La formation professionnelle... loin d'être secondaire (3/5)

Par Martine Frégeau
 
La formation professionnelle offerte dans les établissements secondaires du Québec recèle de promesses encore trop méconnues. Nombreux sont les programmes qui offrent un taux de placement dépassant les 90 % et dont les finissants sont recrutés dès leur sortie du centre de formation, parfois même avant. Le développement et la réusssite des élèves sont au cœur des préoccupations d’enseignants compétents et engagés qui côtoient au jour le jour des centaines d’élèves qui regardent vers l’avenir, un avenir prometteur, un avenir … tout de suite!
 
Voici le troisième de 5 articles sur la formation professionnelle.
 

L’Alternance études-travail, presqu’un tapis rouge!

L'Alternance études-travail (ATE) est une formule adaptée aux besoins changeants du marché du travail. L'apprentissage du métier intègre des séquences en classe et en entreprise, ces dernières représentant un minimum de 20 % des heures du programme de formation.
 
Le projet pilote du Carrefour Formation Mauricie pour le programme Techniques d’usinage a été mis sur pied afin de pallier à la pénurie de machinistes, note Réal Piché, conseiller pédagogique et responsable de sanction FP à la Commission scolaire de l’Énergie, aussi président de l’Association québécoise de l’alternance études-travail (AQAET). Ce projet consiste à intégrer des élèves dans des entreprises, en alternance avec leur formation au centre de formation professionnelle, afin d’y être formés selon la culture, les besoins et l’équipement spécifique des employeurs. Les candidats ayant reçu leur diplôme ont la possibilité de demeurer à l’emploi de l’entreprise qui les a préalablement embauchés, puis formés : un avantage de taille tant pour le candidat que pour l’employeur.
 
Marmen, une entreprise de plus de 1 000 employés, en est à sa 7e cohorte.
" Pour Marmen, cela représente beaucoup d’investissements, mais ça répond à nos besoins. Les candidats retenus répondent à nos critères d’embauche. Pour nous, c’est l’attitude qui fait la différence. Les candidats embauchés terminent leur formation à l’école avec six mois d’expérience : ils connaissent la culture de l’entreprise et ses équipements. C’est une plus value. "
Francine Lemay, coordonnatrice au recrutement, Marmen
 
PME de 14 employés, Atelier d’usinage Gomex participe au projet.
" Nous en sommes à notre première participation, nous avons intégré un candidat qui terminera sa formation en mars 2016. C’est intéressant parce qu’il permet d’embaucher et de former quelqu’un selon nos valeurs et nos besoins. C’est aussi un risque à prendre, puisque la personne embauchée peut faire sa formation chez-nous et nous quitter à l’obtention de son diplôme, comme peut le faire tout employé. C’est pour cela qu’à titre d’employeur, il faut nous assurer de choisir le bon candidat et que ce dernier soit bien intégré au sein de l’équipe dès le départ. "
Jean-Claude Goulet, président, Atelier d'usinage Gomex
 

Le réseau de la santé s’associe à la FP

Un autre exemple de programme ATE judicieusement implanté est celui mis en place en Outaouais en collaboration avec le réseau de la santé afin de répondre aux besoins criants de préposés aux bénéficiaires dans les quatre Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD). De janvier à juin, les élèves sont en classe alors que pendant la saison estivale, ils travaillent au CHSLD. En septembre, ils retournent en classe à raison de trois jours par semaine tout en se réservant des disponibilités pour travailler sur la liste de rappel et ce, jusqu’en décembre.
" Nous offrons un DEP en Assistance à la personne en établissement de santé qui permet aux candidats sélectionnés en entrevue, d’être embauchés par un des CHSLD avant d’entreprendre la formation. L’embauche finale est tributaire de l’obtention du DEP et, en tout temps, l’école ou l’employeur peut mettre fin à l’entente avec un élève. Chaque cohorte compte 22 élèves. À la fin de la formation, 16 à 18 élèves ont persévéré et réussi. "
Élise Lacroix, directrice du service de la Formation professionnelle
 

Le programme de certification Sceau rouge : un atout de plus

Le Programme de certification Sceau rouge constitue la norme d’excellence canadienne pour les métiers spécialisés. Il énonce des normes communes en vue d’évaluer les compétences des gens de métier partout au Canada. Les gens de métier qui satisfont aux normes du Sceau rouge obtiennent la mention Sceau rouge sur leur certificat d’aptitude professionnelle provincial ou territorial. À l’heure actuelle, il existe 57 métiers désignés Sceau Rouge.
 
