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Chroniques


Sylvie Lemieuxarchives >>>

Tirer son épingle du jeu

D'un côté, des chercheurs d'emploi qui ne trouvent pas de travail. De l'autre, des entreprises qui déplorent un manque de main-d'oeuvre qualifiée. Où est l'erreur? Portrait d'un marché du travail qui joue sur les paradoxes.

Au contraire des générations précédentes, les jeunes ont la chance de connaître un marché de l'emploi plus ouvert. « Depuis 2002, le rapport de force a basculé du côté des employés », affirme Pauline Brassard, présidente de Brassard Leblanc Planification, un cabinet-conseil en gestion des ressources humaines. Même s'ils ont le privilège de choisir entre plusieurs offres d'emploi, les nouveaux candidats, une fois embauchés, doivent faire leurs preuves, comme leurs aînés. Or, ils seront moins nombreux pour faire le travail. De plus, les univers d'affaires se complexifient et évoluent à la vitesse grand V. Les entreprises ont besoin d'une main-d'œuvre bien formée et capable de réagir au quart de tour pour s'adapter aux changements. Dans ce contexte, que peut faire un postulant à l'emploi pour bien tirer son épingle du jeu sur le marché du travail? Y a-t-il encore de la place pour le candidat ordinaire qui n'a pas trois diplômes et ne parle que deux langues?

Le passeport pour l'emploi

Sans viser la multiple qualification, il est clair que, plus que jamais, le diplôme est un passeport pour l'emploi. Et c'est vrai pour tous les niveaux de compétences : professionnel, technique ou universitaire. « Même si les études universitaires garantissent toujours un meilleur salaire et moins de chômage, la situation s'est améliorée pour les gens qui ont des compétences et une formation dans la moyenne, explique Normand Roy, directeur du Centre d'étude sur
l'emploi et la technologie (CETECH). En matière de qualité de travail, l'écart se rétrécit entre les différents niveaux de formation. »

Cela dit, il y a toutefois un problème d'arrimage entre les postes à combler et la qualification professionnelle des candidats. En effet, une bonne part des emplois offerts relève de la formation technique et professionnelle, alors qu'il y a un nombre croissant de diplômés universitaires sur le marché du travail. De plus, un récent sondage de Secor Conseil effectué auprès de 225 PME a révélé que près de la moitié des entreprises déplore une formation inadéquate de leurs nouveaux employés, et ce, malgré leur diplôme. « L'écart entre la formation donnée à l'école et les besoins des entreprises est souvent important. Il faudrait que les établissements d'enseignement travaillent plus étroitement avec les employeurs pour définir le contenu des programmes de formation », affirme Christian Roy, directeur principal chez Secor-Taktik, une filiale de Secor Conseil.

« Avec la spécialisation du travail, les employeurs ont revu à la hausse leurs exigences à l'emploi », explique Pauline Brassard. C'est ainsi que, même dans les métiers traditionnels, comme celui de plombier, les entreprises recherchent des candidats qui, en plus des connaissances techniques, savent utiliser l'informatique et démontrent une bonne capacité de communication autant orale qu'écrite. « Ce sont des choses qu'on ne demandait pas au plombier, il y a 10 ans. Pour remplacer ceux qui partent à la retraite, les employeurs veulent des gens qui, à l'entrée, ont des compétences déjà acquises », souligne Florent Francoeur, président¬directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles du Québec (ORHRI).

Avoir le diplôme approprié est une chose, maintenir ses compétences en est une autre. Une fois embauché, le travailleur doit continuer de les développer. « La formation fait partie des responsabilités du nouvel employé qui doit être proactif dans sa démarche, affirme M. Francoeur. Il doit constamment chercher à augmenter son employabilité sans attendre que son employeur lui propose une formation. Il lui faut rester à jour s'il veut suivre, par exemple, l'évolution rapide des technologies. C'est aussi en augmentant ses connaissances qu'il pourra devenir plus polyvalent et mobile. » Selon Mme Brassard, la polyvalence et le sens de l'initiative sont parmi les principales qualités recherchées par les employeurs.

Ce texte est un extrait du ge, l'unique répertoire des entreprises qui recrutent, édition 2007-2008, publié par Septembre éditeur.


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