Parlons-en de la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC)!

Par Évelyne Mottais, doctorante en éducation, département d’orientation professionnelle, Université de Sherbrooke
 
Dans le système éducatif québécois, la démarche de 
reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) permet à tout adulte de faire reconnaitre officiellement ses compétences en fonction d’un programme d’études [1]. Elle peut se faire à tous les ordres d’enseignement allant du secondaire à l’université, que ce soit dans un programme général ou professionnel. Il est important de noter qu’au Québec, le terme associé à la RAC est différent d’un ordre d’enseignement à l’autre. À titre d’exemple, dans les appellations courantes, on peut aussi parler de reconnaissance des acquis, de reconnaissance des acquis extrascolaires, ou encore de reconnaissance des acquis expérientiels. Toutefois, n’ayez pas peur devant ces nombreuses appellations puisque la RAC est bien une démarche ouverte à toutes et à tous!
 
Plusieurs motivations poussent les personnes à vouloir obtenir un diplôme en passant par la RAC [2], et les exemples sont nombreux. Le diplôme offre la possibilité d’évoluer dans sa carrière professionnelle, par exemple en accédant à un poste à l’interne, en changeant d’entreprise ou bien en réalisant une reconversion de carrière en changeant de secteur d’activité [3]. L’obtention d’un diplôme offre aussi une certaine sécurité pour sauvegarder un emploi ou pour anticiper un retour sur le marché du travail après une période d’absence. Dans d’autres cas, c’est aussi un moyen de confirmer la valeur de ses expériences et de se sentir valorisé [4]. Les motivations d’engagement sont multiples et uniques à chaque personne, toutefois l’accompagnement est un élément de succès pour toute personne qui souhaite s’y engager [5]. Une personne accompagnatrice peut vous aider à identifier le diplôme qui correspond à votre expérience, à mettre par écrit votre expérience pour remplir votre dossier, ou encore à vous soutenir en vous encourageant tout au long de la démarche [6].
 
L’information sur la démarche a beaucoup évolué au cours des dernières années, et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Bien souvent, les informations peuvent changer d’un site web à l’autre, d’une institution à l’autre, et même d’une personne à l’autre. À cet effet, depuis 2018, il y a un portail d’information universel destiné à toutes personnes qui souhaitent faire reconnaitre ses acquis et compétences au Québec [7]. Ce portail contient une multitude d’informations sur la RAC dans les divers systèmes québécois. Toutefois, il a déjà été observé que l’information présente sur les sites web à propos de la RAC peut, dans certains cas, être incomprise et interprétée de façon différente [8]. C’est pourquoi, pour être bien informé et poser toutes vos questions sur la démarche, vous pouvez contacter directement les établissements d’enseignement et demander un rendez-vous avec une personne conseillère pour avoir des informations ou bien pour entamer une démarche de RAC dans un programme d’étude. Bien entendu, si vous souhaitez prendre le temps de réfléchir à votre carrière et savoir si c’est le bon choix de vous lancer dans cette aventure, n’hésitez pas à consulter une conseillère ou un conseiller d’orientation qui travaille dans les services publics ou en pratique privée pour vous aiguiller. Pour savoir où trouver ces professionnelles et professionnels de l’orientation, vous pouvez visiter l’adresse suivante : https://www.orientation.qc.ca/.
 
Entamer une démarche en RAC, être bien informé et entouré constituent des éléments clés qui aident à sa réussite. Le grand public connait encore assez peu cette démarche, alors qu’elle pourrait être une solution à de nombreuses personnes désireuses d’obtenir un diplôme, et ce, dans un court délai. L’idée est d’en parler et de faire les premiers pas vers des services pour recevoir un accueil personnalisé. Alors, n’hésitez pas à parler de la reconnaissance des acquis et des compétences!
 
Références 
 
  1. MELS. (2005). Reconnaissance des acquis et des compétences en formation professionnelle et technique. Cadre général – Cadre technique. Québec, Canada : MELS, Direction générale des programmes et du développement.
  2. Bélisle, R. et Fernandez, N. (2018). Rôle des pratiques en reconnaissance des acquis et des compétences dans la persévérance et la réussite scolaires d’adultes sans diplôme qualifiant. Rapport de recherche préparé dans le cadre d’une Action concertée MESS et FRQSC. CÉRTA/FRQSC, Sherbrooke/Québec. Repéré à http://www.frqsc.gouv.qc.ca/documents/11326/3897244/BelisleR_PRS_2016- 2017_rapport.pdf/cb47c72a-8460-472a-ba90-2c8673552f53

  3. Kogut-Kubiak, F., Morin, C., Personnaz, E., Quintero, N. et Séchaud, F. (2006). Logiques d’accès à la VAE et parcours de validation. Marseille, France : CÉREQ.
  4. Mayen, P. et Pin, J.-P. (2013). Conditions et processus de l'engagement en VAE. Formation emploi, 122, 13-29.
  5. Havet, N. (2014). Le rôle de l'accompagnement dans la réussite des parcours de validation des acquis de l'expérience. Formation emploi, 125, 47-68.
  6. Bélisle, R. et Rioux, I. (2016). Recours à l’écrit dans la reconnaissance des acquis au secondaire. Canadian Journal for the Study of Adult Education/Revue Canadienne pour l'étude de l'éducation des adultes, 28(1), 1-14.
  7. Qualifications Québec. (2020). Portail de la reconnaissance des compétences. Trouver les ressources pour faire reconnaitre vos compétences et travailler au Québec. Repéré à https://www.qualificationsquebec.com/reconnaissance-competences/

  8. Mottais, E. et Bélisle, R. (2018). Recherche d'information sur le web par des adultes expérimentés souhaitant obtenir un diplôme dans leur domaine professionnel. Canadian Journal of Adult Education/La Revue Canadienne pour l'étude de l'éducation des adultes, 31(1), 15-30.