La formation professionnelle... loin d'être secondaire (4/5)

Par Martine Frégeau
 
La formation professionnelle offerte dans les établissements secondaires du Québec recèle de promesses encore trop méconnues. Nombreux sont les programmes qui offrent un taux de placement dépassant les 90 % et dont les finissants sont recrutés dès leur sortie du centre de formation, parfois même avant. Le développement et la réusssite des élèves sont au cœur des préoccupations d’enseignants compétents et engagés qui côtoient au jour le jour des centaines d’élèves qui regardent vers l’avenir, un avenir prometteur, un avenir … tout de suite!
 
Voici le quatrième de 5 articles sur la formation professionnelle.
 

Les olympiades de la formation professionnelle et technique

Démontrer l'excellence de leur savoir-faire, tel est le défi que relèvent avec brio les participants aux Olympiade des métiers de la formation professionnelle et technique.
 
Chacune des régions du Québec organise des compétitions locales et régionales. Les Olympiades québécoises se déroulent à tous les deux ans, accueillant près de 300 finalistes - les meilleurs au Québec - dans une trentaine de disciplines, depuis 1992.
 
Depuis 1994, le Québec participe aux Olympiades canadiennes. Plus de 500 jeunes dans plus d'une quarantaine de disciplines professionnelles tentent de gravir les marches du podium. Au cours de ses dix participations à cet événement, le Québec s'est chaque fois classé bon premier dans les disciplines où il a présenté des candidats.
 
Sur la scène mondiale, le Canada (équipe composée d'une majorité de Québécois) participe à chacune des éditions organisées par WorldSkills international depuis 1993. On y retrouve 45 disciplines professionnelles.  Plus de 1000 jeunes en provenance de 65 pays s'y rassemblent.
 

Réussir, se démarquer…

Certains élèves ont envie de se dépasser. Les Olympiades de la formation professionnelle et technique leur fournit une chance incroyable. Marc-Antoine Bettez, étudiant en Réfrigération au Centre de formation professionnelle de Québec, garde un souvenir impérissable de son accession à la finale internationale 2015 à Sao Paulo, au Brésil, alors qu'il y remporte la médaille de bronze en Réfrigération.
« Pour me préparer aux finales québécoise et canadienne, il m'a fallu investir de 15 à 20 heures de pratique alors que pour le Mondial, j'y ai mis de 30 à 40 heures par mois pendant six mois, tout en travaillant. Nos enseignants en formation professionnelle ont le potentiel et la volonté de nous amener plus loin. Je n'aimais pas l'école. Je n'étais pas très bon et je n'étais pas très motivé. Ce que j'ai aimé en formation professionnelle, c'est qu'on se concentre sur le concret. La formation touche vraiment ce que l'on fait dans le métier sur le marché du travail. Pour moi, c'était numéro un ! Je voulais toujours en savoir plus et j'allais souvent parler avec les enseignants avec qui j'ai eu de bonnes relations. »
Marc-Antoine Bettez, médaille de bronze en Réfrigération, Monaidal des métiers de 2015 à Sao Paulo, au Brésil.
 

Invitation aux filles

La proportion de filles inscrites dans les programmes d'études associés à ces métiers demeure faible (8,3 %) en formation professionnelle.
 
Le concours Chapeau, les filles!, mis de l’avant par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la recherche (MEESR), souligne la volonté et le travail des femmes inscrites à un programme de la formation professionnelle ou technique qui mène à l’exercice d’un métier traditionnellement masculin. Elles sont invitées à faire valoir leurs motivations et leurs projets d’avenir. La prochaine édition du volet national du concours débutera à l'hiver 2016.
 
Une autre initiative, Projets novateur, est une mesure de soutien offerte aux commissions scolaires et aux cégeps pour favoriser l'accès des femmes à des métiers traditionnellement masculins. Ces projets sont financés par le MEESR. Parmi eux, le Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière (Commission scolaire Beauce-Etchemin) a tenu un camp de jour pour filles de la 1re à la 5e secondaire durant la semaine de relâche afin de démontrer l’accessibilité aux différents métiers tels que soudeuse, carrossière, électricienne, machiniste, dessinatrice et mécanicienne.
 

Première québécoise à représenter le Canada

Récipiendaire de la médaille de bronze aux Olympiades canadiennes de 2015 en peinture automobile, Kassandra Bilodeau, diplômée du Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière. Passionnée de voitures anciennes depuis l’enfance, elle s'est classée parmi les finalistes au Mondial des métiers à Sao Paulo, au Brésil, devenant ainsi la première québécoise à représenter le Canada lors de cette compétition internationale.
« Je ne suis pas une fille de théorie. Si on me montre quoi faire en travaillant, là, je performe. Je ne voulais pas seulement apprendre à peinturer. Je voulais aller plus loin, sortir des sentiers battus. C'est pour cela que pendant ma formation, je discutais souvent M. Claude Labonté, un enseignant spécialisé en peinture automobile. Il a cru en mon potentiel. C'est lui qui m'a entraînée pour toutes les étapes des compétitions jusqu'au Mondial. »
Kassandra Bilodeau, diplômée du Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière.
« Kassandra a la passion de se démarquer et elle l'a fait avec brio. Ce que Kassandra a accompli en entraînement représente cinq ans d'expérience en milieu de travail. »
Claude Labonté, enseignant spécialisé en peinture automobile
 

D'autres parcours inspirants

Frédéric St-Jean Mercier est détenteur d’un DEP en Soutien informatique, de l’ÉMICA. Gradué d’une des premières cohortes en 2000, il occupe actuellement un poste de directeur principal-centre de services TI au sein d’une importante entreprise financière et entreprend un MBA. À 17 ans, il accède au marché du travail et cumule les postes de responsabilités (analyste, superviseur, directeur).
« Passionné d’informatique, le DEP m’a réconcilié avec l’école. Je voulais entrer le plus vite possible dans le concret. J’y ai eu beaucoup de plaisir, une belle relation avec les enseignants et de super notes ! »
Frédéric St-Jean Mercier, détenteur d'un DEP en Soutien informatique de l'ÉMICA
 
Amar Choudhry a effectué un changement de carrière pour le moins percutant. Son cours en Lancement d’entreprise en poche et son projet de service de traiteur bien défini, l’ancien animateur en loisirs décide de s’outiller en s’inscrivant au DEP en Cuisine à l’ École des métiers de la restauration et du tourisme de Montréal. D’un service de traiteur de cuisine indienne à partir de chez-lui, il se lance à fond dans la cuisine de rue (Food Truck) en plus d’ouvrir un comptoir pour emporter logé au centre-ville de Montréal.
« Ça m’a tellement donné confiance, en plus de me donner une crédibilité auprès de la clientèle »
Amar Choudhry, titulaire d'un DEP en Cuisine et d'une ASP en Lancement d'entreprise
 
Avis important
Cet article présente les offres pédagogiques des établissements du Québec qui ont répondu à l’invitation de l’éditeur. Pour en savoir plus, ne manquez pas de consulter le site Web des établissements qui vous intéressent.
 
Le contenu de cet article est librement inspiré du Palmarès des carrières - Édition spéciale dans le cadre de l’Opération 1er mars 2016. Procurez-vous le Palmarès des carrières pour lire l’article complet.