L'entrepreneuriat : Faire carrière autrement (5/6)

Par Marlène Lebreux
 
La culture entrepreneuriale est valorisée sur le marché du travail. Elle stimule l’innovation, l’émergence de nouvelles entreprises et la création d’emplois. Elle est aussi de plus en plus présente dans les établissements d’enseignement secondaire et postsecondaire, qui s’en inspirent pour offrir aux jeunes de multiples occasions de sortir du cadre scolaire afin d’apprendre dans l’action et vivre des expériences stimulantes!
 
Cet article est le cinquième d'une série de six où les initiatives de quelques établissements scolaires en matière d'entrepreneuriat sont mises en valeur.
 

Des retombées positives : motivation et réussite!

Prendre part à l’aventure entrepreneuriale apporte plusieurs bénéfices aux étudiants. À l’instar de nombreux intervenants du milieu scolaire, Isabelle Cyr, enseignante au Collège Sainte-Marcelline, croit que les projets entrepreneuriaux sont un véritable moteur de persévérance et de motivation : « Le cours de maths n’est pas le plus apprécié des élèves. Cependant, en réalisant des projets, je vois des jeunes peu intéressés au départ par cette matière, persévérer et réussir. » Lancé il y a deux ans par des jeunes filles de la classe d’Isabelle Cyr, Mardi Sans Maquillage est un projet qui a fait boule de neige et qui est devenu une véritable entreprise. Leurs macarons et leurs porte-clés arborant des citations inspirantes et positives sont très en demande!
 
Les trois années d’implication de Kim Grimard dans Connexions Express ont été significatives dans son cheminement. Celle qui se décrit comme ayant été une décrocheuse chronique raconte que lorsqu’elle a commencé ses études en Gestion de commerces, au Cégep de Granby, elle en était à son troisième retour à l’école! « Les cours magistraux, ça ne me convenait pas. Dans Connexions Express, j’ai découvert des choses insoupçonnées sur moi-même. J’ai constaté que j’avais des aptitudes en gestion d’équipe, en marketing, en comptabilité et même en programmation Web. » Aujourd’hui, Mme Grimard est une source d’inspiration en soi. Femme d’affaires accomplie et mère de quatre enfants, elle concilie famille et carrière en gérant son entreprise spécialisée dans l’aide au démarrage d’entreprises auprès des femmes.
 
Alexandre Dumont a bâti l’entreprise Gazon Synthétique & composite (GSQ) alors qu’il était encore au Cégep de Sainte-Foy. Il affirme qu’il n’a jamais vraiment aimé l’école, mais que s’engager dans le démarrage de son entreprise tout au long de ses études lui a permis de persévérer jusqu’à l’université, en administration! « Il me fallait être en action pour rester motivé dans mes études. Les cours pratiques et le soutien des enseignants m’ont beaucoup aidé à faire avancer mon projet. À l’Université, j’avais cinq cours à temps plein et je m’occupais des activités de mon entreprise. C’était exigeant, mais tellement motivant! » Ce diplômé de l’UQAR – campus de Lévis a, à sa feuille de route, trois participations au sommet du G20 des jeunes entrepreneurs.
 
Phillip Laterreur, du Cégep de La Pocatière, constate également que les étudiants engagés sont généralement plus motivés et réussissent mieux. « Un étudiant qui s’investit dans des activités entrepreneuriales apprend à devenir plus organisé, à gérer plusieurs dossiers à la fois et à canaliser ses énergies aux bons endroits. Il sait faire preuve de discipline et de rigueur dans ce qu’il entreprend. »
 
Cela fouette également la motivation des enseignants qui y voient une nouvelle façon de transmettre leurs connaissances. « Quand on embarque dans des projets comme Faire Pousser du bonheur, on va au-delà du mandat qui nous est confié, affirme Yvon Descheneaux, de l’école secondaire La Frontalière. Mais, en même temps, c’est stimulant de voir des jeunes aller au maximum de leurs capacités et développer leur autonomie. »
 

