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Chroniques

 2008-05-02Se regrouper pour profiter des grands travaux!
Qu'ils soient des initiatives du secteur public ou d'entreprises privées, les grands projets constituent d'importants leviers de développement. Au point où les communautés commencent à mettre en place des structures formelles destinées à en maximiser les retombées.
Au tournant des années 2000, l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean roulait bon train, stimulée par le chantier de l'aluminerie d'Alcan à Alma : une bagatelle de deux milliards de dollars. La manne pour l'industrie de la construction! Des équipementiers régionaux de taille relativement modeste en ont aussi profité. Et aujourd'hui la région affiche, parmi ses secteurs moteurs, celui des « grands travaux et équipementiers ».
Le Groupe performance stratégique (GPS), basé à La Baie, s'est mis à évaluer l'apport de ce secteur. « Près de 800 entreprises et 13 000 emplois y sont reliés, dit le président Roger Boivin. Et pour la période 2007-2011, il devrait représenter des investissements totaux de 7,9 milliards de dollars. » La finalisation de la route 175 ainsi que les projets d'Alcan et d'Hydro-Québec constituent la part principale de ces investissements.
Après la fin de ses travaux sur la rivière Toulnustouc, en 2005, et tout en poursuivant les diverses phases du projet Eastmain 1-A/Rupert, Hydro-Québec s'apprête cette année à terminer la construction d'un barrage sur la rivière Péribonka. Cet investissement de 1,3 milliard a entraîné la création de 520 emplois et « des retombées de 415 millions de dollars pour la région », assure Richard Laforest, président du Comité de maximisation des grands projets, alors que la société d'État avait plutôt promis autour de 350 millions.
« Nous travaillons avec les promoteurs dans un but ultime : que nos entrepreneurs obtiennent le plus de contrats possible. Nous établissons aussi des partenariats avec d'autres régions, comme le Nord-du-Québec, afin que notre monde soit favorisé pour les besoins que celles-ci ne peuvent satisfaire », résume M. Laforest.
Le Nord-du-Québec et l'Abitibi-Témiscamingue ont chacune un comité similaire, ComaxNORD et ComaxAT, créé en collaboration avec Hydro-Québec.
Les « hôtesses » et les « limitrophes »
Avec le Nord-du-Québec et l'Abitibi, le Saguenay n'aura pas moins tiré parti d'Eastmain 1, qui affiche les chiffres suivants : 2,3 milliards d'investissements de 2002 à 2006, 1 200 travailleurs en moyenne sur le chantier, quelque 130 entrepreneurs différents et 862 millions de dollars en retombées directes et indirectes.
Des exercices de prévision des retombées sont faits par la société d'État, sur la base des besoins techniques et mécaniques ainsi que des projets antérieurs, et par les municipalités. Le partenariat avec Hydro-Québec formalisé dans ComaxNord et ComaxAT donne à ces deux régions une longueur d'avance, en quelque sorte. «Nous avons pu mettre en place des mesures afin que notre main-d'œuvre ait les formations nécessaires pour prendre part à ces grands projets et que nos entreprises obtiennent des contrats », dit ainsi Sarah Charbonneau, coordonnatrice du ComaxAT.
Pour Eastmain, la priorité est accordée, dans l'ordre, au Nord-du-Québec, à l'Abitibi et au Saguenay, ces deux dernières étant reconnues comme « régions limitrophes ». Mais même un organisme comme la Chambre de commerce de Québec s'est mêlé d'appuyer le projet en raison des compétences, dans la capitale, en gestion environnementale, en foresterie, en ingénierie ou en génie civil.
Des projets attendus?
Selon André Martin, porte-parole de la Commission de la construction du Québec (CCQ), la bonne tenue actuelle de l'industrie est imputable pour beaucoup aux grands projets. « Depuis quelques années, ce sont vraiment eux qui soutiennent le nombre d'heures travaillées, car le résidentiel, l'institutionnel et le commercial accusent un léger repli », dit-il. « En raison des grands projets entamés ou confirmés, on a besoin annuellement d'environ 9 000 nouveaux travailleurs pendant encore un certain temps », affirme M. Martin.
Voir les entreprises qui recrutent dans le secteur de la construction.
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