La grande séduction (2/8) : Avantages Saguenay!

De nombreux établissements d’enseignement font tout pour accueillir de nouveaux étudiants chez eux : bourses d’études, aide au logement, activités parascolaires stimulantes et rassembleuses, etc. Sans parler du potentiel d’autonomie inestimable que représente le fait de quitter sa région natale! Il y a là une occasion rêvée de briser ses propres barrières, de vivre de nouvelles expériences et de développer sa capacité d’adaptation.
 
Cette série de 8 chroniques* vous offre un voyage exploratoire au coeur de nos régions**. Elle vise à vous faire découvrir d’autres lieux que les grands centres urbains pour entreprendre vos études collégiales ou universitaires.
 
* Le dossier complet contient davantage d'informations sur les programmes en déficit d'inscription et sur la vitalité économique de chaque région. Consultez-le dans le Palmarès des carrières 2018!
** Les établissements présentés dans cette série sont ceux qui ont répondu à notre invitation.
 

Cégep de Chicoutimi

Face à un bilan migratoire négatif depuis les dernières années, le Cégep de Chicoutimi a joint ses efforts à ceux de différents acteurs du milieu pour favoriser l’arrivée et l’établissement permanent de jeunes sur le territoire de Saguenay. Des activités sont organisées toute l’année pour faire connaitre l’établissement et présenter aux jeunes des programmes comme ceux de Technologie forestière et de Technologie du génie métallurgique, dans lesquels les besoins de main-d’oeuvre sont criants. La Fondation du Cégep de Chicoutimi remet également chaque année une centaine de bourses aux étudiants de différents programmes.
« Mais, pour intéresser les étudiants, poursuit-il, il faut aussi leur démontrer tous les bons côtés de venir étudier au Saguenay. Ainsi, plusieurs de nos initiatives sont mises en oeuvre en ce sens. »
Johnny Gauthier, responsable de l’information scolaire au Cégep de Chicoutimi
 
M. Gauthier fait tout particulièrement référence à Avantages Saguenay, une table de concertation regroupant 15 partenaires socioéconomiques dont font partie le cégep et la Ville de Saguenay. Cette table travaille sur différents projets liés, par exemple, à l’accueil de nouveaux résidents, au développement de projets, à la mise en place d’incitatifs financiers destinés aux jeunes qui viennent s’établir dans la région, au recrutement de jeunes professionnels et au réseautage avec différents acteurs du milieu.
« Nous voulons faciliter l’arrivée de nouveaux résidents, et ce, à différents niveaux. Cela peut être la recherche d’appartements, d’emploi, d’une école ou d’une garderie pour ceux qui ont des enfants. Le programme aide beaucoup d’étudiants qui arrivent dans la région. »
Sophie Bouchard, agente de migration chez Place aux jeunes en région de Saguenay
 
 

Voler de ses propres ailes

Louis-Félix Taschereau est l’un des étudiants qui ont eu recours aux services offerts par Avantages Saguenay pour réaliser son rêve : prendre son envol vers une carrière de pilote. Il vient de Plessisville et étudie présentement en Pilotage d’aéronefs au Centre québécois de formation aéronautique du Cégep de Chicoutimi.
« Je voulais avoir un emploi pendant mes études. Avantages Saguenay a été d’un grand soutien, que ce soit pour m’aider à faire mon C.V. et pour m’orienter vers les bonnes ressources. »
Louis-Félix Taschereau, natif de Plessisville, étudiant en Pilotage d’aéronefs
 
Il a également reçu plusieurs aides financières, comme un livret de rabais commerciaux d’une valeur de plus de 500$ et un panier d’accueil de produits du terroir.
« Toutes ces attentions ont vraiment contribué à avoir un premier contact positif avec mon nouveau milieu de vie. L’organisation du cégep et l’accueil qu’il nous réserve rendent aussi l’arrivée plus facile. Cela parait que le mieux-être des étudiants est au coeur de tout! »
Louis-Félix Taschereau
 

