvent modifier la composition chimique de l’eau dans des micro-écosystèmes. 

Ces résultats contribuent à mieux comprendre les effets des changements climatiques sur l’environnement et pourraient influencer les pratiques en écologie, en biologie et en ingénierie environnementale.

La majorité des professions au Québec sont hautement exposées à l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) parvient davantage à accomplir des tâches cognitives et non routinières, et cela risque d’avoir un impact considérable sur une grande partie de la main-d’œuvre. En 2024, l’Institut de la statistique du Québec a fait une analyse détaillée de la répartition des emplois en fonction d’un indice d’exposition professionnelle potentielle à l’IA. Voici les principaux résultats :

  • 59 % de la main-d’œuvre au Québec occupait un emploi à haute exposition à l’IA;
  • Le Québec affiche un taux d’exposition à l’IA semblable à celui de l’ensemble du Canada; 
  • Les femmes sont les plus susceptibles d’être exposées à l’IA dans leur emploi (71 % c. 49 %), les hommes exerçant davantage des professions de production moins susceptibles d’être touchées par cette avancée technologique.  
  • Environ 86 % des emplois occupés par des individus ayant une formation universitaire se trouvent dans une profession hautement exposée à l’IA;
  • Les femmes sont davantage exposées à l’IA que les hommes pour les cas de forte complémentarité (35 % c. 26 %), c’est-à-dire dans des professions où elles peuvent tirer profit de cette technologie;
  • Les industries de la finance, des assurances, de l’immobilier et de la location de même que celles des services professionnels, scientifiques et techniques, de l’enseignement et des administrations publiques seraient fortement exposées à l’IA.

Des milieux peu exposés à l’IA seraient moins susceptibles d’exiger des compétences cognitives et se caractérisent par des tâches non routinières : les secteurs primaires, les services publics, la construction, la fabrication, le transport et l’entreposage, les services d’hébergement et la restauration. 

Ces constats permettent de faire certaines prédictions sur les secteurs d’emploi qui pourraient être les plus affectés par l’IA en matière de tâches et sur les emplois les plus à risque de transformation.

 

Catégorie : Monde du travail