Réussir au cégep et à l’université lorsqu’on a des besoins particuliers

Par Émilie Robert, conseillère d’orientation au Collège Montmorency
Auteure du livre Les personnes autistes et le choix professionnel – Les défis de l’intervention en orientation (2015), publié chez Septembre éditeur
 
Des milliers de Québécois ont déposé, avant le 1er mars, une demande d’admission dans un cégep ou une université. Ceux qui recevront une offre d’admission seront probablement très heureux, mais ceux ayant un trouble de l’apprentissage (dyslexie, dysorthographie), un déficit d’attention (TDA/H) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) auront surement plusieurs inquiétudes. Qu’arrivera-t-il dans cette nouvelle école? Auront-ils droit à l’aide qu’ils ont eue jusqu’à maintenant?
 
La transition vers les études postsecondaires implique de se familiariser avec un nouvel environnement, de s’adapter à de multiples changements et de satisfaire à des exigences plus élevées au plan académique. Cela requiert davantage d’autonomie de la part de l’étudiant, qui devra prendre en charge lui-même son emploi du temps entre les périodes de cours.
 
Les jeunes ayant des besoins particuliers, et très souvent leurs parents et les intervenants qui les ont guidés, se questionneront quant aux mesures d’aide qui seront offertes dans ces grands établissements. Tous peuvent se rassurer. Bien que l’accompagnement auprès de jeunes en situation de handicap soit hétérogène d’un établissement à l’autre, les cégeps et les universités sont maintenant familiers avec les demandes des étudiants et proposent plusieurs services. En effet, les jeunes ayant besoin de mesures d’accommodement sont de plus en plus nombreux aux études postsecondaires, particulièrement ceux qui ont un diagnostic de trouble d’apprentissage ou de trouble neurologique, comme le TSA.
 

Les services d’aide dans les collèges (cégeps)

Le passage de l’école secondaire au cégep est une très grande étape dans la vie d’un jeune. Ce dernier étudie maintenant par choix, et il peut exercer son autonomie et sa liberté à plusieurs égards. Toutefois, une bonne préparation s’impose afin que cette transition se déroule sans heurts.
 
Si l’étudiant commence son nouveau programme à la session d’automne, il est recommandé d’appeler au collège dans lequel il a été admis avant même le début des cours, soit en mai ou en juin, afin d’obtenir un rendez-vous avec la personne désignée à l’accompagnement des étudiants en situation de handicap. Dans la plupart des collèges, cette personne porte le titre de conseiller en services adaptés. Son rôle est d’accueillir le nouvel étudiant, de prendre connaissance de son diagnostic, d’échanger avec lui à propos des besoins découlant de ses difficultés et de lui proposer les mesures d’aide qui lui conviennent et que le collège est en mesure d’offrir. Naturellement, ses parents ou ses intervenants actuels peuvent être présents lors de la première rencontre pour soutenir le jeune dans ses démarches.
 
Le conseiller en services adaptés sera une personne-ressource pour l’étudiant tout au long de ses études et l’épaulera dans ses apprentissages. Il pourra également agir à titre d’intermédiaire entre l’étudiant et ses professeurs, de même qu’avec les différents membres du personnel administratif. Il pourra être présent pour aider le jeune à résoudre des situations conflictuelles ou pour le préparer à vivre une expérience, comme un voyage d’études ou un stage professionnel.

Les services d’aide dans les universités

La majorité des universités québécoises sont de très grands éablissements, souvent dispersés dans plusieurs pavillons et campus. Le nouvel étudiant, qu’il soit en situation de handicap ou non, peut se sentir perdu. Toutefois, chaque établissement a des bureaux d’aide à la réussite où l’étudiant peut rencontrer une personne qui l’informera des ressources disponibles lorsqu’on a des besoins particuliers. Ces professionnels portent généralement le titre de conseiller aux étudiants en situation de handicap. Comme c’est le cas au collégial, leur mandat est d’évaluer les besoins de l’étudiant, de discuter des aménagements nécessaires pour y répondre et d’assurer un suivi auprès du jeune, de ses professeurs et des autres instances concernées.
 
L’étudiant universitaire sera toutefois appelé à être beaucoup plus autonome dans ses démarches qu’au collégial. Il doit aller voir ses professeurs lui-même pour mettre en place des mesures d’accommodement. Si nécessaire, il doit acheter son matériel spécialisé et/ou trouver des personnes-ressources (ex. : preneur de notes ou accompagnateur). Les dépenses encourues peuvent lui être remboursées par l’entremise de subventions.
 

Bon à savoir

Un nouveau guide de pratique destiné aux professeurs et chargés de cours de l’université vient tout juste de paraitre[1]. Celui-ci a pour but de les outiller afin de répondre adéquatement aux demandes d’accommodement des jeunes et d’uniformiser les pratiques d’une université à une autre et à l’intérieur d’un même établissement. Ce guide leur permet de mieux comprendre ce qu’est un accommodement raisonnable et de poser des balises. Il peut être utile autant pour les étudiants que pour les conseillers et les professeurs.
 

Se préparer au lieu de s’inquiéter

Tout étudiant ayant des besoins particuliers pouvant nuire à sa fréquentation scolaire ou à sa réussite académique a le droit à des accommodements, à tous les niveaux d’études. Comme ces accommodements doivent être raisonnables, ils varient selon la taille de l’établissement, la nature du programme d’études et les compétences à évaluer. Même si on s’attend à de plus en plus d’autonomie de la part de l’étudiant ayant besoin de mesures d’accommodement, celui-ci pourra toujours trouver une personne qui pourra le guider et répondre à ses questions dans son nouvel établissement d’enseignement. L’essentiel est de préparer la mise en place de mesures d’aide dès l’admission, si possible, ou sinon avant le début des cours. Cela permet d’atténuer le stress et l’anxiété et d’éviter l’achalandage de la rentrée scolaire. Une rentrée réussie favorisera des études réussies!
 
[1] Philion, R., Bourassa, M., Lanaris, C. et Pautel, C. (2016). Guide de référence sur les mesures d’accommodement pouvant être offertes aux étudiants en situation de handicap en contexte universitaire. Université du Québec en Outaouais.