L'entrepreneuriat : Faire carrière autrement (3/6)

Par Marlène Lebreux
 
La culture entrepreneuriale est valorisée sur le marché du travail. Elle stimule l’innovation, l’émergence de nouvelles entreprises et la création d’emplois. Elle est aussi de plus en plus présente dans les établissements d’enseignement secondaire et postsecondaire, qui s’en inspirent pour offrir aux jeunes de multiples occasions de sortir du cadre scolaire afin d’apprendre dans l’action et vivre des expériences stimulantes!
 
Cet article est le troisième d'une série de six où les initiatives de quelques établissements scolaires en matière d'entrepreneuriat sont mises en valeur.
 

Accompagnement au démarrage des entreprises de demain

Les incubateurs d’entreprises

Les incubateurs d’entreprises sont des structures d’accompagnement au démarrage d’entreprises au sein desquelles les futurs entrepreneurs sont en contact avec des professionnels d’expérience et peuvent, entre autres, bénéficier d’aide au financement ainsi que de service de mentorat et de coaching. Plusieurs sont établis à l’intérieur des cégeps et des universités. Le Cégep de Matane a son incubateur d’entreprises en imagerie numérique depuis 2015. Le Collège Dawson et le Cégep du Vieux-Montréal ont combiné leur force pour lancer iC MTL, une initiative consacrée à l’incubation de projets entrepreneuriaux dans le secteur des industries culturelles et créatives. Le Cégep de Rivière-du-Loup s’est aussi doté de son incubateur d’entreprises, Cub3, qui est animé par une équipe d’entrepreneurs et qui favorisent l’émergence d’idées novatrices du milieu étudiant.
 
En effet, les idées pullulent et, bien souvent, il suffit d’un petit coup de pouce pour qu’elles prennent des airs de réalité! C’est dans cet ordre d’idées qu’en 2011, l’Université de Sherbrooke a créé, en partenariat avec le milieu des affaires, l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques (ACET). Son président-directeur général, Roger Noël, est ex-doyen de la Faculté d’administration et a déjà été entrepreneur de plusieurs grandes entreprises. Il affirme que l’objectif est de transformer un projet en une entreprise viable et durable. « Nous favorisons la rencontre entre le milieu de la recherche et celui des affaires, entre l’innovation et l’entrepreneuriat, dit-il. Les diplômés et les étudiants ont beaucoup de connaissances et de talents pour concevoir de nouveaux produits. Cependant, ils sont généralement peu familiers avec les domaines des affaires et financiers. »
 
À ce jour, l’ACET a contribué à la création d’une soixantaine d’entreprises. Son apport a été capital pour Iméka, raconte Jean-René Bélanger, bachelier en administration, qui travaille dans cette entreprise spécialisée dans le développement de logiciels d’imagerie médicale : « Probablement que l’entreprise n’existerait pas encore si l’ACET n’avait pas été là! Leur expertise professionnelle a été déterminante pour obtenir le financement nécessaire et décrocher nos premiers contrats. »
 

De la théorie à l’action : les microentreprises!

De plus en plus de programmes d’études intègrent la réalisation de stages en entreprises et de projets qui reflètent la réalité du marché du travail. De cette façon, les futurs diplômés ont l’occasion d’appliquer les notions apprises en classe et de vivre des situations d’apprentissage avec des professionnels de leur domaine.
 
Dès leur deuxième année de formation, les étudiants en Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Sherbrooke doivent réaliser le démarrage d’une microentreprise. Comme l’explique Joëlle Guay, enseignante en Gestion et technologies d’entreprise agricole : « Le travail se répartit sur deux sessions. Il favorise l’acquisition de compétences dans la mise en marché d’un produit et la gestion courante d’une entreprise. La première session en est une de planification, qui comprend l’élaboration du plan d’affaires et le choix d’une production animale ou horticole. Vers la fin de novembre, les étudiants doivent présenter un projet qui est rentable et réaliste à la Caisse populaire, qui l’évalue et accorde le financement. La deuxième session, c’est la réalisation! » Le volet pratique de la formation des étudiants se poursuit pendant leur deux dernières sessions avec les cours Plan d’affaire 1 et 2 qui stimulent encore davantage le développement de leurs habiletés entrepreneuriales.
 
Depuis plus de 20 ans, la formule de stage Projet-industrie en Techniques de design industriel du Cégep de Sainte-Foy a grandement fait ses preuves. D’aout à mai, les étudiants travaillent en collaboration avec une entreprise manufacturière afin de développer un nouveau produit. « Ce sont des stages intra-muros, précise Pascale Marceau, coordonnatrice du département Techniques de design industriel, c’est-à-dire que les étudiants ne passent pas tout leur temps en entreprise. C’est en classe qu’ils avancent leur projet sous la supervision de l’enseignant. Ce peut être, par exemple, la conception d’articles de sport, d’appareils électroniques ou d’appareils médicaux. Ils doivent idéaliser un nouveau concept de produit, tout en se préoccupant des besoins de l’entreprise, ainsi que de ses contraintes matérielles, humaines, techniques et financières. Certains employeurs en profitent même pour faire de la prospection. Il n’est pas rare que des étudiants se trouvent un emploi dans leur entreprise cliente! »
 
Au Cégep de Sherbrooke, les étudiants de 2e année en Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Sherbrooke doivent réaliser le démarrage d’une microentreprise. La première session en est une de planification, qui comprend l’élaboration du plan d’affaires et le choix d’une production animale ou horticole.
 

