Ce qui a retenu notre attention ce mois-ci
Par Martine Rioux
Paru le 31 mars 2026
Nous effectuons une veille quotidienne du monde du travail afin de repérer les tendances, les changements et les découvertes susceptibles d’influencer les professions, les compétences et les parcours professionnels. Voici ce qui a retenu notre attention en mars 2026.
Les articles sélectionnés portent notamment sur des avancées scientifiques et technologiques susceptibles d'avoir des répercussions sur plusieurs secteurs d'activité et professions.
Une nouvelle approche pour traiter le cancer de la vessie grâce à la lumière
Des chercheurs de l’Université Laval et de l’université de Toulouse ont testé une nouvelle méthode de traitement du cancer de la vessie basée sur la thérapie photodynamique. Cette approche utilise une molécule photosensible activée par une lumière spécifique afin de produire des composés capables de détruire les cellules tumorales.
Cette technique pourrait améliorer la précision des traitements et contribuer au développement de nouvelles approches thérapeutiques en oncologie. Elle est susceptible d’influencer les pratiques des spécialistes en médecine clinique, des chirurgiens ainsi que des ingénieurs biomédicaux appelés à intégrer de nouvelles technologies dans les outils diagnostiques et thérapeutiques.
Des pratiques respiratoires pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de démence
Des chercheurs de l’Université McGill ont montré que certaines pratiques respiratoires pourraient diminuer les symptômes d’anxiété, de dépression et de stress chez les personnes vivant avec une démence ou un déclin cognitif. Les résultats suggèrent que des interventions non pharmacologiques comme la pleine conscience, la méditation ou le yoga pourraient contribuer à améliorer leur bien-être.
L’équipe souhaite maintenant tester, en conditions réelles, des interventions corps-esprit appuyées par des technologies et adaptées aux aînés vivant en établissements de soins de longue durée. Ces résultats pourraient influencer les recommandations cliniques et les approches d’accompagnement utilisées par les professionnels de la santé et de la psychologie clinique.
Qu'est-ce qui fait varier les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur les fermes laitières?
L’Université Laval et le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) ont collaboré à un projet visant à mieux comprendre l’impact des changements climatiques sur le milieu agricole. Les chercheurs devaient évaluer les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de 62 fermes laitières québécoises.
Les résultats ont révélé que les émissions variaient d’une ferme à l’autre, influencés par divers facteurs. La fermentation entérique (processus naturel de rumination des bovins) représenterait la principale source d’émission de GES. Quant à la production des aliments, elle serait l’activité présentant la plus grande variabilité. La gestion du fumier des bovins et le rendement laitier par vache seraient aussi des facteurs d’influence considérables. Finalement, selon l’étude, une ferme qui cultive en climat humide et sur des sols lourds produirait davantage de GES.
Les résultats pourraient ainsi démontrer que les sols sont un levier climatique exerçant une importante influence sur les GES. Ils pourront guider les pratiques agricoles futures ainsi que le travail des spécialistes en agronomie et en environnement.
Un jeu musical pour réduire le bégaiement chez les préadolescents
Une enseignante de l’UQAM et chercheuse au Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) a évalué, avec ses collaborateurs en psychologie et en orthophonie, les effets d’un entrainement rythmique ludique sur le bégaiement des préadolescents.
L’étude a démontré qu’en facilitant la plasticité cérébrale des régions du cerveau destinées au rythme, les erreurs dans les tâches oromotrices diminuaient. Chez les enfants qui s’amusaient plus longtemps avec le jeu rythmique Rhythm Workers, les chercheurs ont observé une réduction des disfluences, tant dans la parole spontanée que dans la parole lue. Ils ont aussi remarqué une amélioration de leur contrôle attentionnel.
L’entrainement rythmique non verbal pourrait ainsi devenir une intervention ludique et facile à réaliser à domicile, en complément aux interventions en orthophonie.
Mieux comprendre les effets à long terme des traitements du cancer pédiatrique
Au CHU Sainte-Justine, Daniel Sinnett et son équipe multidisciplinaire de l'Unité de recherche en hémato-immuno-oncologie Charles-Bruneau ont voulu identifier quels survivants de la leucémie étaient les plus à risque de souffrir de complications liées aux traitements (problèmes cardiaques, obésité, troubles d’apprentissage, etc.). Grâce à des analyses génomiques, sanguines, osseuses et cardiovasculaires, les chercheurs ont pu cibler les patients les plus à risque et préciser la nature des effets secondaires possibles.
Ces résultats pourraient orienter les suivis cliniques à long terme et favoriser le développement de nouvelles molécules destinées aux cancers pédiatriques.
Un gel injectable prometteur pour réparer les muscles impliqués dans la déglutition
Les troubles de la déglutition touchent environ 8 % de la population mondiale. Ils entrainent chez les personnes qui en souffrent de nombreuses conséquences, telles que la malnutrition, la déshydratation ou même la pneumonie. Des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université de Kyoto ont mis au point un gel injectable à base de cellules souches destiné à réparer les muscles endommagés à l’origine des troubles de la déglutition.
