Le conseiller d’orientation : mythes et légendes (et réalités!)

Par Claudia Grenier, conseillère d’orientation, Trajectoire-emploi
 
Mon métier est absolument passionnant. Je suis l’une des conseillères d’orientation (c.o.) chez Trajectoire-emploi, un organisme d’aide en employabilité. Ce rôle me donne le privilège de vous accompagner dans votre réflexion sur votre orientation professionnelle. Vous me faites confiance en me donnant accès à vos incertitudes, vos craintes, vos désirs, vos nombreux questionnements, et je suis reconnaissante de pouvoir vous offrir un accueil chaleureux et professionnel pour y voir plus clair.
 
Lors de votre première rencontre, vous êtes souvent surpris de constater tout ce que permet une démarche d’orientation, n’ayant pas d’idée claire ou ayant plutôt une conception fausse de l’orientation. Vous n’êtes pas les seuls : lorsque je dis aux gens que je suis conseillère d’orientation, on me demande souvent pour quelle école je travaille! Je me suis dit que allais déboulonner certains mythes qui ont la vie dure auprès de ma profession. Voici le « vrai ou faux de l’orientation »!
 
  1. Le rôle du c.o. est de vous remettre une liste de métiers dans lesquels vous seriez bien et bon.
Faux. Le c.o. ne possède pas la liste de « tous les métiers pour lesquels vous êtes fait et qui vous rendront heureux ». Cette liste n’existe pas. C’est après avoir travaillé sur soi et avoir fait un autoportrait de qui vous êtes dans vos intérêts, valeurs, aptitudes, environnement, que l’on explorera des professions susceptibles d’être intéressantes pour vous. Mais nous sommes uniques, notre situation est unique et elle possède une myriade de subtilités. C’est donc en explorant avec nos lunettes les réalités du marché du travail que nous arriverons à trouver le meilleur compromis. Compromis entre ce que je suis et ce qui est possible.
 
  1. Le c.o. ne connait même pas tous les programmes de formation existants dans la province de Québec (quelle faible mémoire!).
Vrai et faux. Faux, je n’ai pas une faible mémoire, et vrai, je ne connais pas tous les programmes de formation offerts. Sérieusement, il existe plus de 6000 formations différentes reconnues par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Et non seulement il y en a des milliers, mais elles sont toujours en évolution pour s’adapter aux nouvelles réalités. Par contre, ce que je possède, ce sont les outils pertinents pour vous aider à trouver les formations qui correspondent à vos besoins.
 
  1. Le c.o. va me dire dans quel programme de formation m’inscrire.
Faux. On va mettre quelque chose au clair : je ne fais aucun choix de formation ou de profession pour le client. Je ne dirai jamais : vous devriez aller dans le domaine x, y ou z. Mon rôle, ce n’est pas d’orienter, c’est de conseiller (d’où mon titre professionnel). J’ai les outils pour vous accompagner, pour guider vos réflexions, pour vous aider à mieux vous connaitre, pour explorer efficacement les métiers, mais au final, le choix émergera de vous. Et c’est beaucoup plus riche de sens et mieux ancré qu’il en soit ainsi.
 
  1. Le seul rôle du c.o. est de donner de l’information scolaire et professionnelle.
Faux. Il est vrai que l’information technique sur les formations et le marché du travail fait partie de la démarche d’orientation : elle arrivera surtout en deuxième partie du processus. Mais une démarche, c’est bien plus que ça! Elle débute par un accueil chaleureux, en définissant bien vos besoins et objectifs, en s’assurant que tous les aspects de la démarche sont compris. Puis un plan d’action est monté en fonction des besoins. Ce dernier implique la connaissance de soi (intérêts, valeurs, compétences, environnement, etc.) et l’exploration du marché du travail (formations, métiers). Le moment de faire ce choix qui impactera considérablement votre vie est aussi une étape importante du processus. Alors vous voyez que mon rôle, en tant que conseillère d’orientation, comprend plusieurs aspects.
 