Enseigner l’entrepreneuriat

Aujourd’hui, être entrepreneur peut être une carrière au même titre que devenir avocat, comptable ou médecin! Il faut dire que l’offre de formation s’est beaucoup organisée au cours des dernières années en matière d’entrepreneuriat. Plusieurs programmes d’études sont spécialement conçus pour former les entrepreneurs de demain.
 
D’ici 2020, le Québec aura un manque à gagner de 38 000 entrepreneurs afin de prendre la relève d’entreprises existantes, révèle la Fondation de l’entrepreneurship.
 
« Il n’y a pas encore assez d’entrepreneurs qui sortent des écoles, indique Yan Castonguay, professeur en Gestion et management à l’Université du Québec à Rimouski – Campus de Lévis (UQAR). C’est une réalité : il faut former et préparer davantage la relève entrepreneuriale! » En effet, assurer la pérennité des entreprises est un enjeu de taille pour l’économie québécoise.
 
En 2014, l’UQAR a révisé son certificat et son baccalauréat en Entrepreneuriat afin qu’ils répondent aux réalités entrepreneuriales et économiques actuelles. « Nous avons notamment développé le cours PME et mondialisation. La PME doit cesser de penser que son marché est seulement sa région. À notre époque, le terrain de jeu d’une entreprise, c’est la planète! Il faut que nos étudiants soient formés dans cette optique-là. Un cours sur la gestion de l’innovation a aussi été créé. Un entrepreneur ne peut pas être le meilleur dans tout. Les spécialistes d’Apple s'associent avec les meilleurs dans leur domaine. Ils font affaire, par exemple, avec Sony pour les piles et Samsung pour le disque dur », affirme encore M. Castonguay qui a également agi, pendant plusieurs années, comme conseiller auprès de divers entrepreneurs.
 
Du côté de la TÉLUQ, l’établissement prévoit élargir son offre de formation en proposant bientôt un certificat en Entrepreneuriat. Un programme court en entrepreneuriat est déjà offert.« Ce certificat s’adressera à ceux qui veulent créer une entreprise ou qui sont déjà en affaires, mais voudraient améliorer leurs compétences en gestion, explique Denis Robichaud, professeur à l’École des sciences de l’administration de la TÉLUQ. La force de ce programme réside dans les simulations qui permettent à l’étudiant de s’entrainer à prendre des décisions et à gérer leurs répercussions sur une entreprise virtuelle qu’il gère. C’est l’apprentissage par le jeu! Ce peut être la simulation de la création d’un hôtel ou de la gestion d’un club de golf, par exemple. » Le programme couvrira également l’entrepreneuriat social qui est en plein essor : comment découvrir une occasion d’affaire en entrepreneuriat social? Comment gérer avec succès une coopérative et un organisme sans but lucratif?
 
Certains établissements d’enseignement offrent la possibilité aux étudiants d’ajouter le profil entrepreneurial à leur parcours. C’est le cas de l’Université Laval qui, en plus de son certificat et de ses microprogrammes dans le domaine de l’entrepreneuriat et de la gestion de PME, propose ce profil dans plus d’une cinquantaine de programmes. « Cela signifie que dans le cadre de leur formation les étudiants vont avoir 12 crédits consacrés à l’entrepreneuriat, explique Mariepier Tremblay, professeure agrégée au Département de management et titulaire de la Chaire en entrepreneuriat et innovation. Dans certains domaines, l’intégration en emploi n’est pas toujours automatique. Les compétences entrepreneuriales sont très utiles quand nous sommes travailleurs autonomes et que nous devons faire notre place pour dénicher de nouveaux contrats. »
 
Mme Tremblay attire l’attention sur Startup Fuze, une nouvelle formation intensive de six crédits offerte à tous les étudiants de premier cycle. « Pendant quatre semaines, les étudiants travaillent en équipe sur des projets fictifs, mais qui peuvent se réaliser à la fin du programme. Ils sortent vraiment de leur zone de confort. L’utilisation des méthodes du design appliquées à la création d’entreprise est un aspect novateur de cette formation. Auparavant, nous étions davantage axés sur la planification avant de passer à l’action. Maintenant, pour s’adapter à ce monde en perpétuel mouvement, nous allons rapidement tester et valider notre produit ou notre service auprès du marché. Ensuite, nous apportons les ajustements qui s’imposent et nous allons le tester à nouveau. C’est ce qu’on appelle un processusitératif! »
 
 
Avis important
Cet article présente les offres pédagogiques des établissements scolaires du Québec qui ont répondu à l’invitation de l’éditeur. Pour en savoir plus, consultez le site Web des établissements qui vous intéressent.
 
Le contenu de cet article est librement inspiré du Palmarès des carrières 2017 - Spécial entrepreneuriat dans le cadre de l’Opération 1er mars 2017. Procurez-vous le Palmarès des carrières pour lire l’article complet.