Un vent de dynamisme sur les établissements et la communauté

Les activités entrepreneuriales dégagent un dynamisme qui profite aux établissements d’enseignement ainsi qu’à toute la communauté. Elles encouragent la collaboration entre les étudiants issus de différentes disciplines, créent de l’animation dans la vie scolaire et contribuent au rayonnement de l’établissement dans la communauté. « C’est tout l’établissement qui en retire des bénéfices, ajoute M. Laterreur. Il y a environ quatre ans, des étudiants du Cégep de La Pocatière ont mis en place une flotte de vélos en libre-service afin de réduire l’utilisation de véhicules entre les résidences et le cégep. C’est un projet qui est devenu durable! »
 
L’impact dans la communauté d’un projet comme Jeune coop Premier Envol est indéniable. Son initiateur, Robert Filion, est étudiant au Centre d’éducation des adultes de la Vallée dans la région du Bas-Saint-Laurent. Développée sous le principe de donner au suivant, la coop vient en aide aux jeunes qui partent pour la première fois en appartement. Ceux-ci obtiennent une partie des meubles dont ils ont besoin en échange de quelques heures de bénévolat pour réparer les meubles usagés qui serviront à d’autres bénéficiaires. Soulignons qu’en 2016, le projet Jeune coop Premier Envol a été couronné grand champion du Défi OSEntreprendre dans la catégorie Formation professionnelle et éducation des adultes.
 
De plus, quand il s’agit d’entrer en contact avec des commanditaires, de faire la promotion d’un projet pour obtenir du financement ou d’établir des ententes avec des partenaires, des liens se tissent avec le milieu des affaires. Du coup, cela démontre aux différents acteurs économiques le formidable savoir-faire des étudiants de leur région!
 

En action pour découvrir ses passions

Plongés dans l’action, les jeunes apprennent à mieux se connaitre et à confirmer leur intérêt pour une voie professionnelle. Plusieurs témoignages abondent en ce sens.
 
Avec quatre autres étudiantes en Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Lévis-Lauzon, Camille Lacroix-Pageau a développé le projet Les chèvres savonneuses, qui lui a permis d’expérimenter les techniques de production et de renforcer sa passion pour son domaine. « Nous faisions la conception de savons. La demande a été tellement grande pendant la session d’automne que nous avons poursuivi nos activités pendant l’hiver, raconte-t-elle. Nous sommes présentement en train de discuter de l’avenir de ce projet qui, au départ, n’était que scolaire. »
 
Catherine Roy et Nicolas Audet font actuellement les démarches nécessaires pour reprendre la ferme en production laitière de la famille Audet, près de Coaticook. « J’ai toujours eu un intérêt pour l’agriculture, mais je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire comme profession. Avec des cours comme Projet de microentreprise et Plan d’affaires du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Sherbrooke, cela est devenu clair. »
 
Récipiendaire, en 2016, du Défi OSEntreprendre dans la catégorie Secondaire 1er cycle, Gardiennes au Coeur d’Or est une initiative de deux élèves de 2e secondaire de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Naomie Roussel et Érika Savard.
 
« Mes démarches pour offrir nos services de gardiennage aux parents et développer un lien de confiance avec eux m’ont permis d’augmenter ma confiance en moi. Cette expérience me confirme que plus tard, je veux vraiment travailler avec les enfants… Et peut-être même ouvrir une garderie! » témoigne Érika Savard, l’une des deux jeunes entrepreneures.
 
Avis important
Cet article présente les offres pédagogiques des établissements scolaires du Québec qui ont répondu à l’invitation de l’éditeur. Pour en savoir plus, consultez le site Web des établissements qui vous intéressent.
 
Le contenu de cet article est librement inspiré du Palmarès des carrières 2017 - Spécial entrepreneuriat dans le cadre de l’Opération 1er mars 2017. Procurez-vous le Palmarès des carrières pour lire l’article complet.