La grande séduction (1/8) : Étudier dans le Bas-du-Fleuve

 
De nombreux établissements d’enseignement font tout pour accueillir de nouveaux étudiants chez eux : bourses d’études, aide au logement, activités parascolaires stimulantes et rassembleuses, etc. Sans parler du potentiel d’autonomie inestimable que représente le fait de quitter sa région natale! Il y a là une occasion rêvée de briser ses propres barrières, de vivre de nouvelles expériences et de développer sa capacité d’adaptation.
 
Cette série de 8 chroniques* vous offre un voyage exploratoire au coeur de nos régions**. Elle vise à vous faire découvrir d’autres lieux que les grands centres urbains pour entreprendre vos études collégiales ou universitaires.
 
* Le dossier complet contient davantage d'informations sur les programmes en déficit d'inscription et sur la vitalité économique de chaque région. Consultez-le dans le Palmarès des carrières 2018!
** Les établissements présentés dans cette série sont ceux qui ont répondu à notre invitation.
 

Cégep de Matane

Au Cégep de Matane, les programmes d’Aménagement du territoire et urbanisme, de Tourisme, d’Informatique et d’Intégration multimédia sont admissibles au programme de bourses étudiantes de mobilité interrégionale du gouvernement du Québec. Pour avoir droit à l’une des bourses d’études de 3 000 $, un étudiant doit provenir d’une autre région que le Bas-Saint-Laurent. Les étudiants originaires de la Gaspésie–Iles-de-la-Madeleine, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Mauricie, de l’Estrie, de l’Abitibi- Témiscamingue, de la Côte-Nord ou de Chaudière-Appalaches, qui sont aussi des régions visées par cette aide gouvernementale, y sont admissibles que si le programme d’études qu’ils convoitent n’est pas offert dans leur région.
 
Pour y voir plus clair, le site Web du Cégep de Matane présente un tableau détaillé affichant la disponibilité des bourses par programme et selon la région de provenance des candidats.
« Actuellement, 14 bourses ont été remises. C’est important pour nous d’accueillir des étudiants de l’extérieur de la région afin de maintenir notre offre de formation. Cela nous permet bien souvent d’atteindre le nombre d’étudiants requis pour que le programme soit offert. »
Brigitte Lavoie, responsable du service des communications et de l’information au Cégep de Matane
 

La force d’une offre de formation exclusive

Le tiers de l’effectif du Cégep de Matane provient d’autres régions du Québec. Plusieurs stratégies visent à inciter les étudiants à choisir le Bas-Saint-Laurent. En plus des différentes bourses offertes dans le cadre du programme de mobilité interrégionale ou en collaboration avec la Fondation du Cégep de Matane, l’établissement mise sur une offre de formation exclusive, notamment dans le domaine de l’imagerie numérique.
« Nous avons aussi un centre collégial de transfert de technologie associé au Cégep, le Centre de développement et de recherche en imagerie numérique, qui constitue un attrait certain. »
Brigitte Lavoie
 
Par ailleurs, leur spécialisation dans ce domaine a donné lieu, il y a cinq ans, à la naissance d’un partenariat avec le Centre de formation professionnelle des Riverains de Repentigny. À travers ce partenariat, l’établissement lance ni plus ni moins une invitation aux diplômés du DEP en Soutien informatique à poursuivre leur formation à Matane.
« Nous avons travaillé ensemble pour développer une passerelle entre leur DEP et notre programme de Techniques d’intégration multimédia. Les finissants se font reconnaitre un certain nombre de cours. Ils sont admis au Cégep de Matane à la session d’hiver et accèdent aux études collégiales dans leur domaine. »
Brigitte Lavoie
 

Cégep de Rivière-du-Loup

« Notre objectif premier est d’inciter les étudiants qui proviennent de notre bassin naturel à effectuer leurs études chez nous, mais nous souhaitons aussi amener de nouveaux jeunes dans la région. Si un jeune étudie ici, il a davantage de chance d’y travailler et de s’y établir »
Jérémie Pouliot, directeur adjoint aux études et aux affaires étudiantes au Cégep de Rivière-du-Loup
 
La question de la mobilité interrégionale peut être abordée sous deux angles.
« D’un côté, l’aide gouvernementale favorisant la mobilité étudiante nous a permis d’optimiser nos mesures incitatives. C’est un fait, certains collèges ont trop d’étudiants et doivent en refuser. Nous proposons aux étudiants qui obtiennent un refus dans un programme que nous offrons de venir étudier chez nous. C’est une belle façon de leur faire découvrir une nouvelle région tout en leur permettant d’évoluer dans le domaine convoité. »
Jérémie Pouliot
 
Dans le cadre des admissions de 2018-2019, il sera possible pour un nouvel étudiant en Techniques de graphisme provenant de la région de Québec ou de Montréal, par exemple, de se loger gratuitement à la résidence du cégep la première année et d’obtenir 500 $ pour chaque session complétée. Les programmes de Techniques de désign d’intérieur, d’Arts visuels et de Sciences de la nature, profil international (option Sciences de la santé) sont également éligibles à cette mesure incitative.
 
 

Un milieu stimulant et attrayant

«D’un autre côté, il y a aussi toutes les mesures que nous mettons en oeuvre pour rendre notre cégep un milieu d’études toujours plus stimulant et attrayant. »
Jérémie Pouliot
 
Il fait entre autres référence aux différentes ententes DEC-BAC conclues notamment avec l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’Université Laval. Une nouvelle entente vient tout juste de s’ajouter à leur liste : celle avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui permet aux diplômés en Gestion et intervention en loisir d’obtenir, sous certaines conditions, la reconnaissance d’équivalences à l’intérieur du baccalauréat en loisir, culture et tourisme.
 