Cette certfication constitue la norme d’excellence nationale pour les métiers spécialisés au Canada. Les employeurs et les consommateurs sont assurés que les gens de métier qui la détienne possèdent de solides compétences et connaissances.Reconnue et respectée par l’industrie dans tout le Canada et dans le monde entier, elle constitue un avantage professionnel qui facilite l’accès à des possibilités d’emploi partout au Canada.
 
En 2015, Guillaume Tremblay était monteur de lignes en Alberta. Diplômé en Montage de lignes (DEP) du Centre de formation en montage de lignes de Montréal, le jeune homme a été appelé à travailler sur des structures de bois pour monter une ligne de 93 kilomètres. Guillaume est d’avis q’il a été bien formé au Québec.
" Au Québec, nous avons une formation autant sur le plan technique que sur le plan de la sécurité. Le programme de formation est mieux structuré qu’ailleurs au Canada. "
Guillaume Tremblay, monteur de lignes
 

La concomitance : une voie qui porte fruits

On appelle « cocomitance » une mesure qui permet à l’élève d’apprendre un métier de la formation professionnelle tout en complétant les matières de la formation générale du secondaire exigées comme préalables à un programme menant à l’obtention d’un DEP.
 
Un bel exemple de succès est le programme en concomitance institué il y a cinq ans en Outaouais, pour quatre commissions scolaires francophones. Le programme connaît notamment un succès retentissant en Charpenterie-menuiserie, offert au Centre de formation professionnelle de l’Outaouais.
 
" Le taux de rétention des élèves est de 80%. Pour un groupe fermé de 22 élèves, on termine le programme, d’une durée d’un an et demie, avec 16 à 18 élèves. En concomitance, le ratio de formation est de 80% pour la pratique et de 20% pour la théorie. C’est une bonne formule pour attirer en formation professionnelle nos moins de 20 ans qui trouvent l’école plate et qui sont de potentiels décrocheurs. "
Élise Lacroix, directrice du Service régional de la formation professionnelle en Outaouais
 
D’autres programmes en concomitance  ont fait leur apparition : en cuisine, en secrétariat-comptabilité, en boucherie et en mécanique automobile.
 
La Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’est pas en reste. Selon un article paru sur le site de La Presse le 12 août 2015, plusieurs nouveautés sont offertes aux élèves qui souhaitent apprendre un métier professionnel, notamment en Aérospatiale, Mécanique d’ascenseur et Plomberie chauffage.
 
Aéro2, offert à l’école secondaire Louis-Riel, permet aux élèves de 1ère secondaire de décrocher deux diplômes après leur 5e secondaire, soit le dipôme d’études secondaires (DES) et un diplôme d’études professionnelles en Aérospatiale (DEP).
 
Cette avenue est d’autant plus intéressante que les diplômés ont la possibilité de poursiuivre leurs études au collégial, notamment en Maintenance d’aéronefs à l’École nationale d’aérotechnique du Collège Édouard-Montpetit, qui reconnaît deux cours du DEP. »
 

Les passerelles DEP / DEC

Les passererelles DEP/DEC résultent d’une entente entre des établissements d’enseignement professionnel et des établissements collégiaux (cégeps). Ces ententes permettent aux étudiants ayant complété un diplôme d’études professionnelles (DEP) de poursuivre leur formation technique dans le même domaine au cégep et d’obtenir un DEC en 3 ou 3½ ans à temps complet au lieu de 4 ou 5 ans.
 
Il existe présentement 51 programmes DEP / DEC offerts au Québec dans de nombreux domaines d’activités comme l’informatique, la comptabilité, la santé, l’électronique, le dessin industriel et l’horticulture.
 
 
Avis important
Cet article présente les offres pédagogiques des établissements du Québec  qui ont répondu à l’invitation de l’éditeur. Pour en savoir plus, ne manquez pas de consulter le site Web des établissements qui vous intéressent.
 
Le contenu de cet article est librement inspiré du Palmarès des carrières - Édition spéciale dans le cadre de l’Opération 1er mars 2016. Procurez-vous le Palmarès des carrières pour lire l’article complet.