Les tests psychométriques pour faciliter les choix d’orientation : l’importance du rôle du conseiller d’orientation dans l’interprétation

 
Par Geneviève Rivard, étudiante à la maitrise en orientation à l’Université de Sherbrooke
 
Le processus entourant le choix de carrière peut prendre beaucoup de place dans le quotidien d’une personne, en raison des nombreuses réflexions que cette démarche impose. Avec l’Internet constamment à portée de main, il pourrait être tentant pour quelqu’un d’utiliser des tests d’intérêts, de personnalité ou même de QI disponibles en ligne, pour s’aider à prendre une décision. Or, certains peuvent être de qualité, d’autres non. Ce texte présente donc les avantages d’une interprétation professionnelle des tests psychométriques dans le cadre d’une démarche d’orientation.
 
Les conseillères et conseillers d’orientation (c.o.) sont les professionnels les mieux placés pour vous aider à alimenter votre réflexion et pour interpréter les tests psychométriques dans une perspective d’orientation, car ils possèdent une formation exhaustive à cet effet[1]. Ils procèdent à une évaluation rigoureuse de la situation de la personne cliente avant de proposer l’usage d’un test psychométrique[2]. Ce genre d’outil est le plus souvent employé dans les processus d’orientation pour apporter de l’information objective sur les intérêts, la personnalité ou les aptitudes[3]. Il ne constitue qu’une partie d’un ensemble d’interventions et les résultats représentent des pistes de réflexion, non pas des réponses définitives. Les c.o. les administrent à la personne cliente au moment le plus opportun de sa démarche de choix de carrière.
 
Les c.o. s’assurent aussi que le test utilisé répond le mieux possible aux besoins de la personne cliente, que celle-ci correspond à l’échantillon utilisé pour la construction du test et que l’instrument possède de bonnes propriétés psychométriques. Par exemple, ils vérifient qu’un test d’intérêts professionnels mesure bel et bien les intérêts professionnels, et non un autre concept. Ces propriétés incluent aussi la constance et la fiabilité des résultats[4]. Lorsqu’un instrument ne respecte pas ces critères ou qu’on s’en sert mal, il peut étiqueter ou catégoriser une personne à tort, limiter ses opportunités ou simplement la décourager[5].
 
Finalement, les c.o. se servent d’autres informations fournies par la personne cliente pour procéder à l’interprétation des résultats. Ainsi, les résultats du test sont nuancés et adaptés à la personne cliente[6]. Ils peuvent donc être interprétés plus en profondeur que les résultats automatisés fournis par les tests en ligne.
 
Si vous ressentez le besoin de faire le point sur votre carrière, vous pouvez trouver un conseiller d’orientation œuvrant pour un service public ou en pratique privée, au https://www.orientation.qc.ca/. Vous pourrez ainsi profiter d’une plus grande qualité d’outils pour vous soutenir dans votre choix d’orientation.  
 
[1] Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (2018). Formation et permis d’exercice. Site téléaccessible à l’adresse <https://www.orientation.qc.ca/informations-pour-le-public/le-conseiller-dorientation/formation-et-permis-dexercice>. Consulté le 31 décembre 2018.
[2] Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (2010). Guide d’évaluation en orientation. Site téléaccessible à l’adresse <http://orientation.qc.ca/files/Le-Guide-d%E2%80%99%C3%A9valuation-en-orientation.pdf>. Consulté le 31 décembre 2018.
[3] Le Corff, Y., Yergeau, E., Dorceus, S., Gingras, M., et Savard, R. (2012). Évaluation psychométrique : Enquête sur les pratiques des conseillers d’orientation. L’Orientation, 1 (1), 18-20.
[4] Hogan, T. P. (2017). Introduction à la psychométrie. Montréal : Chenelière Éducation
[5] Urbina, S. (2004). Essentials of psychological testing. Hoboken, N.J.: John Wiley & Sons.
[6] Guédon, M.-C., Savard, R., Le Corff, Y., & Yergeau, É. (2011). Tests à l’appui : pour une intervention intégrée de la psychométrie en counseling de carrière. Québec : Septembre.