Cinq étapes pour s'orienter

Par Isabelle Falardeau, conseillère d’orientation
Auteure de L'Orient-Expert (2013), de Sortir de l'indécision (2007) et de S'orienter malgré l'indécision (1999), publiés chez Septembre éditeur
 
Dans quel programme vais-je étudier l’an prochain? Au fur et à mesure que la date limite des demandes d’admission dans les établissements d’enseignement approche, la question peut devenir une véritable source d’anxiété.
 

Le point de départ : la connaissance de soi

La connaissance de soi est le point de départ de tout processus d’orientation. Elle consiste à déterminer quel est son profil professionnel, quels sont ses intérêts, ses aptitudes, ses compétences, ses types d’intelligence ainsi que ses valeurs et ses besoins. Elle nous amène notamment à nous questionner sur nos expériences, à cerner nos forces, à s’intéresser au parcours scolaire et professionnel de nos parents et à réfléchir sur ce qui nous rendrait heureux dans un travail. Est-ce le fait de bouger, d’être dans une équipe? Le salaire? La flexibilité des horaires? L’avancement professionnel? Les possibilités de voyager?
 

L’estime de soi : une dimension essentielle

On en parle trop peu souvent, mais l’estime personnelle est une dimension essentielle dans le domaine de l’orientation. Il est en effet difficile de faire le pari qu’on sera compétent dans le domaine que l’on convoite. Lorsque l’estime de soi est négative, on risque de se censurer dans nos choix et, par conséquent, de restreindre ses possibilités tout simplement parce qu’on a peur de commettre des erreurs. C’est le cas, par exemple, d’un jeune qui souhaite étudier en génie civil, mais qui a peur que les ponts qu’il va dessiner s’effondrent.
 
Différents facteurs peuvent influencer l’estime de soi : nos relations sociales, le regard des autres,notre perception de nos qualités, nos expériences et nos façons de les interpréter, nos fausses croyances, etc. Avoir une bonne estime de soi signifie également être en mesure de se projeter dans l’avenir, et ce, de façon positive et réaliste.
 
Lors d’une démarche d’orientation, on doit réfléchir à notre métier idéal, aux personnes que l’on admire, à ce que l’on veut accomplir… On doit avoir confiance en ses qualités et mettre en place des moyens pour s’approcher de son idéal.
 

La découverte du monde scolaire et professionnel

La prochaine étape vise à approfondir sa connaissance du monde scolaire et professionnel en effectuant des liens avec son identité personnelle. Il ne s’agit pas de trouver le métier ou la profession qui nous convient parfaitement, mais plutôt de faire une liste de possibilités qui s’offrent à soi et d’établir un ordre de préférence, en fonction de nos qualités, de nos intérêts et de nos valeurs. Ainsi, l’exploration du monde scolaire et professionnel peut se faire en parallèle avec la connaissance et l’estime de soi.
 
Il existe plusieurs ressources pour se renseigner sur les secteurs d’activité et leurs métiers : centres d’information scolaire et professionnelle, sites Web, ouvrages de référence, professionnels de l’orientation et de l’information, etc. Aussi, il est souhaitable et payant, avant de faire un choix, d’avoir accès à des travailleurs ou des professionnels expérimentés. Questionner ces personnes sur leur métier ou leur profession permet d’obtenir un portrait réel de leur quotidien : tâches et responsabilités, environnement de travail, horaire, défis, contraintes, etc. La rencontre de personnes exerçant la profession convoitée, la visite de milieu de travail et le cybermentorat sont notamment des façons originales de découvrir les différentes facettes d’un secteur d’activité.
 
Lorsqu’on est encore indécis et qu’on ne sait pas par où commencer, il est plus facile de se concentrer d’abord sur la recherche d’un programme d’études, car ils sont moins nombreux que les métiers et professions. De plus, on fait un choix pour quelque chose qui est plus près de nous. Certaines formations peuvent même ouvrir la porte à plusieurs possibilités. Par exemple, avec un baccalauréat en Administration, il est possible de devenir comptable, mais également analyste financier ou conseiller en commerce international!
 

L’étau se resserre : l’heure du choix

Dans le processus d’orientation, la prise de décision est certainement l’étape la plus exigeante. D’ailleurs, il est plus difficile de choisir aujourd’hui que par le passé, car le marché du travail est en perpétuelle mouvance. Par exemple, il y a 15 ans, le développement d’applications Web et l’animation de médias sociaux nous étaient complètement étrangers. De plus, les métiers et professions sont de plus en plus difficiles à visualiser. Si j’hésite entre génie informatique et génie logiciel, il peut être difficile de faire la différence.
 
D’autres raisons peuvent complexifier la prise d’une décision en matière d’orientation : la peur de déplaire aux autres (particulièrement à ses parents), la  peur de se tromper, l’abondance ou le manque d’options, l’obligation de renoncer à des possibilités que l’on trouvait intéressantes, le manque de méthode pour mettre les professions ou les formations en ordre de préférence, etc.
 
La prise de décision est à la fois une science et un art ; cela exige un savant dosage d’intuition et de logique. À cette étape, un moment de réflexion s’impose pour peser les pour et les contre des options qui se présentent à soi.
 

Développer son pouvoir personnel

Quand le choix d’un programme d’études est fixé, c’est le temps de passer à l’action : faire sa demande d’admission!
 
En orientation, contrairement en amour, il est sain, et même conseillé, d’avoir plusieurs options. C’est ainsi que se construit un plan d’action. En cours de route, des réajustements seront peut-être nécessaires. Il est possible que la réalité aille à l’encontre de notre rêve, comme le fait de ne pas être accepté dans un programme d’études ou encore de constater que le programme dans lequel on étudie ne nous convient pas vraiment. Dans ce cas, certaines étapes du processus d’orientation devront être revues à la lumière de ces nouvelles informations ou expériences.
 
S’orienter est un processus qui se vit en continu. Ce n’est pas seulement réfléchir, c’est aussi se fixer des objectifs et poser des gestes concrets pour les atteindre. Mes actions font en sorte que mon avenir se joue au présent et que j’ai le pouvoir de changer les choses si elles ne correspondent pas à ce que je veux devenir.
 
En effet, le processus d’orientation est ponctué de périodes de réflexion et d’action qui permettent, au besoin, de modifier son parcours scolaire et professionnel. C’est de cette façon que l’on exprime son plein pouvoir personnel et que l’on donne vie à son projet de carrière!
 
Cette chronique est tirée du Palmarès des carrières 2013. Elle a été initialement rédigée par Marlène Lebreux.