L’Opting Out et la reconversion dans l’assistance virtuelle

Par Catherine Carbonneau-Bergeron, conseillère d’orientation  

Vous avez déjà entendu le terme Opting Out? C’est un terme utilisé pour décrire la vague de professionnelles qualifiées qui décident de quitter leur emploi dans l’entreprise traditionnelle. Ce phénomène prend actuellement de l’ampleur, et ce, des deux côtés de l’Atlantique [1] [2]. La solution pour plusieurs de ces femmes : l’univers du travail à la pige (c'est-à-dire travailler à son compte en offrant des services à des clients) et de l’assistance virtuelle.
 
Les femmes qui décident d’opter pour ce type de prestation de services mettent leurs compétences en gestion, en organisation, en rédaction, en traduction, en graphisme, en multimédia et en marketing à profit en devenant des assistantes (ou adjointes) virtuelles qui soutiennent différents clients ou entreprises dans le confort de leur salon (ou du café du coin!).


Un choix surprenant?

Un mythe veut que ces assistantes virtuelles soient, pour la plupart, de jeunes mamans qui veulent gagner un revenu d’appoint tout en veillant à l’éducation de leurs enfants. Il est vrai que, pour plusieurs, la conciliation travail-famille est le facteur prédominant expliquant leur désir de quitter un emploi traditionnel en entreprise pour explorer cet autre monde du travail. Mais ce n’est pas l’unique facteur évoqué chez les femmes qui ont entrepris cette réorientation. Sinon, comment expliquer que certaines professionnelles font ce choix alors qu’elles sont parvenues au sommet de leur carrière, après de longues années de travail acharné pour grimper les échelons?
 
L’auteure Céline Alix, dans son livre Merci mais non merci, a sondé de nombreuses femmes ayant choisi la voie de l’Opting Out. L’un de ses constats est le suivant :
« Merci mais non merci en dit long sur les maux du monde du travail dans les organisations traditionnelles, où les codes, la culture et le pouvoir ont été historiquement définis par et pour les hommes, où les jeux politiques, le présentéisme, l’individualisme et le management toxique (sans parler du harcèlement) sont courants et usent les travailleurs / travailleuses. Ces femmes qui quittent leur poste ne sont pas tant des “lâcheuses” que des pionnières qui tentent d’offrir une autre définition de la carrière, plus éthique et responsable, et de l’organisation du travail, où les vies professionnelle et personnelle cohabitent de manière plus harmonieuse » [2].

L’assistance virtuelle apparait alors comme une solution intéressante qui permet d’organiser soi-même son emploi du temps en allant chercher autant de contrats et de clients que notre situation nous le permet. Certaines vivront de leur entreprise et s’y investiront à temps plein, alors que pour d’autres, le travail à la pige dans l’univers virtuel constituera un revenu d’appoint.

 
 
Un emploi en forte croissance

Au début des années 2000, on commençait à peine à parler, dans les institutions d’enseignement, de « l’économie à la tâche » (ou en anglais Gig Economy) et de son déploiement à prévoir à la suite des avancées technologiques en informatique et en télécommunication. Comme l’appellation l’indique, l’économie à la tâche fait référence à la contribution de travailleurs qui n’ont pas de lien d’embauche officiel avec une entreprise, mais qui sont plutôt rémunérés après chaque tâche ou projet réalisé à la demande d’un tiers. Les développements technologiques du 21e siècle et la pandémie mondiale ont agi comme des catalyseurs qui ont favorisé la croissance de l’emploi à la tâche à la vitesse grand V dans l’univers virtuel [3]. Les offres de contrat ont afflué sur le web, et les travailleurs indépendants dynamiques et motivés se manifestent de plus en plus sur la toile. Bien qu’offrant de nombreux avantages (liberté de travailler où bon nous semble, contrôle sur son horaire), il faut cependant se rappeler que se reconvertir comme assistante virtuelle équivaut à se lancer dans l’univers du travail autonome et de l’entrepreneuriat. Cela nécessite une certaine forme de tolérance au risque, couplée à une bonne dose d’organisation, de détermination et de persévérance.
 

 
Alors, l’assistance virtuelle, ça vous parle?

Si c’est le cas, je vous suggère de consulter ce lien pour en apprendre davantage sur ce métier en forte croissance :
 
Vous pouvez également lancer une recherche avec ces mots-clés (assistance virtuelle, adjointe virtuelle) dans les médias sociaux tels que Facebook et LinkedIn, et vous trouverez aisément des formations et des communautés d’assistant(e)s virtuel(le)s disposé(e)s à vous soutenir dans votre transition vers cette nouvelle forme d’emploi autonome. C’est le cas, par exemple, du groupe Facebook LES ALPHAS : Générateur d'opportunités pour adjointes virtuelles.
 
 

Références

[1] Belkin, L. (2003, 26 octobre). The Opt-Out Revolution. New York Times. https://www.nytimes.com/2003/10/26/magazine/the-opt-out-revolution.html
 
[2] Vitaud, L. (2001, 15 février). Pourquoi tant de femmes brillantes quittent les entreprises? Welcome to the Jungle. https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/merci-non-merci-celine-alix-femmes-carriere
 
[3] Voinigescu, E. (2020, 21 février). What you need to know about the future of the gig economy —whether you’re in it or not. CBC. https://www.cbc.ca/life/work-money/what-you-need-to-know-about-the-future-of-the-gig-economy-whether-you-re-in-it-now-or-not-1.5472012
 
Catherine Carbonneau-Bergeron est conseillère d’orientation et cumule plus d’une décennie d’expérience en counseling. Passionnée et curieuse, elle est une praticienne dévouée, mais demeure toujours attirée par le monde de la recherche et se dit enthousiaste de faire part de ses lectures et de ses découvertes sur les thèmes de l’éducation, de l’emploi et du mieux-être.