  1. Le c.o. ne vous connaitra jamais mieux que vous-même.
Vrai. C’est pourquoi vous êtes le maitre de votre processus d’orientation. Si j’étais une diseuse de bonne aventure avec une boule de cristal, je tenterais assurément de vous convaincre du contraire. Mais « malheureusement », je crois fermement que vous détenez le pouvoir sur votre vie (même si parfois vous-même n’en êtes pas sûr) et que vous avez ce qu’il faut pour prendre vos décisions. Donc, je vous accompagne à la découverte de vous-même, ce que vous ferez mieux que personne.
 
  1. Il n’y a pas d’âge pour se réorienter.
Vrai. Se sentir utile, gagner sa vie, développer de nouvelles compétences : ce sont des raisons de penser à la réorientation, même à la retraite! Si, au secondaire ou au cégep, on s’oriente professionnellement pour la première fois, la réorientation peut se faire à tout moment, et plus d’une fois! Bien entendu, vous aurez vraisemblablement plus de critères à considérer : des enfants à faire vivre, une hypothèque à payer ou une stabilité financière qui sera difficile à remettre en question. Dans ces contextes, les options envisageables seront moins nombreuses, mais cela signifie-t-il que vous ne pouvez pas vous remettre en question? En consultant un professionnel de l’orientation, vous pourrez aller au bout de la réflexion, connaitre les options et faire un choix réaliste et satisfaisant. Même si c’est pour maintenir le statuquo pour un certain temps.
 
  1. Les tests que font passer les c.o. me diront quel métier choisir.
Faux. Je verrais mal un test vous dire quoi faire, si la conseillère d’orientation que je suis ne le fait même pas. Les tests utilisés par les c.o. sont des outils de connaissance de soi qui permettent d’explorer des domaines professionnels susceptibles de vous intéresser. Vous êtes unique, et même avec un test de 300 questions, vous serez toujours plus nuancé et subtil que les résultats. C’est pourquoi il est important de discuter des conclusions qui ressortent d’un test avec un professionnel. D’ailleurs, je tiens à préciser ici que les tests utilisés par mes collègues et moi sont des tests psychométriques, donc créés par des chercheurs et validés scientifiquement. On ne parle pas des tests en ligne à 10 questions et qui, s’ils sont utiles pour amorcer votre réflexion, n’ont rien à voir avec les outils psychométriques.
 
  1. Le rôle principal d’un c.o. est de nous inciter à retourner aux études.
Faux. Vous pouvez aller le voir pour cette raison, mais le c.o. n’a pas le mandat de vous envoyer à l’école. Il vous accompagne dans votre réflexion et vous aide à faire des choix. Et ces choix peuvent être nombreux! C’est à la fin de votre processus que vous verrez ce qui vous convient le mieux : trouver un nouvel emploi, suivre une petite formation de perfectionnement pour accéder à d’autres tâches pour la même entreprise, rester à votre emploi actuel avec la satisfaction d’avoir pris du recul pour mieux comprendre vos irritations qui vous faisaient tout remettre en question, partir en voyage, etc.!
 
  1. On retrouve les c.o. dans bien d’autres secteurs que les écoles.
Vrai. Et je l’ai à cœur! Les conseillers d’orientation sont partout! On parle ici d’orientation professionnelle : ça concerne donc tout le monde, à tous les moments d’une vie. Bien qu’il y ait des c.o. dans les milieux scolaires, on les retrouve dans les départements de ressources humaines, dans les programmes d’aide aux employés (PAE), en réadaptation (CSST, SAAQ, IRDPQ, santé mentale), en employabilité au communautaire (Trajectoire-emploi!), en bureau privé, etc. Les questionnements professionnels peuvent arriver en tout temps, et il y a assurément un c.o. qui sera disponible pour vous à ce moment!
 
  1. Orientateur est un autre nom pour désigner les conseillers d’orientation.
Faux. Mais parlons-en de mon titre. C’est un running gag depuis toujours. Mes collègues et moi avons tout entendu. Si je me dois de reconnaitre qu’« orienteur » et « orienteuse » sont aussi des termes permis, reconnus et protégés, je préfère de loin le titre de conseiller d’orientation, qui définit mieux mon rôle. Je n’oriente pas, je conseille.
 
 
J’espère que ce petit tour d’horizon de mon métier aura permis de clarifier certaines zones nébuleuses du rôle d’un conseiller d’orientation. Sachez que si vos questionnements touchent votre sphère professionnelle d’une façon ou d’une autre, vous ne vous trompez pas en venant nous voir!