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Chroniques


Marlène Lebreuxarchives >>>

L'indécision, la bête noire de l'orientation

Pour bien des jeunes, l'heure de la décision quant à leur prochain programme d'études approche à grands pas. Ce moment, plusieurs d'entre eux le redoutent. Hésitant entre une option ou une autre, la tête remplie de questionnements sur leurs intérêts et leurs aptitudes, ils sont aux prises avec la bête noire de l'orientation : l'indécision! Pourtant, il n'y a rien d'alarmant à être indécis!

Dans quel programme devrais-je m'inscrire? Quel parcours scolaire sera le meilleur pour atteindre mon objectif? Est-ce que ce programme correspond vraiment à mes goûts? Comment puis-je m'assurer que mon choix de profession me convienne vraiment? Voilà des questions qui franchissent couramment la porte du bureau de Mme Lucie Després, conseillère d'orientation à l'école secondaire Pointe-Lévy, à Lévis. « Même si certains disent avoir fait leur choix, il n'en demeure pas moins qu'ils vivent de l'anxiété. Pour la plupart, c'est la première décision d'importance qu'ils doivent prendre », dit-elle.

Dur, dur de choisir!
Dans son livre Sortir de l'indécision, lancé l'automne dernier, Mme Isabelle Falardeau, conseillère d'orientation, explique les différentes causes liées à la difficulté de choisir à divers moments de la vie, que ce soit sur le plan professionnel, personnel, social ou autre. Concernant l'indécision vocationnelle des jeunes, les manques d'expérience, d'information, d'organisation et de vision peuvent paralyser le processus décisionnel : « Ils sont persuadés qu'ils doivent trouver la voie qui les attend dans la vie! Plusieurs croient qu'un seul métier ou une seule profession les rendra heureux, ce qui n'est pas le cas. À vrai dire, ils pourraient très bien occuper une dizaine de professions différentes et connaître une carrière épanouissante. Il faut dédramatiser l'heure de la prise de décision. Il n'y a pas qu'un seul choix gagnant! »

À l'instar de leurs collègues conseillers d'orientation, Mmes Falardeau et Després établissent une distinction entre indécision chronique et indécision passagère. Le fait est que l'indécision passagère est bénéfique et porteuse de réflexion. « Il faut retenir que l'indécision passagère fait partie du processus de prise de décision, souligne-t-elle. C'est un état de non-décision que le jeune doit tolérer et profiter pour être à l'écoute de ce qui se passe autour de lui. Il doit également se questionner sur ce que sont ses valeurs, ses intérêts, ses aptitudes, sa personnalité. » Dans le domaine de l'orientation, on dit souvent « il faut savoir qui je suis pour mieux savoir où je vais! »

S'organiser pour décider
En plus d'apprendre à se connaître, le jeune doit explorer le marché du travail actuel et approfondir sa connaissance des différents programmes de formation. Le défi peut paraître de taille : il y aurait plus de 1 500 programmes d'études postsecondaires au Québec. Des outils comme le Palmarès des carrières 2008, Cursus : L'expérience de s'orienter à partir de soi ainsi que les conseillers d'orientation sont à la disposition d'un jeune pour l'aider à organiser sa quête d'information dans un monde inondé de ressources documentaires – sites Web, livres, dépliants, dictionnaires, etc. – au sein duquel il est facile de se perdre!
« Heureusement, de moins en moins de jeunes attendent à la dernière minute pour faire un choix, constate Mme Després. Le milieu scolaire organise également de plus en plus d'activités d'orientation qui les incitent à se questionner et à découvrir le marché du travail et de la formation. »

Puis, un jour, arrive la dernière étape : la décision. Évidemment, passer à l'action exige de renoncer à certaines options et, par le fait même, de prendre un risque. « S'engager dans un choix, c'est se faire confiance, soutient Mme Falardeau. Il est très rare que les décisions qu'on prend soient complètement irréversibles. Un changement de programme est possible en cours d'études. La structure du système scolaire québécois le permet aisément. Un jeune sur trois change de programme au cégep, et tout autant au premier cycle universitaire. Il faut comprendre que ces étudiants n'abandonnent pas leur projet; en fait, ils le précisent. Ils réajustent leur cheminement scolaire et se rapprochent ainsi de leurs buts professionnels! »


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