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Chroniques


Francine Bordeleauarchives >>>

L'avenir prometteur des fontaines de Jouvence

Au XXIe siècle, le désir d'une apparence éternellement jeune s'accompagne de préoccupations de santé. Car le cancer, le diabète, l'obésité frappent de plein fouet les baby-boomers et la condition des jeunes générations inquiète. Ce contexte favorise, et continuera de favoriser, les travailleurs de plusieurs secteurs d'activité notamment celui de l'alimentation, de la cosmétique et de la chirurgie esthétique!

Avec plus de 180 000 exemplaires vendus au Québec, Les aliments
contre le cancer
de Richard Béliveau et Denis Gingras, deux éminents chercheurs en cancérologie, compte parmi les best-sellers. « Les liens entre l'alimentation et la santé sont très clairs. (…). Nous avons donc choisi d'expliquer ce qu'est le cancer tout en mettant en évidence, et de façon plaisante, les aliments susceptibles de le prévenir », dit le Dr Béliveau.

L'ouvrage s'attarde au rôle des molécules antiangiogéniques et aux vertus anticancérigènes de certains aliments, en particulier les fruits et les légumes : un groupe que privilégient aussi les campagnes médiatiques gouvernementales. « Nous sommes au bon endroit au bon moment », se réjouit donc Daniel Vielfaure, vice-président exécutif d'Aliments Carrière, grande entreprise de 1 500 employés bien connue pour ses fruits et légumes surgelés commercialisés sous la marque Arctic Gardens.

Les fruits et les légumes servent d'abondance l'industrie florissante des cosmétiques. Un exemple : les produits issus de la « cosmétonature  » de Fruits & Passion, dont une gamme « Soins Visage » axée notamment sur le pouvoir antioxydant du raisin Chardonnay. Olay mise plutôt sur la résonance très « tendance » qu'a prise le thé vert pour annoncer sa dernière crème anti-âge. En fait, les découvertes sur les ingrédients actifs d'aliments viennent dynamiser autant la mise en marché des yogourts, dont le nombre de variétés ne cesse d'augmenter, que celle des produits de beauté.

Parlez-vous lactobacillus acidophilus?
En fait, la « tendance » des aliments santé n'est plus guère mise en question, et l'industrie multiplie l'offre, au risque que le consommateur s'y perde. La prolifération de l'offre donne une bonne mesure des efforts en recherche et développement (R&D). À cet égard, l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels de l'Université Laval (INAF) est passablement sollicité : n'est-ce pas lui qui a mis au jour la notion d'aliment fonctionnel, encore inconnue il y a seulement dix ans?

« L'aliment fonctionnel, c'est celui auquel on a ajouté des éléments susceptibles d'améliorer la santé - selon le dosage nécessaire pour obtenir des bienfaits -, et qu'il ne contient pas à l'origine », résume Yves
Pouliot, directeur de l'INAF. En transformation - l'un des axes de recherche de l'organisme -, on introduit ces molécules bioactives dans les aliments. « Les produits laitiers constituent d'excellents véhicules pour ces molécules », ajoute M. Pouliot. D'où, jusqu'à un certain point, la prolifération sur le marché de laits et de yogourts aux allégations variées.

Avec les probiotiques, « les petits fruits constituent une avenue de recherche très prometteuse en raison de leurs propriétés antioxydantes avérées, propriétés qui atténuent la dégénérescence entraînée par le vieillissement », poursuit le directeur de l'INAF. Les antioxydants exercent d'ailleurs un attrait grandissant sur la population générale, et l'industrie a pris le train en marche.


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