Les résultats montrent que des nanogels intégrés dans des sphéroïdes de cellules souches 3D améliorent la régénération musculaire après injection. Cette approche mini-invasive pourrait également être adaptée à d’autres affections, notamment les lésions des cordes vocales ou certaines maladies musculaires.
Des jumeaux numériques pour planifier les villes de demain
Des chercheurs de l’Université Concordia ont développé TOOLS4CITIES, une plateforme permettant de reproduire des secteurs urbains à partir de données ouvertes sur les bâtiments, les infrastructures et la végétation. Les utilisateurs peuvent tester différents scénarios d’aménagement et observer en temps réel leurs effets sur la consommation énergétique ou les émissions de GES.
Cet outil, actuellement en phase pilote, pourrait soutenir la prise de décision dans les domaines de l’urbanisme, de l’ingénierie et de la planification des infrastructures durables.
Mieux récupérer le bois touché par la tordeuse des bourgeons de l’épinette
Un projet de recherche mené par l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) veut mettre en place une méthode pour récupérer le bois atteint par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, insecte causant d’importants dommages aux forêts de la Côte-Nord. Présentement, les coupes de récupération arrivent alors que les arbres sont détériorés et dévalués. Les chercheurs se serviront de la télédétection radar pour évaluer l’état de santé du couvert forestier et mieux planifier les coupes dans un contexte d’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.
Cette technologie permettra d’évaluer la santé des forêts à distance et de cerner les secteurs où il faut intervenir rapidement. Cet outil décisionnel vise à aider les gestionnaires forestiers à planifier des coupes de récupération, à favoriser une récolte hâtive des peuplements affectés et à réduire les pertes attribuables à une réduction de la qualité du bois.
Trois minutes en nature peuvent déjà modifier l’activité du cerveau
Une recherche menée par des neuroscientifiques de l’Université de McGill a démontré qu’un bref contact de trois minutes avec la nature modifierait l'activité du cerveau. Pour y parvenir, les chercheurs ont analysé 108 travaux d'imagerie cérébrale portant sur les effets de la nature sur le cerveau. Les résultats ont démontré que, lorsque des volontaires se retrouvaient dans un bois ou au bord d’un lac, certains circuits cérébraux se réorganisaient, entrainant une diminution du cortisol, hormone du stress, ainsi que de la charge sensorielle.
À plus long terme, vivre dans des environnements plus verts serait également associé à de meilleures performances cognitives. Ces travaux pourraient influencer certaines approches en santé mentale et en prévention du stress.
Des lacunes dans la formation des résidents en chirurgie sur la gestion de la douleur
Une nouvelle étude dirigée par l’Université Concordia a révélé que de nombreux résidents en chirurgie au Canada ne se sentaient pas suffisamment préparés pour traiter la douleur chez leurs patients. La douleur chronique étant un problème fréquent après des interventions chirurgicales de routine (ex. : remplacements articulaires, thoracotomies, etc.), il est important que les chirurgiens et les stagiaires en chirurgie connaissent bien le modèle biopsychosocial de la gestion de la douleur. Leur implication est particulièrement cruciale dans les zones rurales éloignées, où ils deviennent souvent les responsables de la prescription des médicaments après une opération.
Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer davantage le modèle biopsychosocial de la gestion de la douleur dans la formation médicale.
Une signature génétique propre à chaque village
Le professeur en génétique humaine Simon Girard et l'étudiant à la maîtrise Gilles-Philippe Morin ont découvert que chaque village du Saguenay–Lac-Saint-Jean avait sa propre signature génétique. Deux années de travail au laboratoire Genopop ont mené à des conclusions sur la structure généalogique fine de la région. L’étudiant a utilisé des données informatiques à l’aide des fichiers BALSAC et CARTaGENE, diminuant le délai requis pour cette analyse d’une semaine à seulement deux minutes.
L’utilisation de ce nouvel outil de dépistage pourrait faciliter l’identification plus ciblée dans des villages où la génétique de la population laisse voir la prédominance d’une maladie rare.
Les reines bourdons capables de survivre sous l’eau pendant une semaine
Une étude dirigée par le professeur Charles-Antoine Darveau de l’Université d’Ottawa a révélé que les reines bourdons passaient l’hiver enfouies dans le sol, en diapause, un état proche de l’hibernation. L’équipe de recherche a découvert que, même sous l’eau, les reines continuaient à échanger des gaz, combinant l’échange gazeux sous-marin avec le métabolisme anaérobie pour survivre. L’étude démontre ainsi la résilience de ces pollinisateurs, qui utilisent plusieurs stratégies d’adaptation pour survivre aux changements climatiques.
Cette découverte a un impact direct sur le travail des spécialistes de la biologie et de l’agriculture.
Catégorie : Monde du travail