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Francine Bordeleauarchives >>>
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2007-05-10

Le marché des déchets

Au Québec, des dirigeants d'entreprise se définissent désormais comme des " entrepreneurs environnementalistes ". Rien de moins! Le vocable est utilisé notamment par les membres du Conseil des entreprises de services environnementaux (CESE) qui sont engagés principalement dans la gestion des matières résiduelles, un des quatre sous-secteurs de l'environnement (les autres étant l'eau, les sols et les eaux souterraines ainsi que l'air et les changements climatiques). " L'industrie des matières résiduelles, c'est une grosse industrie, et elle est en pleine croissance ", confie Pierre Lachance, directeur général du CESE.

Selon les chiffres du Comité sectoriel de main-d'œuvre en environnement (CSMOE), l'environnement représente actuellement 32 000 emplois directs, dont près de la moitié dans le seul domaine de la gestion des matières résiduelles (GMR). " Et on y prévoit des investissements de l'ordre de 600 millions de dollars pour la période allant de 2005 à 2008 ", dit Robert Lemieux, p.-d.g. de Recyc-Québec, un organisme relevant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). La croissance est en grande partie attribuable aux responsabilités environnementales des municipalités, qui doivent concrétiser le principe des " 3 R " : réduire, recycler et réutiliser.

Les plans de gestion des matières résiduelles des municipalités, largement imposés par le MDDEP, couvrent également les matières dangereuses et les débris de construction, et concernent autant les entreprises que les individus. Le grand objectif, à atteindre en 2008 : récupérer 60 % de la demi-tonne de déchets produite en moyenne par un individu en une année. On en récupère aujourd'hui à peine 25 % : du papier essentiellement, tandis que le verre, le plastique, les pots de peinture, les vêtements prennent encore le chemin du sac poubelle.

" La GMR est une des grandes questions environnementales de l'heure, parce que chaque citoyen peut y contribuer. Mais un bon travail de sensibilisation et d'éducation reste à faire ", reconnaît Benoît Massicotte, coordonnateur aux communications et aux consultations à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). Un travail d'autant plus nécessaire que les politiques, mesures, règlements et plans divers, destinés à la population comme aux entreprises, sont appelés à se multiplier, et qu'ils devront être expliqués. " Le développement durable exige des changements dans les comportements. Il faudra donc investir dans les campagnes sociétales, les communications. En toute logique, ce domaine devrait offrir bientôt pas mal d'emplois ", prévoit Jean-François Comeau, directeur adjoint du Centre de formation en environnement de l'Université de Sherbrooke.

L'or vert
Pour les entreprises, la rentabilité est déjà au rendez-vous. " Un marché très important se dessine pour les matières recyclées, et en particulier pour l'aluminium et les autres métaux ", affirme M. Lemieux. Pour faire une tonne d'aluminium qui se vendra 1 800 $, il faut par exemple 60 000 canettes de boissons gazeuses ou de bière. Or les Québécois en consomment environ un milliard par an! " Un excellent rapport qualité-prix ", estime M. Lemieux.

Il se crée de plus en plus d'emplois dans le domaine de la collecte et du tri des matières, mais ce sont des emplois, il faut le dire, traditionnellement peu spécialisés et associés à la réinsertion dans le marché du travail. Mais le contexte change. " Il y a des usines de tri très sophistiquées, mécanisées, où les interventions manuelles sont réduites au minimum ", dit M. Lachance. Le traitement de certaines matières exige en outre des procédés particuliers. De plus, la plupart des biens de consommation consistent en un assemblage de plusieurs matières. L'emploi de valoriste, qui requiert une formation de niveau collégial, a donc été créé. Et si les entreprises du domaine ont toujours d'importants besoins en mécaniciens et en camionneurs - les " convoyeurs " -, on y retrouve également des technologues spécialisés et des ingénieurs chimistes.

Les entreprises qui recrutent

Biogénie (décontamination sol et eau)
http://www.biogenie-env.com

SNF (recyclage de métaux)
www.snf.ca

Consultez le site monemploi.com (sous l'onglet Où chercher) pour avoir les coordonnées complètes des entreprises. Ce texte est un extrait du ge 2006/2007 publié par Septembre éditeur


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