La reconnaissance : Ça ne change pas le monde, sauf que...

 
Cette chronique est tirée du livre Au tavail, ça roule? Trouvez votre piste pour être bien au travail, écrit par Vicky Bellehumeur, David Lamothe, Marie-Hélène Larouche et Annie Rémillard du Service de placement de l'Université Laval. Le livre a été publié chez Septembre éditeur en février 2016.
 
Au travail, lorsque vos clients, vos collègues ou vos supérieurs soulignent vos succès, ils admettent en même temps la valeur de vos connaissances, de vos expériences, de votre expertise, de votre détermination et de ce que vous apportez. Le fort sentiment de reconnaissance que vous éprouvez alors est généralement très important, voire essentiel au bien-être professionnel[1]. Parce qu’on reconnaît ce que vous faites et ce que vous êtes, il peut être plus facile de vous épanouir au sein de l’organisation qui vous accueille. Il en est de même lorsqu’au cours de vos études, par exemple, vous recevez les bons commentaires d’un professeur sur la qualité de votre travail ou sur la façon unique dont vous avez traité un sujet spécifique. Cette reconnaissance est susceptible de vous rendre fier et de vous donner de l’assurance pour continuer votre parcours académique.
 
Dans votre vie professionnelle, le regard positif des autres et leur appréciation quant à votre travail, vos efforts et vos réalisations donnent du sens à ce que vous faites et vous procurent de la satisfaction. Les rétroactions positives et sincères que vous recevez mettent en valeur votre contribution unique. Vous vous sentez reconnu et, d’une certaine manière, important.
 

Que reconnaît-on?

La reconnaissance répond à un besoin profond : celui d’être vu et reconnu comme un être humain à part entière[2]. En plus de faire partie d’une équipe ou d’une organisation, il est important qu’on vous reconnaisse également comme un individu qui a sa propre personnalité, son identité spécifique. Vous avez des idées qui vous caractérisent, qui vous sont propres et que vous pouvez partager avec les autres membres de votre équipe[3].
 
La reconnaissance de ce que vous faites, des compétences que vous mettez en œuvre et des forces que vous utilisez est une reconnaissance « pratique ». Par exemple, un biologiste qu’on consulte à cause de son expertise en matière de protection de l’environnement sent qu’il fait une différence dans son secteur d’activité. Grâce à ses capacités, à ses connaissances et à son savoir-faire, des problèmes sont résolus ou évités. Lorsque son employeur, ses collègues ou ses clients lui font part de leur satisfaction, qu’ils lui transmettent de bons mots sur ce qu’il accomplit, il se sent apprécié sur le plan « pratique ».
 
Par ailleurs, un employeur qui souligne votre efficacité, la manière dont vous travaillez ou les méthodes et les idées que vous proposez reconnaît l’aspect « professionnel » de votre travail. Il met en valeur vos efforts, votre énergie, votre implication et votre engagement. Par exemple, un agronome qui soutient un producteur désireux d’implanter une culture biologique sur ses terres peut se voir félicité pour son dynamisme et son ardeur à assurer la réussite du projet. La reconnaissance qu’il reçoit repose sur sa détermination à réaliser son mandat.
 
Enfin, un dernier type de reconnaissance souligne vos « résultats »[4], soit l’atteinte de vos objectifs ou la réussite d’un projet. Lorsque vous avez travaillé fort sur un dossier et que celui-ci est un succès, les félicitations que vous recevez vous confirment la satisfaction de votre employeur ou de vos clients. En ayant de bons mots à votre égard, ces personnes jugent que ce que vous avez fait mérite d’être souligné.
 

Manifester sa reconnaissance

Sachez que la reconnaissance n’a pas toujours besoin d’être associée à une grande réussite pour avoir un impact positif. Elle peut se pratiquer simplement sur une base quotidienne :
  • Un « bonjour » sincère démontre la considération que vous accordez à une personne.
  • Remercier vos collègues régulièrement pour leur soutien leur permet de constater qu’ils comptent pour vous et que vous êtes heureux de travailler en leur compagnie.
  • Accorder de la confiance aux personnes avec qui vous collaborez montre que vous reconnaissez leurs compétences.
  • Féliciter vos coéquipiers pour leurs efforts, leurs idées et leurs réalisations leur prouve que vous êtes en mesure de voir et d’apprécier leur contribution dans le milieu de travail.
Ces simples paroles ou petits gestes peuvent démontrer l’importance que vous accordez à ceux qui partagent votre vie professionnelle. Posez-vous les questions suivantes :
  • À quand remonte la dernière fois où vous avez remercié votre patron ou souligné son bon travail? (vous avez bien lu : votre patron)
  • Quand avez-vous fait part à un client de votre gratitude pour sa loyauté?
  • Vous arrive-t-il de souligner la rapidité d’un de vos fournisseurs?
  • Prenez-vous le temps d’écrire à un collègue, à l’occasion, pour lui mentionner que son travail facilite grandement l’avancement de vos dossiers ou qu’il vous permet d’atteindre vos objectifs plus rapidement?
Si vous avez de la difficulté à répondre, il est peut-être temps de redécouvrir le pouvoir de la reconnaissance dans votre milieu professionnel. N’ayez pas peur de poser ces gestes, de prononcer ou d’écrire ces mots qui donnent du sens et de l’énergie à votre entourage. Ils contribuent au bien-être de tous ceux qui vous entourent, y compris vous-même. Même si vous êtes parfois bousculé par le temps, essayez de développer cette attention pour l’autre. Tentez de bien connaître ceux qui partagent votre vie professionnelle. Qui sont-ils? Que font-ils et comment? Que réalisent-ils? N’oubliez pas non plus de rendre à César ce qui lui appartient. Si vous avez reçu l’aide ou le support d’un collègue et que cela vous a permis d’atteindre vos objectifs, sachez le reconnaître et remercier celui qui a contribué à votre succès. La reconnaissance ne vous enlève rien!
 
En un mot, profitez de toutes les occasions pour souligner aux autres votre gratitude. N’attendez pas qu’un coéquipier soit près de la ligne d’arrivée, en haut de la montagne, avant de l’applaudir!
 

[1] Maslow, A. (1998). Toward a psychology of being (3e ed.), Wiley
[2] Bourcier, C. et Palobart, Y. (1997). La reconnaissance : un outil de motivation pour vos salariés, Éditions d’organisation
[3] Brun, J.-P. et Dugas, N. (2002). La reconnaissance : une pratique riche de sens, Centre d'expertise en gestion des ressources humaines, Gouvernement du Québec
[4] Chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail. (2014). La physionomie de la reconnaissance. En ligne : http://www.cgsst.com/fra/definition/la-physionomie-de-la-reconnaissance.asp