Portrait de mentor

Chaque mois, Academos vous présente un mentor vedette. Ce mois-ci, Nicolas A. Martineau nous fait découvrir le métier de journaliste sportif.
 
 

Questions en rafale

Supposons que nous sommes dans une chambre de “nouvelles” et que c’est la période de questions. Êtes-vous satisfait de votre dernière entrevue?
La dernière entrevue est un peu vague puisque j’en fais tous les jours et c’est plus sous forme de scrum [courte entrevue avec tous les journalistes et une personnes qui se fait interviewer]. Récemment, j'interviewais Max Pacioretty dans un événement pour faire la promotion d’une boulangerie sans gluten. Il est rare dans mes fonctions que je fasse des entrevues seul avec un joueur. La dernière fois, c’était avec un joueur de l’Impact. Lorsque l’on veut faire un one on one [entrevue seul à seul], comme on dit dans le métier, c’est lorsque nous voulons faire un portrait sur un sujet spécifique.
 
Êtes-vous confiant pour la prochaine entrevue? Qui allez-vous interviewer? Quelle équipe?
Présentement, je suis sur l’autoroute Ville-Marie en direction du centre Bell pour l'entraînement des Canadiens. Avec la jeune sensation Connor McDavid, c’est l’entrevue que tous les journalistes s’arrachent.
 
Est-ce que c’est le genre d’entrevue qui peut vous stresser?
Je dirais que c’est le train-train quotidien. Lorsqu’un joueur est géré par une firme de relations publiques (RP)  externes, c’est plus stressant. Par exemple, Didier Drogba de l’Impact, il est géré par une firme de relations publiques à Londres. Il faut donc passer par trois personnes, parfois, avant de décrocher une entrevue.
 
On replonge dans votre adolescence. Le 1er mars prochain est une date importante pour les étudiants : c'est la date limite pour les demandes d'admission. Comment vous sentiez-vous à ce moment-là?
À l’époque j’étais désinvolte par rapport à ce qui s’en venait avec le cégep et l’université. Tous mes amis sont partis à Jonquière. Je voyageais pratiquement une fin de semaine sur deux pour aller les voir. Je me suis donc impliqué davantage. C’est un peu les jeux de la communication pendant trois ans! Mon cégep à moi ne m’a pas allumé, ce n’était pas assez  concret, trop pédagogique et pas assez pratique. Je me suis donc parti une web série qui valorisait la ville de Québec, un peu dans le genre : " N’allez pas étudier ailleurs, restez donc à Québec! " C’est un peu ce qui a fait en sorte que je ne suis pas allé à l’université. Mais si je retournais dans le temps, j’irais assurément à Jonquière ou encore à la Cité collégiale à Ottawa pour étudier avec des personnes qui partagent les mêmes intérêts que moi.
 
Pensez-vous que les jeux de la communication (JDLC) ont été votre porte d’entrée dans les médias?
Oui, certainement. C’est une compétition où tu rencontres énormément de personnes motivées. À cause des JDLC, j’ai rencontré, par exemple, Charles D’Ambroise, un journaliste à Radio-Canada à Québec présentement. Il avait vu un potentiel en moi; il m’a offert une belle opportunité et m’a fait entrer à l’agence QMI. Dans le milieu, on se donne tous des opportunités lorsqu’on rencontre une personne motivée et qu’on sait qu’elle est là pour les bonnes raisons. Les gens remarquent ça. C'est ce qu’on appelle les fameux contacts, très important dans le milieu des communications.
 
Vous voyagez beaucoup; est-ce que c’est un point positif pour vous?
C’est certain que c’est juste du positif. Notre génération (Y) c’est justement l’idée de vivre des expériences et de bouger. Mon emploi me permet de faire ça et je vais à des endroits, des destinations qui n’auraient pas été dans ma liste de souhaits!
 
Vous êtes mentor chez Academos depuis quelques mois. Qu'est-ce que vous aimez dans le mentorat virtuel?
Si j’avais eu accès à cette plateforme plus jeune, j’aurais probablement posé plus de questions à ces gens-là. Je trouve ça le fun parce qu’il y a des gens qui ont des questions poussées. Il n’y a pas toujours des gens dans notre entourage qui peuvent répondre à nos questions. Par exemple, est-ce ça paye bien d’être journaliste comme en charpenterie et menuiserie? Est-ce qu’on peut gagner sa vie? C’est vraiment le fun, parce que ce sont toutes des questions légitimes!
 
Pouvez-vous  nommer trois qualités que doit posséder un journaliste sportif?
Go-getter  (déterminé), allumé et un peu désinvolte. Au fond, il ne faut jamais être impressionné par la personne que tu rencontres. La débrouillardise est aussi importante, puisque sur le terrain, il y a que toi et le cameraman.
 
Quel est l’avenir du journalisme sportif? Qu’est-ce qui évolue le plus rapidement, avec les technologies entre autres?
Je pense que ça va être encore plus connecté. Twitter est l’outil que j’utilise le plus dans mon métier. Si je le dis en premier sur Twitter, c’est là que ça obtient le plus de crédit. Je pense que Snapchat va prendre plus de place. Éventuellement, les journalistes vont tous être munis d’un téléphone cellulaire qui leur permet de faire de la super belle vidéo. Bon, les appareils font pas mal tous de la belle vidéo, mais ça va être encore mieux et on aura plus besoin, éventuellement, de cameraman. C’est un peu triste honnêtement, parce que ça donne des images exceptionnelles. Bientôt, j'ai l'impression que les stations de télévisions, pour réduire les coûts, vont fournir des bons appareils à leurs journalistes pour qu’ils fassent un peu de tout. Avec un téléphone cellulaire, tu peux faire ton montage, ton voice over, tu peux faire de la vidéo, etc. Avec un outil comme celui-là, on va pouvoir sauver du temps, mais c’est au détriment des techniciens.
 
Quelle est ta  plus grande motivation le matin pour aller travailler?
Voir quelque chose de différent! Aller dans un entraînement des Canadiens et trouver l’histoire! Mon motus operendi, c’est d’essayer de faire découvrir les humains derrière les joueurs. Chaque matin, je veux me dépasser; on est un peu comme des sportifs. On est très compétitifs, on veut la meilleure histoire, la meilleure journée de travail!