Offrir une vie étudiante de qualité est également un autre volet auquel le Cégep de Rivière-du-Loup accorde beaucoup d’importance pour susciter l’intérêt de nouveaux étudiants.
« Cela peut prendre différentes formes, du développement du sport collégial d’élite à la conciliation musique-études. Un projet danse-études devrait aussi bientôt voir le jour. En somme, nous nous efforçons de développer des conditions favorables pour que les jeunes puissent étudier tout en vivant leurs passions. »
Jérémie Pouliot
 

Cégep de Rimouski

Le paysage démographique de la ville a changé au fil des années.
« Il est plus difficile que jamais de maintenir notre effectif étudiant. La venue d’étudiants de l’extérieur permet de nous détacher de nos limites techniques et financières, et même de donner un second souffle à certains programmes qui sont en manque de candidats. »
Julie Gasse, directrice adjointe et responsable du bureau d’information et de promotion au Cégep de Rimouski
 
Les étudiants de l’extérieur de la région représentent actuellement 60% de la clientèle de cet établissement. L’offre de programmes diversifiés et uniques est un précieux atout pour l’établissement. Parmi les particularités, on souligne le double DEC en danse (avec Sciences humaines ou Sciences de la nature) ainsi que les programmes de Musique Jazz-pop et de Mécanique industrielle, volet agroforestier. De plus, dès l’automne 2018, Technologie de l’échographie médicale, un programme unique au Québec, sera offert exclusivement au Cégep de Rimouski.
 
 

Une carte aux multiples avantages

La Carte Plus a été mise en place dans la foulée de l’aide gouvernementale visant à favoriser la mobilité étudiante interrégionale. À son plus grand bonheur, Alexandra Duchesne y a eu droit. Elle a eu accès à une chambre gratuite en résidences pour sa première année d’études, à une trentaine de bons d’épicerie, à un laissez-passer annuel pour le transport en commun, à deux fins de semaine pour ses parents à Rimouski et à l’adhésion gratuite au centre sportif du cégep.
 
Alexandra a quitté Saint-Hyacinthe pour venir étudier à Rimouski en Techniques de diététique. Pourquoi prendre la route vers l’Est?
« J’avais déjà habité à Rivière-du-Loup pendant mon enfance et je me souvenais à quel point c’était beau. Par contre, je ne connaissais pas du tout Rimouski. Mon projet n’aurait pas été possible si ce n’avait été des avantages financiers. Mes parents n’auraient pas eu les moyens pour me payer des études aussi loin de chez moi. »
Alexandra Duchesne, originaire de SaintHyacinthe, étudiante en Techniques de diététique au Cégep de Rimouski.
«Pour l’automne 2018, la Carte Plus consistera en la remise d'une bourse de 3 000 $ en argent. »
Julie Gasse
 
L’organisation de plusieurs activités promotionnelles est également à l’agenda du Cégep de Rimouski pour mettre en valeur ses points forts aux yeux des jeunes de la région. Par exemple, Explo-Cégep invite chaque année des élèves de 3e secondaire à expérimenter un circuit de trois domaines d’études afin de s’ouvrir à des programmes moins conventionnels. De plus, cette année sera marquée par le 50e anniversaire du cégep.
« Le 17 février prochain, le cégep ouvre grandes ses portes à toute la population. Nous voulons profiter de cette occasion pour consolider les liens que nous tissons avec la communauté. »
Julie Gasse
 

Université du Québec à Rimouski (UQAR)

Pour exercer son pouvoir d’attraction des étudiants d’ici et d’ailleurs, l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) offre une vaste gamme de bourses.
« Aux cégépiens, des bourses d’accueil sont accessibles pour plusieurs programmes de baccalauréats... Et celles-ci sont cumulatives. » Catherine Côté, conseillère en recrutement et en communication.
 
En 2011, Maude Sirois a commencé sa première session universitaire en Chimie de l’environnement et des bioressources avec 2000$ en poche. En choisissant l’UQAR, elle a eu droit à une bourse d’accueil de premier cycle offerte aux détenteurs d’un diplôme d’études collégiales avec une cote R de 26 et plus. Mme Côté ajoute que les baccalauréats de Développement social, de Génie, de Géographie, d’Histoire, d’Informatique ainsi que des Lettres et de Création littéraire font également partie des autres programmes admissibles à cette bourse.
 
Un autre montant de 1000$ a été remis à Maude. Il s’agit d’une bourse d’accueil, volet sportif et volet socioculturel ou communautaire. Cette bourse est offerte aux étudiants qui se sont démarqués par leur engagement et par leur performance lors de leur passage au collégial.
 
 

Quitter Montréal

Maude a grandi sur l’ile de Montréal, et elle a fait ses études collégiales au Cégep Bois-de-Coulonge.
« Je voulais vraiment aller à l’UQAR, car le programme de Chimie de l’environnement et des bioressources me convenait parfaitement. Sans compter qu’à ce moment, j’avais déjà un intérêt marqué pour les sciences marines, et l’expertise de l’UQAR dans ce domaine est grandement reconnue. »
Maude Sirois, ancienne étudiante de l'UQAR, qui a poursuivi ses études à la maitrise à l’UQAR en océanographie.
 
Maude Sirois s’est installée à Gaspé où elle occupe un emploi passionnant dans son domaine.
« C’est vrai que j’avais un peu peur de quitter la grande ville. Partir pour la première fois loin de ma famille était une source de stress. Mme Côté m’a concocté un séjour exploratoire personnalisé pour visiter l’endroit. Cela m’a permis de mettre totalement mes peurs de côté.»
 
Six ans ont passé depuis, et elle n’est toujours pas de retour à Montréal!