La grande séduction (5/8) : À l'ombre des grands arbres

De nombreux établissements d’enseignement font tout pour accueillir de nouveaux étudiants chez eux : bourses d’études, aide au logement, activités parascolaires stimulantes et rassembleuses, etc. Sans parler du potentiel d’autonomie inestimable que représente le fait de quitter sa région natale! Il y a là une occasion rêvée de briser ses propres barrières, de vivre de nouvelles expériences et de développer sa capacité d’adaptation.
 
Cette série de 8 chroniques* vous offre un voyage exploratoire au coeur de nos régions**. Elle vise à vous faire découvrir d’autres lieux que les grands centres urbains pour entreprendre vos études collégiales ou universitaires.
 
* Le dossier complet contient davantage d'informations sur les programmes en déficit d'inscription et sur la vitalité économique de chaque région. Consultez-le dans le Palmarès des carrières 2018!
** Les établissements présentés dans cette série sont ceux qui ont répondu à notre invitation.
 

Cégep de Baie-Comeau

« Plus du tiers de nos étudiants sont de l’extérieur de la région. C’est énorme! C’est notre réalité. C’est ce qui nous permet de contrer les prévisions démographiques. »
Claude Montigny, directeur général du Cégep de Baie-Comeau
 
Un impressionnant amalgame d’incitatifs financiers est réservé aux étudiants provenant de l’extérieur. Pour la rentrée scolaire de 2018-2019, les bourses de mobilité étudiante interrégionale du gouvernement s’appliquent aux programmes d’Arts, lettres et communication, de Technologie forestière, de Technologie du génie civil, de Technologie de l’électronique industrielle, de Techniques administratives (comptabilité et gestion) et de Techniques d’éducation à l’enfance. Elles donnent droit à 3500$ au total pour la première année. À cela s’ajoute la possibilité d’obtenir annuellement un crédit de 1 000 $ pour la participation aux activités de la vie étudiante.
 
De plus, aux étudiants qui optent pour le programme de Techniques d’éducation à l’enfance, des crédits additionnels sont accessibles : 1 600 $ et 800 $ pour l’aide au logement pour la deuxième et la troisième année d’études respectivement, en plus de 1 000 $ par année pour les autres frais de subsistance.
 
M. Montigny mentionne également l’entente établie avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord pour la région de Manicouagan, où le manque de personnel en soins infirmiers est alarmant. Grâce à celle-ci, les étudiants en Soins infirmiers qui proviennent de l’extérieur de la région peuvent obtenir des bourses pouvant totaliser jusqu’à 12 000 $, à raison de 2 000 $ par session.
« En contrepartie, le boursier s’engage à travailler minimalement une année au CISSS à la fin de sa formation. À l’heure actuelle, les retombées sont très positives! Une dizaine d’étudiants en ont profité au cours des deux dernières années. »
Claude Montigny
 

Les atouts d’un petit cégep

Annick Lamontagne, qui décrochera son diplôme cette année, a fait partie de la cohorte pour laquelle des incitatifs importants avaient été offerts afin de redémarrer le programme de Technologie forestière, lequel avait été suspendu pendant quatre ans, faute d’inscriptions. À cette époque, elle a eu droit à 3 000 $ en bourse, à un ordinateur portable et à un GPS.
 
Annick vient des Bergeronnes, une petite municipalité à environ 1h30 de Baie-Comeau et à 1h de Chicoutimi. Habituellement, les jeunes choisissent Chicoutimi ou Québec comme lieu d’études collégiales. Elle avoue que la bourse, le GPS et l’ordinateur ont fait pencher la balance quand elle a fait son choix de cégep.
« De plus, la Côte-Nord est entourée de forêt. C’était pour moi un endroit idéal pour étudier la foresterie. Je préférais aussi aller dans un cégep plus petit où la proximité avec les professeurs permet un enseignement plus personnalisé. »
Annick Lamontagne, étudiante en Technologie forestière.
« En effet, il faut démontrer aux jeunes les bons côtés d’étudier dans un plus petit cégep. Ici, c’est très familier, comme milieu d’enseignement. Ce sont plus de 200 nouveaux jeunes qui arrivent chaque année dans notre municipalité. Cela dynamise la vie scolaire, la communauté, l’économie… C’est tout le monde qui est gagnant! »
Claude Montigny
 

Cégep de Sept-Îles

Touché par une baisse de ses admissions, le Cégep de Sept-Îles constate aujourd’hui une belle remontée de sa population étudiante. Les retombées positives des mesures de mobilité étudiante interrégionale qui ont été mises en place l’an dernier sont nombreuses.
« Nous enregistrons cette année une augmentation de 31% des admissions! »
Caroline Michaud, conseillère en information scolaire et en communication
 
Au concours des demandes d’admission, il n’est pas toujours facile de se démarquer.
« En étant un cégep situé en région éloignée, nous ne sommes pas souvent considérés dans le processus de réflexion des jeunes quant à leur futur lieu d’études. Deuxième chose, comme nos programmes sont à peu près les mêmes que ceux des grands centres, il nous faut rivaliser avec des cégeps de plus grande taille. »
Caroline Michaud
 
Dans leur cas, il est important de développer des mesures de mobilité intrarégionale.
« La région de la Côte-Nord est extrêmement grande; c’est comme si nous avions plusieurs régions en une. C’est déjà un défi en soi de recruter à l’intérieur de notre région. »
Caroline Michaud
 
De fait, à partir de Blanc-Sablon, il y a des étudiants qui doivent prendre le bateau ou l’avion pour se rendre à Sept-Îles!
 
 

Programmes jugés prioritaires

En lien avec la subvention du gouvernement en matière de mobilité étudiante interrégionale, les efforts ont été investis dans les programmes où les difficultés de recrutement sont les plus importantes.
« Nous nous sommes dotés de cibles spécifiques pour chaque programme. L’objectif est autant de retenir que d’attirer des étudiants de l’extérieur. »
Caroline Michaud
 
Les programmes de Technologie de maintenance industrielle et de Technologie minérale font partie des priorités numéro un. Ainsi, les étudiants arrivant de Québec, de Montréal, de l’Outaouais, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie, du Nord-du- Québec ou encore d’une région où le programme en question n’est pas offert peuvent obtenir une bourse. Cette bourse est versée pour alléger leurs frais d’hébergement en résidences pour leurs trois années de scolarité (100% la première année, 50% la deuxième année et 25% la troisième année) ou encore pour aider leur installation à Sept-Îles (1 500 $ sous forme de bourse d’aide). À ces sommes s’ajoutent 600 $ pour les frais de transport, un bon d’achat de 500 $ pour l’épicerie et un forfait « découverte de la région » d’une valeur de 300 $.
 
Le cégep a accueilli à l’automne 2017 ses premiers étudiants qui bénéficient de ces incitatifs financiers.
« Nous constatons que ceux-ci ont joué favorablement sur la décision de certains jeunes. Cela nous a permis de recruter un peu plus d’étudiants en Technologie minérale. En maintenance industrielle, nous avons été en mesure de conserver des étudiants dans la région. »
Caroline Michaud