Cégep de Saint-Félicien

« La baisse démographique affecte nos effectifs étudiants. »
Sylvie Prescott, directrice des études au Cégep de Saint-Félicien
 
Pour braver la tempête, plusieurs initiatives visent à intensifier le recrutement d’étudiants internationaux, mais également des autres régions du Québec.
« En tout, c’est 25% de nos étudiants qui arrivent de l’extérieur de la région. Quand ils débarquent avec leur bagage d’expériences et de connaissances, c’est tout le cégep qui s’anime. Je trouve que cela rend notre établissement encore plus vivant. »
Sylvie Prescott
 
 

Une vision régionale de la mobilité

Les mesures de mobilité étudiante interrégionale lancées par le gouvernement du Québec ont été un élément déclencheur pour amener l’établissement à coordonner ses actions de promotion avec les trois autres cégeps du Saguenay –Lac-Saint-Jean, soient ceux d’Alma, de Jonquière et de Chicoutimi.
« Nous nous sommes donné une vision régionale, affirme-t-elle. Nous avons travaillé ensemble et ciblé chacun les trois programmes qui nous rendent uniques. »
Sylvie Prescott
 
Ainsi, le montant des bourses offertes est le même, mais les programmes admissibles diffèrent d’un cégep à l’autre.
« L’octroi de ces bourses d’attraction d’une valeur de 3 000 $, réparties également entre la session d’automne et d’hiver, nous a permis de recruter 29 nouveaux étudiants cette année. »
Sylvie Prescott
 
À Saint-Félicien, les programmes admissibles sont ceux de Techniques de tourisme, de Techniques du milieu naturel et de Technologie de la transformation des produits forestiers. Pour ce dernier programme, la situation est particulièrement problématique.
« Depuis plusieurs années, nous n’avons pas de demandes d’admission pour ce programme. Au Québec, le secteur de la forêt est malaimé. Pourtant, il y a énormément d’emplois! Ça crie de partout! Les industries forestières ont besoin de techniciens qualifiés, mais ils n’en ont pas! »
Sylvie Prescott
 
La Fondation du Cégep de Saint-Félicien distribue également d’autres incitatifs financiers. Elle remet chaque année plus de 70 000 $ en bourses aux étudiants.
« Nous ne voulons pas que le manque d’argent soit un obstacle à la poursuite des études chez nous. »
Sylvie Prescott
 
Dans un autre ordre d’idées, mais toujours en matière de mobilité interrégionale, une entente conclue avec le Cégep Édouard-Montpetit et le Centre d’études collégiales de Chibougamau permet à des étudiants en Sciences humaines et en Sciences de la nature d’effectuer leur troisième session à Chibougamau. Ce projet donne ainsi l’occasion à des étudiants qui habitent en milieu urbain de découvrir la région tout en diversifiant leur parcours.
 

Cégep de Jonquière

Au Cégep de Jonquière, l’arrivée d’étudiants de l’extérieur de la région apporte une couleur particulière à l’établissement.
« Ici, ce sont nos programmes de Génie chimique, d’Aménagement et urbanisme et de Génie industriel qui sont mis de l’avant dans le cadre des mesures gouvernementales de mobilité étudiante interrégionale »
France Tremblay, coordonnatrice au service des communications et développement des effectifs étudiants au Québec et à l’international
 
À l’instar des trois autres cégeps du Saguenay – Lac-Saint-Jean, l’établissement offre aux étudiants des bourses de 3 000 $. Pour être admissible, le programme technique ne doit pas être offert dans la région de résidence permanente de l’étudiant.
 
 

Des bourses dans des secteurs prometteurs

D’autres bourses offertes visent à attirer de nouveaux étudiants dans la région tout en les amenant à considérer une carrière dans les techniques physiques. La bourse d’aide aux études pour les étudiants des techniques physiques prend la forme d’une aide au logement, dont la résidence gratuite pendant la première année d’études. Cette bourse est destinée aux étudiants qui proviennent de l’extérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean et qui sont admis dans l’une des neuf techniques physiques suivantes : Techniques de laboratoire, Génie chimique, Mécanique du bâtiment, Aménagement et urbanisme, Génie industriel, Génie mécanique, Électronique, Électronique industrielle ainsi qu’Environnement, hygiène et sécurité au travail.
 
