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Chroniques

 2007-05-17Technologies médicales : Innovation illimitée
Des techniques, des procédés, des appareils toujours plus efficients, toujours moins effractifs : voilà ce que promet le secteur des technologies médicales, toujours à l'avant-garde des innovations. Au Québec, le secteur ne s'est vraiment développé qu'à partir des années 1990, et l'Association de l'industrie des technologies de la santé (AITS) y inclut actuellement un peu moins de 600 entreprises et quelque 15 000 emplois. Le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE), quant à lui, en dénombre environ 120 pour un total de quelque 4 000 emplois. " Notre définition est fondée sur celle des organismes d'homologation et de Santé Canada, donc sur la notion de "dispositif médical" qui désigne tout appareil ou système qui sert au diagnostic ou au traitement du patient et qui permet à un médecin de poser un acte médical ", explique Yvon Brouillette, conseiller industriel au MDEIE. Contrairement à l'AITS, le MDEIE exclut donc les entreprises pharmaceutiques, les entreprises spécialisées dans les services médicaux ou informatiques ainsi que les fabricants de lits articulés.
Ces " gazelles " mettent au point des produits hautement sophistiqués. Ainsi de Victhom Bionique humaine - une des grosses entreprises du secteur avec ses 90 employés - qui a conçu le Power Knee, la première jambe artificielle motorisée au monde. " C'est une prothèse conventionnelle avec genou motorisé. La jambe, parfait exemple de la biomécatronique, c'est-à-dire de la mécanique et de l'électronique adaptées au corps humain, possède énergie et autonomie, mais aussi un module d'intelligence artificielle qui peut en quelque sorte prévoir les mouvements à effectuer ", explique Stéphane Bédard, cofondateur et chef de l'exploitation de Victhom.
De l'invention à la mise en marché
Ingénieur en électronique et en robotique, M. Bédard avait à cœur de " mettre la robotique au service des amputés ", et Victhom fut fondée en 1999, expressément dans le but de développer le Power Knee. Il aura fallu cinq ans, la collaboration de 50 à 60 scientifiques et l'investissement de millions de dollars en recherche et développement avant que la prothèse soit réalisée et rendue disponible à grande échelle.
Consacrer cinq années à la mise au point d'un produit ou d'un procédé n'a rien d'exceptionnel. Ainsi ART Recherches et technologies avancées, une entreprise montréalaise de 60 employés fondée en 1993, n'est pas encore prête à commercialiser l'un de ses deux produits vedettes qu'elle développe depuis 1995, à savoir le SoftScan, un appareil d'imagerie optique moléculaire conçu pour améliorer le diagnostic et le suivi du cancer du sein.
Au printemps 2006, ART en était à terminer les essais cliniques, en collaboration avec le Centre de santé universitaire McGill (CSUM) et le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) : une étape essentielle et obligatoire dans le (long) processus d'homologation de Santé Canada, de la Food and Drug Administration américaine et de la Communauté européenne. Et en juin 2006, ART soumettait à Santé Canada une demande d'homologation de Softscan pour l'autoriser à distribuer le produit au Canada. Mais il y a loin de l'invention issue de la recherche à la fabrication d'un produit commercialisable, et un certain nombre d'entreprises, faute de capitaux, n'arrivent jamais à ce stade. " Le développement d'un produit coûte facilement entre 5 et 50 millions de dollars, sinon davantage ", souligne M. Brouillette.
À cette fin existe une société comme Univalor qui a pour objectif d'être " un pont entre les établissements de recherche et le milieu industriel ", explique son président Marc Leroux. " Il faut des gens d'affaires pour commercialiser ces produits-là. Nous aidons à la commercialisation des inventions et contribuons parfois au démarrage d'entreprises ", poursuit-il. Univalor aura été engagée, à un titre ou à un autre, dans des entreprises comme Biosyntech, Solution YD3, Cardianove et Victhom.
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