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Atterrir à la suite d'un séjour à l'étranger : vivre la transition

Troisième d'une série de quatre articles

Les chroniques des deux dernières semaines portaient sur le séjour à l'étranger et la transition du retour au pays d'origine (pour les lire, consulter les archives de cette section). Au cours des deux prochaines semaines, nous nous intéresserons aux étapes psychologiques de cette transition.

L'analogie des saisons permet d'illustrer les étapes de la transition du retour. L'automne symbolise la fin du séjour et la perte de repères que cette fin occasionne ; l'hiver représente le temps d'arrêt nécessaire pour faire un bilan de l'expérience ; le printemps annonce le retour d'un certain potentiel créatif accompagné d'une nouvelle confiance en soi ; l'été concrétise l'action vers de nouveaux projets.

L'automne : le choc du retour

Au retour, votre perception de l'univers habituel et familier n'est plus tout à fait la même. Vous pouvez avoir oublié certains aspects : la course constante contre la montre, la frénésie de consommer, le gaspillage, le froid de l'hiver, etc. Bref, c'est le choc du retour. Vous ne vous y attendiez pas, voilà pourquoi la surprise est si forte. À cela s'ajoute un certain sentiment d'isolement et de solitude qui peut prendre beaucoup de place, puisque peu de gens comprennent ce que vous vivez. Voici le témoignage d'une voyageuse de retour au pays :

« Je ne suis pas toute là, ces temps-ci. La semaine avait bien commencé, puis le travail m'a découragée. Je suis très lente et j'ai fini la semaine déçue de moi. Je me sens exigeante envers moi, je ne veux pas que l'on s'aperçoive trop que ma tête n'est pas là. Je voudrais satisfaire l'équipe avec qui je travaille et, en même temps, je me sens tellement loin de tout cela… »
- Marianne, Afrique de l'Ouest

L'hiver : le temps d'un bilan

C'est le moment le plus difficile de la transition du retour. Vous doutez souvent de vous, des choix que vous faites. Vous vous demandez s'il est normal d'avoir cette impression que rien ne se place, que rien ne semble avancer au rythme que vous souhaiteriez… Parfois, vous ne sentez plus les mêmes affinités ou la même complicité avec vos proches. Vous percevez des changements de valeurs, de croyances ou d'attitudes conséquemment à l'expérience qui se termine, mais sans vous sentir encore en harmonie avec ces changements. Ni les gens, ni les lieux, ni le mode de vie ne sont encore redevenus familiers.

La question fondamentale reste la suivante : où en suis-je et qu'est-ce que je fais maintenant ? Vous avez changé et cet état de fait influencera vos choix. C'est un moment privilégié pour valider à nouveau vos priorités.

« Je travaille, je mange, je vois des amis ou j'écris, il y a le ménage et puis ouf ! c'est le temps de dormir… Je ne comprends pas, franchement… Avant, je m'emmerdais parfois, mais là je manque de temps pour faire tout ce qui me plaît. C'est un mal bien banal peut-être, mais je me sens coincée et c'est désagréable. Je me sens fatiguée aussi, incapable de trouver un bon repos, même si je fais des nuits de 8-9 heures. C'est comme si mon « mode d'emploi » avait changé… »
- Marilou, Caraïbes

Puis, finalement viennent les deux dernières étapes de la transition du retour, illustrées par le printemps et l'été, sur lesquelles portera la dernière chronique de cette série, la semaine prochaine.

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Annie Lord a développé des ateliers prédépart ainsi que des ateliers de retour de stages, d'études et de travail à l'étranger. Elle est l'auteure de Prendre le temps d'atterrir publié chez Septembre éditeur : www.septembre.com.


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