De plus, les bourses d’entrée de Bell média en Art et technologie des médias s’avèrent particulièrement intéressantes pour les élèves qui convoitent une carrière dans ce domaine, dans lequel le cégep a acquis une solide réputation. Ces bourses de 500 $ sont destinées aux étudiants admis en Techniques d’intégration multimédia, en Techniques de production et de postproduction télévisuelle ou encore en Techniques de communication dans les médias.
 
Aller à la rencontre des étudiants de la région et les tenir informés des possibilités de formation offertes à Jonquière est aussi au coeur des priorités du cégep. D’ailleurs, le Cégep de Jonquière entreprend au cours du mois novembre de chaque année une tournée régionale d’information scolaire afin de rencontrer les élèves de cinquième secondaire des cinq commissions scolaires de la région. La même stratégie est appliquée par les cégeps d’Alma, de Chicoutimi et de Saint-Félicien qui, pendant cette période, vont à la rencontre des élèves de leur territoire respectif.
 

Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

« Maintenant, les jeunes magasinent leur université, ce qui augmente le niveau de difficulté pour se démarquer des autres. »
Étienne Hébert, doyen des études à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)
 
Avec 25% de sa clientèle étudiante qui provient de l’extérieur de la région, force est de constater que l’UQAC réussit à faire sa place dans le processus de décision des jeunes. Les baccalauréats en Chimie des produits naturels, en Intervention plein air, en Animation 3D et en désign numérique, ainsi que le baccalauréat interdisciplinaire en arts ont notamment la cote.
« Ce sont en quelque sorte nos programmes phares, précise-t-il. On a une carte de formation qui est très diversifiée. C’est de cette manière que l’on réussit à se démarquer. Puis, il y a tout le volet de la recherche dans lequel nous sommes très actifs. »
Étienne Hébert
 
Tout en soulignant l’importance de retenir les jeunes dans la région, M. Hébert mentionne que différentes mesures sont mises en oeuvre pour tisser des liens avec les autres établissements de différents ordres d’enseignement, mais également avec les jeunes de la région.
« Nous effectuons chaque année une tournée universitaire qui nous amène dans les différents cégeps de la région. Dans le cadre d’évènements comme le Salon ZigZag, nous présentons aux élèves du secondaire nos différents programmes. Puis, dans nos classes expérimentales, nous invitons carrément des élèves du secondaire et du primaire à venir nous visiter. En fait, nous voulons sensibiliser les jeunes très tôt dans leur cheminement scolaire à la présence et à l’importance de l’UQAC dans leur milieu. »
Étienne Hébert
 
 

Un univers humain et chaleureux

Après avoir terminé ses études collégiales en Sciences humaines, Marc-Antoine Roussel a quitté Baie-Comeau. Comme la plupart de ses amis, il s’est installé à Québec pour poursuivre ses études à l’Université Laval.
« Je m’y suis inscrit parce que tout le monde allait là-bas, mais je n’ai fait qu’une session. »
Marc-Antoine Roussel, étudiant à la maitrise en kinésiologie à l'UQAC
 
Quelques mois plus tard, après avoir participé aux portes ouvertes de l’UQAC, il y a fait sa demande d’admission en Kinésiologie. Il affirme avoir été conquis par l’approche humaine des personnes qui l’ont accueilli.
« Avant ça, Chicoutimi n’existait pas dans ma carte géographique. Je n’y étais jamais allé avant! J’ai découvert un campus plus petit et chaleureux, avec des professeurs dévoués à la réussite et au bienêtre des étudiants. »
Marc-Antoine Roussel
 
Présentement à la maitrise en Kinésiologie et en psychologie du sport et chargé de cours à l’UQAC, Marc-Antoine se voit facilement faire sa vie à Chicoutimi.