Seriez-vous capable de travailler dans le domaine de la relation d’aide?

Par Christian Boucher, conseiller en insertion socioprofessionnelle, Option-travail
 
J’exerce depuis 11 ans ce qui me semble être le plus beau métier du monde, soit celui d’intervenant. Au cours de ces années, plusieurs personnes m’ont questionné sur ce que je fais, mais la question qui s’inscrit au sommet du palmarès des questions les plus posées est sans aucun doute : « Arrives-tu facilement à faire la coupure avec ton travail lorsque tu arrives à la maison? »
 
C’est cette même question qui parfois fait hésiter certaines personnes à choisir la relation d’aide comme domaine professionnel. Vous trouverez dans les prochaines lignes ce que j’ai tendance à répondre à cette fameuse question. Cela vous aidera peut-être à faire un choix un peu plus éclairé si vous vous reconnaissez dans ce type de questionnement.
 

Faites-vous confiance! L’expérience vous permettra (peut-être) d’y arriver.

C’est bien certain, au tout début, rares sont ceux qui arrivent à bien faire la coupure entre travail et vie personnelle. On revient à la maison en se demandant si l'on a dit la bonne chose, si l'on a réalisé la bonne intervention. On se questionne, on doute et surtout, on souhaite éviter de faire des erreurs.
Au fur et à mesure que les semaines et les mois passent, on réussit normalement à se forger une identité professionnelle de plus en plus solide qui nous permet d’effacer petit à petit les doutes concernant nos interventions. On réalise du même coup que les préoccupations du début restent de plus en plus au bureau et l'on se sent un peu moins submergé dans les autres sphères de notre vie.
 

D’aidé à aidant?

J’ai rencontré plusieurs clients qui m’ont mentionné vouloir un jour prendre ma place : « Je pense que je peux aider les gens par mon expérience de vie plus difficile. » C’est vrai, et je le pense vraiment! Cela implique toutefois un gros ATTENTION! Pour les personnes au passé, disons, plus trouble, la relation d’aide représente un beau défi, mais comporte également son lot de pièges : risquer de perdre la distance professionnelle en se voyant dans l’autre, proposer les mêmes solutions qui ont fonctionné pour soi, se faire questionner sur son passé, etc. Si vous n’êtes pas suffisamment ancré, que vous êtes encore habité par les fantômes de ce passé, vous serez sans aucun doute confronté à un moment ou à un autre à vos anciens démons.
 
Un petit conseil : assurez-vous d’être solide sur vos deux patins avant d’entreprendre ce parcours professionnel. Et si vous sentez que ce n’est pas encore le cas, n’hésitez pas à aller voir quelqu’un qui saura vous donner un coup de main pour y arriver.
 

Commencez quelque part

Si vous êtes sceptique quant à votre capacité de compartimenter votre vie, je ne peux que vous conseiller de vous tester en vous impliquant bénévolement dans un organisme qui vous permettra d’entrer en contact avec la clientèle. En plus de répondre à vos questionnements, vous développerez des compétences qui pourraient vous être fort utiles une fois votre formation terminée.
 
Une chose est sûre, vous n’aurez jamais la certitude absolue que vous réussirez ce défi avant de vous y être plongé. Toutefois, ces quelques conseils pourraient vous aider, je le souhaite bien, à vous préparer à faire le grand saut!