Un mariage qui dure… en emploi

 
Par Christine Esnault, conseillère en communications chez Gestion Travail Chaudière-Appalaches et Trajectoire-emploi
 
Imaginez! Vous êtes en recherche d’emploi. Plus précisément, vous cherchez l’emploi qui correspondra à vos aspirations et à votre domaine de prédilection, offrira les meilleures conditions possible dans une entreprise qui partagera vos valeurs. Idéalement, dans cette entreprise, vos supérieurs et vos collègues reconnaitront votre travail et vous permettront de progresser. Tiens! Puisqu’on en parle : évidemment, les possibilités d’avancement seront bien réelles, et vous n’aurez pas à attendre trop longtemps avant de vous voir proposer davantage de responsabilités et l’augmentation de salaire qui vient avec! Bref! Cet emploi sera parfait pour vous et vous vous lèverez chaque matin avec enthousiasme à l’idée d’aller travailler.
 
Ô joie!
 
Un rêve en couleurs? Peut-être! Mais pourquoi pas? Tout est question d’équilibre et de satisfaction réciproque.
 
Assez parlé de vous! Maintenant que nous avons une idée de ce que vous souhaitez comme devenir professionnel, passons de l’autre côté du miroir, voulez-vous?
 
Avez-vous déjà essayé de chausser les souliers de votre recruteur? Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il souhaitait, lui? Pour lui, pour son entreprise, pour ses collègues? Entre vous et un autre candidat, qu’est-ce qui pourrait faire pencher sa balance d’un côté ou de l’autre? Votre C.V.? (Vos mots sur un papier qui listent vos formations, expériences et compétences.) Oui! C’est un début. Une belle lettre de présentation? Aussi! Ça donne une idée de la qualité de votre expression écrite et de votre esprit de synthèse. Cela dit, les employeurs savent bien qu’on peut se faire aider pour ces documents par des organismes en employabilité, comme Trajectoire-emploi, pour ne nommer que celui-là. Et c’est bien correct!
 
Bon! Alors, quoi?
 
À formation équivalente, quel candidat remportera la palme? Celui qui aura le plus d’assurance? Celle qui aura le plus d’enthousiasme? Celui qui arrivera le mieux préparé et qui démontrera son intérêt pour l’entreprise en ayant fait ses recherches avant l’entrevue? Celle qui saura répondre avec crédibilité aux questions de mise en situation?
 
Certes! Un peu de tout ça.
 
Mais, en y regardant de plus près, ce « tout ça » fait partie de ce qui définit la personne, dans ses forces et son individualité : ses qualités, ses compétences, son savoir-être.
 
Là, on touche peut-être à quelque chose d’intéressant. Vous me suivez toujours?
 
Pour l’employeur, il s’agit de trouver LA personne qui correspond le plus au profil défini pour le poste. Logique, me direz-vous! Je sais, je ne vous apprends rien. Mais restez un peu avec moi, et pensons-y ensemble!
 
Maintenant, qu’est-ce qui caractérise le profil du poste et quels sont les critères les plus importants pour l’entreprise qui recrute? Il y a forcément les compétences techniques, c’est-à-dire les savoir-faire acquis par la formation et l’expérience[1]. Plus le travail est spécialisé et plus ce critère est important. Votre C.V. devra démontrer que vous avez les connaissances requises pour accomplir les tâches dévolues à l’emploi proposé. Pour ce qui est de l’expérience, elle a souvent son importance, même s’il n’est pas toujours facile de démontrer sa pertinence, puisque « l’expérience a la valeur que lui donnent les leçons qu’on en tire ». Si elle vous fait défaut, sachez que « la participation à un programme coopératif ou d’apprentissage en milieu de travail constitue souvent une expérience suffisante[2]. » L’entreprise d’entrainement est une forme d’apprentissage en milieu de travail et peut vous aider à étoffer votre parcours professionnel.
 
Imaginons que votre formation et vos expériences satisfassent pleinement aux exigences du poste. Serez-vous pour autant la personne retenue?
 
C’est ici qu’interviennent d’autres considérations. Des éléments sans doute plus difficiles à évaluer pour le recruteur et probablement tout aussi difficiles à démontrer pour vous. Qui êtes-vous vraiment? Quelles sont vos compétences générales (on les appelle aussi compétences comportementales ou soft skills)? En d’autres termes, comment vous comporterez-vous une fois en emploi? Serez-vous une personne autonome, fiable, ponctuelle…? Saurez-vous vous adapter facilement? Apprendrez-vous rapidement? Serez-vous un bon joueur d’équipe? Vos collègues aimeront-ils travailler avec vous? Partagerez-vous les valeurs de l’entreprise? Toutes ces questions, votre recruteur se les pose certainement. Sinon, il devrait! Les entreprises y accordent une grande importance[3].
 
Aujourd’hui, ces savoir-être sont d’autant plus appréciables que les modes de gestion des entreprises changent pour s’adapter à un environnement qui se complexifie. Pour être plus réactives et compétitives, elles mettent l’accent sur leurs équipes souvent multidisciplinaires, avec une approche collaborative où l’esprit d’équipe, l’autonomie, la fiabilité, l’initiative, la communication interpersonnelle, etc. sont des compétences essentielles.
 
Évidemment, si vous voulez vivre une idylle parfaite avec votre nouvel emploi, vous devez posséder les qualités qui feront de vous LA personne attendue pour le poste. Votre employeur et vos coéquipiers en seront tout aussi heureux que vous et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
 
Pour résumer : les compétences spécialisées ou techniques (hard skills), oui! Mais pas seulement. Cherchez à comprendre les besoins de l’organisation que vous souhaitez intégrer, en matière de savoir-être. Surtout, assurez-vous de les posséder ou de les développer si vous voulez être heureux dans votre travail. On ne peut feindre éternellement et se comporter très longtemps à l’opposé de ce qu’on est vraiment sans risque, soit d’en souffrir, soit de voir le naturel revenir au galop. Vous pouvez mettre vos compétences à l’épreuve, qu’elles soient techniques ou comportementales, sans conséquence pour votre carrière, en participant au programme des entreprises d’entrainement. Elles sont là pour ça!
 

[1] ERPI. L’entreprise en action, 2e édition, Chapitre 14 - Les fonctions de travail, p. 12. Repéré à http://hdrouin.cegepbceapp.qc.ca/entremonde/chapitre14.pdf
[2] Trudel, P-L. Les attentes sont élevées envers les employés débutants. Repéré à https://www.avantages.ca/actualites/nouvelles/les-attentes-sont-elevees-envers-les-employes-debutants/
[3] Banque Nationale. Ce que les employeurs cherchent vraiment. Repéré à https://www.bnc.ca/particuliers/inspiration/professionnel/ce-que-les-employeurs-cherchent-vraiment.html