La grande séduction (8/8) : À l'ombre des pommiers

De nombreux établissements d’enseignement font tout pour accueillir de nouveaux étudiants chez eux : bourses d’études, aide au logement, activités parascolaires stimulantes et rassembleuses, etc. Sans parler du potentiel d’autonomie inestimable que représente le fait de quitter sa région natale! Il y a là une occasion rêvée de briser ses propres barrières, de vivre de nouvelles expériences et de développer sa capacité d’adaptation.
 
Cette série de 8 chroniques* vous offre un voyage exploratoire au coeur de nos régions**. Elle vise à vous faire découvrir d’autres lieux que les grands centres urbains pour entreprendre vos études collégiales ou universitaires.
 
* Le dossier complet contient davantage d'informations sur les programmes en déficit d'inscription et sur la vitalité économique de chaque région. Consultez-le dans le Palmarès des carrières 2018!
** Les établissements présentés dans cette série sont ceux qui ont répondu à notre invitation.
 

Collège de Valleyfield

Situé à une quarantaine de minutes de Montréal, le Collège de Valleyfield investit beaucoup d’énergie pour se tailler une place dans la cour des grands. Ce petit établissement de quelque 2300 étudiants à proximité des gros cégeps de la Métropole réussit à tirer son épingle du jeu.
« Alors que les prévisions ministérielles indiquaient une baisse des effectifs au collégial, nous avons réussi à les maintenir. Nos initiatives visent surtout à encourager les jeunes à étudier chez eux, mais cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas accueillir des jeunes provenant de l’extérieur. »
Anne-Marie Lefebvre, directrice des affaires corporatives, du développement institutionnel et des communications
 
Rendre les programmes plus attrayants est un défi que se donne le Collège de Valleyfield. En Techniques de laboratoire, spécialisation Chimie analytique, par exemple, des bourses d’entreprises sont offertes aux étudiants.
« Plusieurs entreprises de notre territoire ont de la difficulté à recruter des techniciens qualifiés. Nous proposons aux employeurs de mettre en place un programme de bourse qui permettra à un étudiant d’avoir une grande partie de ses frais d’études payés. De plus, la bourse s’accompagne d’un premier choix de stage dans l’entreprise, ce qui peut l’aider à faire la connaissance de candidats potentiels. »
Anne-Marie Lefebvre
 
La Fondation du Collège de Valleyfield est également très active en matière d’octroi de bourses de mérite et de persévérance.
 
 

Un petit collège aux grandes possibilités

Pour retenir les jeunes dans la région, le Collège de Valleyfield mise sur une offre de formation exclusive. Le cégep a notamment ajouté, il y a trois ans, un profil Sport à son programme préuniversitaire de Sciences humaines.
« Ce profil a obtenu un franc succès dès sa première année d’existence. On a ouvert deux groupes d’étudiants! »
Anne-Marie Lefebvre
 
Le Baccalauréat international (BI) en Sciences cognitives est une autre particularité de cet établissement. Cette année, une vingtaine de nouveaux étudiants y feront leur entrée.
 
Océane F. Bouchard a été séduite par le caractère unique du BI. Alors que la plupart de ses amis ont rejoint l’ile de Montréal pour y poursuivre leurs études, l’étudiante a plutôt pris un chemin différent.
« C’était pourtant plus simple pour moi d’aller à Montréal, mais je voulais donner un côté multidisciplinaire et international à mes études. »
Océane F. Bouchard originaire de Mercier, étudiante au Baccalauréat international (BI) en Sciences cognitives
 
En juin dernier, ce programme l’a amenée pendant un mois en Italie, où elle a réalisé un projet dans un camp de réfugiés.
« Le collège est plus petit, mais ouvert sur le monde. »
Océane F. Bouchard
 
Une dimension importante pour celle qui veut plus tard travailler avec les enfants autistes à travers le monde et les aider dans l’apprentissage de nouvelles langues.
 

Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu

Les défis liés au recrutement sont d’actualité.
« Il est important d’innover pour répondre aux besoins des étudiants qui cherchent un cégep à la hauteur de leurs attentes. »
Nadine Sabongui, conseillère en communication
 
Dans cette optique, l’établissement est constamment à la recherche de mesures porteuses pouvant inciter les jeunes à faire une demande d’admission dans l’un de ses programmes.
« Attirer » et « retenir » sont les deux mots d’ordre.
« Nos données démontrent que le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu reste l’établissement d’enseignement privilégié pour les jeunes de la Commission scolaire des Hautes-Rivières et de l’école secondaire privée Marcellin-Champagnat. Nous poursuivons nos efforts de recrutement auprès des jeunes de notre région afin de maintenir et d’augmenter de quelques points ce taux de rétention extrêmement intéressant. En parallèle à ces efforts, nous souhaitons attirer plus d’étudiants provenant des commissions scolaires et des écoles privées environnantes. »
Nadine Sabongui

 

Transport en commun gratuit pour tous!

Afin de permettre une plus grande accessibilité au cégep, des mesures facilitant le transport ont été développées, et ce, en collaboration avec la municipalité de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Depuis 2010, tous les étudiants inscrits au cégep ont droit au transport en commun gratuit, et ce, en tout temps, le soir comme la fin de semaine, même l'été.
« Également, nous travaillons conjointement avec les municipalités voisines pour augmenter le nombre de départs interurbains en direction du cégep. D’ailleurs, cette année, quatre nouveaux départs ont été ajoutés durant la journée de Chambly vers notre établissement. »
Nadine Sabongui
 
Le développement d’une offre de programmes diversifiés est également un moyen préconisé pour retenir les jeunes dans la région et en attirer de l’extérieur. À l’automne 2017, le cégep accueille d’ailleurs ses premiers étudiants dans ses deux nouveaux doubles DEC : Sciences de la nature et Arts, lettres et communication (option Langues), ainsi que Sciences humaines (profil Ouverture sur le monde) et Arts, lettres et communication (profil Langues).
« Le programme de Technologie de l’architecture, nouveau depuis trois ans, est une autre exclusivité montérégienne qui incite les jeunes à étudier dans la région, et les jeunes de l’extérieur à nous choisir. C’est également le cas des programmes de Techniques de désign d’intérieur et de Techniques de travail social. »
Nadine Sabongui
 
De plus, les équipes intercollégiales de football et de volleyball masculin de division 1 attirent les jeunes sportifs de haut niveau de différentes régions.
« Les mesures de mobilité étudiante interrégionale profitent également aux entreprises de la région. Elles leur permettent d’avoir accès à un bassin intéressant de diplômés qualifiés et intéressés à faire carrière là où ils ont grandi et étudié. Par exemple, les diplômés du secteur technique qui font un stage dans une entreprise de chez nous vont rester en grande majorité à l’emploi de cette même entreprise à la fin de leurs études. »
Nadine Sabongui