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Les contenus de cette page sont extraits du
Répertoire des entreprises qui recrutent 2010-2011

Une industrie sous influence
Par : Francine Bordeleau

Les célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec ont apporté beaucoup d’eau au moulin touristique, l’été dernier, si bien que 2008 pourrait rester longtemps dans les mémoires. Quelques nuages planent néanmoins sur cette industrie, dont le prix du carburant et la force du dollar canadien, deux facteurs dissuasifs pour la clientèle états-unienne, par ailleurs plus morose et casanière. L’industrie a aussi Ă  son ordre du jour un « dossier Â» récurrent : celui de la main-d’œuvre.

En mai 2008 se tenait la quatrième Ă©dition des Assises du tourisme, sous l’égide duministère du Tourisme et du Conseil quĂ©bĂ©cois de l’industrie touristique. Le thème? « Ressources humaines en tourisme : sĂ©duire, fidĂ©liser, valoriser! Â» Les ressources humaines sont en fait une prĂ©occupation de plus en plus partagĂ©e. Et avec raison. L’industrie accuse un roulement de personnel dramatiquement Ă©levĂ© : de 25 Ă  30 %. Cette situation est en grande partie attribuĂ©e aux conditions de travail, dont la saisonnalitĂ©.

La saisonnalitĂ© fait que « l’industrie touristique embauche 50 % plus de jeunes que les autres secteurs Â», remarque RenĂ© Kirouac, chargĂ© de projet au Conseil quĂ©bĂ©cois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Or, les jeunes sont très sollicitĂ©s dans notre sociĂ©tĂ© oĂą l’âge mĂ©dian a dĂ©passĂ© 40 ans et oĂą le pic des dĂ©parts Ă  la retraite est imminent. En outre, le commerce de dĂ©tail, qui a toujours recouru Ă  des Ă©tudiants, serait maintenant devenu, en matière d’embauche, un concurrent sĂ©rieux de l’industrie touristique. Cette dernière a commencĂ© Ă  rĂ©agir, au point oĂą se dessine nettement une tendance vers un plus grand investissement dans les ressources humaines, assure M. Kirouac. Certaines conventions collectives abandonneraient mĂŞme la sacro-sainte notion d’anciennetĂ©, en vertu de laquelle les horaires les moins intĂ©ressants Ă©choient nĂ©cessairement aux derniers arrivĂ©s.

Des hôteliers écolos?

En 2005, le ministère du Tourisme publiait la politique touristique Vers un tourisme durable. Très « tendance Â», ce concept, qui implique notamment le respect des populations d’accueil et la prĂ©servation de l’environnement, creuse son sillon en Occident. L’Association des hĂ´teliers du QuĂ©bec a signifiĂ© son adhĂ©sion en Ă©laborant, avec des partenaires, le Programme de reconnaissance en dĂ©veloppement durable pour l’hĂ´tellerie quĂ©bĂ©coise (PRDD). LancĂ© en novembre 2007, le programme vise les objectifs usuels : rĂ©duction des dĂ©chets, Ă©conomie d’eau et d’énergie, rĂ©emploi, recyclage, etc. Il se fonde sur les dix secteurs d’opĂ©rations propres au milieu de l’hĂ´tellerie, tels que l’entretien mĂ©nager, l’entretien technique, la restauration et le banquet, et se veut donc Ă©minemment pratique.

Mine de rien, l’application (volontaire) du PRDD exige une rĂ©vision des façons de faire et un minimum de formation pour les employĂ©s. Comme le PRDD propose une dĂ©marche globale – et, Ă  la limite, un changement de philosophie –, il pourrait s’avĂ©rer très profitable aux Ă©tablissements tout comme Ă  leurs ressources humaines. Dans la mĂŞme foulĂ©e, il convient de souligner la tenue Ă  QuĂ©bec, en mars 2009, du Symposium international sur le dĂ©veloppement durable du tourisme, organisĂ© conjointement par le ministère du Tourisme et la Chaire de tourisme Transat de l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al. Peut-ĂŞtre le symposium aura-t-il un effet mobilisateur pour un virage vert.

Des créneaux et des masses

L’écotourisme, l’agrotourisme, le tourisme sportif, culturel et de nature sont les meilleures illustrations du tourisme durable. Ils affichent, depuis plusieurs annĂ©es, une croissance continue fortement liĂ©e au vieillissement et Ă  la scolarisation de la population. « En fait, les gens voyagent pour connaĂ®tre une expĂ©rience. C’est vraiment une tendance lourde. Ă€ partir de lĂ , les crĂ©neaux semultiplient Ă  l’infini Â», dit RenĂ© Kirouac.

D’oĂą, par exemple, l’abondance de circuits thĂ©matiques – routes des vins, voyages gastronomiques, agricotours (sĂ©jours Ă  la ferme), etc. et d’offres pour des sĂ©jours de santĂ© ou de nature. Un autre phĂ©nomène plus rĂ©cent : la place des croisières dans l’offre nationale et internationale, souligne M.Kirouac. « Lenombre de passagers et de croisières ne cesse d’augmenter. C’est très prometteur, assez, en tout cas, pour que se construisent de nouveaux bateaux de croisière. Â» AuQuĂ©bec, on en a pris acte : l’an dernier, seulement Ă  Saguenay, 34 millions de dollars ont Ă©tĂ© investis dans les installations portuaires. Pour des raisons Ă©videntes, nombreuses sont les villes qui cherchent Ă  ĂŞtre intĂ©grĂ©es comme escales aux circuits des croisières internationales.

En ce qui concerne la provenance des touristes, la Chine est d’emblĂ©e ciblĂ©e comme le marchĂ© Ă©mergent. Le Mexique semble aussi offrir un potentiel intĂ©ressant. En fait, Ă  l’échelle planĂ©taire, les clientèles touristiques augmentent, et de façon continue, selon l’Organisation mondiale du tourisme : le nombre d’arrivĂ©es internationales devrait s’établir Ă  un milliard en 2010, alors qu’il Ă©tait de 715 millions en 2002. Le grand dĂ©fi des destinations est de conserver un pouvoir d’attraction.


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