La cote R et le projet professionnel : attention aux pièges!

 

Même si la cote de rendement (cote R) n’est utilisée qu’à l’étape de la demande d’admission à l’université, plusieurs élèves en tiennent compte dans leurs choix de cours dès le secondaire, alors qu’ils en sont encore à définir leur projet professionnel. Ils agissent comme si l’obtention d’une cote R élevée devenait un objectif professionnel en soi. Cette confusion entre objectif et contrainte peut interférer dans leur choix de carrière et avoir des conséquences importantes.

La cote R et le passage du secondaire au collégial

Voici deux exemples de stratégies à risque (pièges) parfois adoptées par des élèves de 5e secondaire qui désirent s'inscrire à un programme contingenté à l’université.

 

1. Choisir un établissement en fonction d’une meilleure cote R

Une deuxième stratégie à risque consiste à choisir un établissement d’enseignement collégial qui garantira une cote R élevée. Bien qu'elle soit très complexe, la formule pour le calcul de la cote R ne tient pas compte du nom du collège! Ainsi, elle inclut un « indicateur de force du groupe », mais pas un « indicateur de force du collège ».

Si vous avez bien compris les principes de calcul de la cote R, vous savez que le facteur le plus important est d’abord la position que vous occupez dans chacun des cours par rapport à votre groupe, et ce, peu importe le collège. Le choix d’un collège mérite du temps et de la réflexion. Le « meilleur » collège n’est-il pas celui qui offre un environnement dans lequel l’élève évoluera comme un poisson dans l’eau, où il sera stimulé à donner le meilleur de lui-même?

Bien que les services d’encadrement des études offerts dans un collège soient importants à prendre en compte, ce n’est certainement pas le seul élément à considérer. Il est primordial pour l’élève de prendre le temps d’évaluer le milieu de vie dans lequel il évoluera. Le milieu de vie est composé de nombreux éléments importants (les amis, les autres étudiants, les enseignants, le quartier, le décor intérieur et extérieur, les loisirs, l’atmosphère, les valeurs véhiculées, etc.) qui sont tous à prendre en considération.

D'ailleurs, le sentiment d’appartenance à un groupe, à un milieu et à un contexte favorise les chances de réussite scolaire de plusieurs façons :
– en stimulant l’intérêt et la motivation, condition essentielle pour s’engager à fond dans les études;
– en offrant des conditions propices à la persévérance scolaire et à la continuité dans l’effort afin d’éviter les résultats scolaires en « dents de scie »;
– en fournissant une forme « d’assurance-déprime » grâce à un réseau de soutien comprenant notamment les amis et le personnel des services de consultation auxquels l’élève peut recourir en cas de coups durs ou de passages à vide.

 

2. Choisir un style de vie en fonction d’une meilleure cote R

Pour certains étudiants, l'admission dans le programme de leur choix est un enjeu très important. Ils sont habitués à donner le meilleur d’eux-mêmes et sont sérieux dans leur démarche. Ils sont donc prêts à faire d’énormes sacrifices pour obtenir la meilleure cote R possible... et oublient qu’un équilibre de vie ne peut qu’être bénéfique à leur succès scolaire.

Chacun sait ce qu’il lui faut pour se sentir bien : sommeil, nourriture, exercice physique, amitié, amour, travail, sécurité, douce folie, créativité, loisirs, famille, etc. Chacun a sa propre liste, courte ou longue, composée d’incontournables qui feront en sorte que sa vie a du sens. Il est donc fortement recommandé aux élèves tentés par cette stratégie d’évaluer les constantes dans leur vie, les éléments qui, jusqu’à maintenant, les ont aidés à recouvrer leur équilibre dans des moments où ils se sentaient un peu perdus. Ils doivent identifier les activités ou les personnes auxquelles ils ont eu recours pour maintenir un sentiment de bien-être ou pour faire face aux coups durs. L'identification de ces « valeurs sures » est très certainement aussi fondamental que le fait de rechercher la meilleure cote R, surtout si cela risque de les éloigner de ce qui les fait vibrer.

 

Les éléments à ne pas confondre avec la cote R

Parce que le calcul de la cote R est complexe, parce que beaucoup de personnes ont toutes sortes d’opinions contraires, il y a beaucoup de confusion autour de la signification réelle de la fameuse cote R. Il ne faut jamais oublier que celle-ci peut refléter beaucoup de choses, sauf ce que chacun vaut comme personne. Ainsi, deux personnes peuvent obtenir la même cote dans des contextes variés et dans des conditions différentes.

Ainsi, une cote R faible ne signifie pas qu’un étudiant est « nul ». Elle peut refléter, entre autres, que la réussite ne figurait pas en tête des priorités de l’élève au cours des derniers mois, ou qu’à cette étape-ci de sa vie, certains éléments (activités extrascolaires, bénévolat, amis, responsabilités familiales, loisirs, etc.) ont pris plus d’importance à ses yeux ou accaparé plus de son temps et de son énergie que ses résultats scolaires.

Il est également possible que cet élève consacre beaucoup d'efforts, d’énergie et de temps à étudier, à se faire expliquer encore et encore la matière, sans que cela ne transparaisse dans ses résultats scolaires. Chose certaine, il n'est pas perdant : il a développé sa persévérance, sa ténacité, son sens de la discipline et de l’effort, sa capacité à essuyer un échec sans se décourager et à se retrousser les manches pour recommencer. Ces qualités personnelles et ces attitudes sont des atouts précieux pour réussir dans plusieurs métiers et professions dont l’accès n’est pas restreint par un contingentement. Ce qui rend la situation beaucoup moins tragique qu’il n’y parait à première vue.

Finalement, il est possible qu’en dépit de tous les efforts consacrés à la réussite, d’autres facteurs viennent contrecarrer un projet d’admission dans un programme. En effet, il faut savoir que certains établissements universitaire n’utilisent pas que la cote R comme méthode d'évaluation du dossier scolaire.

 
Dernière mise à jour : 28 janvier 2019