L'entrepreneuriat : Faire carrière autrement (2/6)

Par Marlène Lebreux
 
La culture entrepreneuriale est valorisée sur le marché du travail. Elle stimule l’innovation, l’émergence de nouvelles entreprises et la création d’emplois. Elle est aussi de plus en plus présente dans les établissements d’enseignement secondaire et postsecondaire, qui s’en inspirent pour offrir aux jeunes de multiples occasions de sortir du cadre scolaire afin d’apprendre dans l’action et vivre des expériences stimulantes!
 
Cet article est le second d'une série de six où les initiatives de quelques établissements scolaires en matière d'entrepreneuriat sont mises en valeur.
 

Mille et une façons d’entreprendre à l’école

En milieu scolaire, la culture entrepreneuriale a le vent dans les voiles et se présente comme une façon d’apprendre et même d’enseigner autrement.
 

Les entreprises-écoles

Les entreprises-écoles, particulièrement répandues du côté des cégeps, constituent une des nombreuses formes que prend l’entrepreneuriat dans les établissements d’enseignement. Elles constituent des lieux où les étudiants réalisent des contrats pour le compte d’une diversité de clients.
 
Animateur socioculturel et responsable de l’entrepreneuriat étudiant au Cégep de La Pocatière, Phillip Laterreur affirme que les entreprises-écoles bouillonnent d’activités dans son milieu. L’engagement des étudiants se fait sur une base volontaire et vise la mise en pratique des apprentissages scolaires. Par exemple, les étudiants en Technologie du génie physique sont invités à participer à Circuit 4, une entreprise-école qui récupère du matériel électronique. De leur côté, les futurs techniciens en Santé animale peuvent travailler au sein du Club Épatte-tonte qui offre des services de toilettage canin.
 
 
TCG Boutique est une autre entreprise-école du Cégep de La Pocatière. Les heures que les étudiants en Techniques de comptabilité et de gestion (TCG) y consacrent font partie intégrante de leur formation. Il est possible d’y acheter, entre autres, du matériel scolaire usagé ainsi que des objets et vêtements à l’effigie des Gaulois, l’équipe sportive de l’établissement.
 
Les entreprises-écoles font partie intégrante de la vie étudiante au Cégep Garneau qui en compte cinq. « Garneau Travail est la doyenne, informe Maxime Van de Putte, coordonnateur et responsable de l’entrepreneuriat étudiant. Elle est ouverte à tous les étudiants. Ils y proposent leurs services à toute la population, notamment en design d’intérieur, développement Web et organisation d’événements. Les activités permettent de financer l’entreprise et donnent aux jeunes la chance de vivre une expérience de travail avec de vrais clients. » Plus de 90 étudiants par année s’activent au sein de cette entreprise école qui comprend une directrice générale et des étudiants-gestionnaires responsables des ressources humaines, matérielles et financières.
 
Depuis l’année dernière, Action Ahuntsic + ouvre sa porte à tous les étudiants qui ont des idées de projet en tête. « Après notre première année de fonctionnement, le bilan est très positif, affirme Jean-Luc Filiatrault, enseignant en Gestion de commerces au Collège Ahuntsic. Les étudiants viennent nous voir et nous regardons ensemble comment leur projet peut être réalisable. Je pourrais vous parler pendant des heures de tout ce que nous aimerions réaliser! » À ce jour, quelque 17 activités ont été mises en branle, dont la vente de miel et une grande collecte de livres pour venir en aide aux réfugiés syriens.
 
En plus des entreprises-écoles, l’entrepreneuriat en milieu scolaire s’exprime par l'entremise des clubs entrepreneurs, des entreprises d’entrainement pédagogique, des programmes parascolaires et des incubateurs d’entreprises.
 

Les clubs entrepreneurs étudiants

L’Association des clubs entrepreneurs étudiants du Québec (ACEE) forme un réseau de plus de 50 clubs d’entrepreneurs étudiants. L’ACEE définit un club entrepreneur comme étant « un regroupement d’étudiants provenant et agissant dans un établissement d’enseignement postsecondaire, supervisé par une personne-ressource impliquée et organisant au minimum deux activités entrepreneuriales par année. »
 
En janvier 2015, le Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption a fondé son club entrepreneur. À la portée de tous les étudiants, Bizness fait la promotion de l’entrepreneuriat tout en tissant des liens avec la communauté d’affaires locale. Il a réalisé plusieurs activités à caractère écologique et communautaire, dont une boutique de livres usagés et une collecte à domicile de sapins naturels après la période des fêtes. Conseillère à la vie étudiante, Caroline Doré, n’est pas peu fière du succès obtenu par cette initiative qui a tout particulièrement la cote auprès des étudiants en Techniques de comptabilité et de gestion : « Ce sont les jeunes qui décident en début d’année scolaire des projets dans lesquels ils veulent s’investir. »
 
L’objectif est d’amasser des fonds qui serviront à la réalisation d’activités valorisant la culture entrepreneuriale. » Plusieurs activités à caractère écologique et communautaire ont été réalisées à ce jour, dont une boutique de livres usagés et une collecte à domicile de sapins naturels après la période des fêtes en collaboration avec la Ville de L’Assomption. Grâce aux sommes générées, il a été possible, entre autres, d’accueillir dans leur cégep le conférencier Nicolas Duvernois, l’entrepreneur à l’origine du succès de Vodka Pure.
 

Les entreprises d’entrainement pédagogiques (EEP)

Les entreprises d’entrainement pédagogiques sont d’autres initiatives du milieu scolaire dans lesquelles les étudiants se familiarisent avec le monde de l’entrepreneuriat. Concrètement, ils y effectuent des transactions d’affaires fictives parmi un réseau de plus de 5 000 entreprises virtuelles à travers le monde, et ce, avec le soutien d’une entreprise marraine.
 
En 2003, le Cégep de Granby a été le premier établissement d’enseignement collégial à emboiter le pas dans cette direction en créant Connexions Express. Nancy Rousseau, enseignante en Techniques administratives, affirme que plus de 150 étudiants du programme y développent leurs compétences en simulant les activités commerciales d’une vraie entreprise. « Les transactions sont fictives, mais l’expérience acquise est bel et bien réelle, dit-elle. À la fin de leur formation, nos diplômés auront transigé avec différentes entreprises. Ils auront été dans l’action pendant les trois années de leur DEC. »
 
Évolutab est un autre exemple d’entreprise d’entrainement pédagogique au sein de laquelle les étudiants en Techniques de comptabilité et de gestion du Cégep de Chicoutimi doivent administrer virtuellement la comptabilité, les ventes, les ressources humaines et les communications d’une entreprise.
 
Le Cégep de Rivière-du-Loup possède également une entreprise d’entrainement pédagogique, appelée l’EPÉE, qui est destinée aux étudiants en Techniques de l’informatique. Celle-ci leur permet de vivre une expérience de travail pertinente en proposant à des clients externes des services de dépannage informatique et du développement d’applications Web.
 
Chaque année, la Foire commerciale du Réseau canadien des entreprises d’entrainement (RCEE) mobilise des centaines d’étudiants engagés dans une entreprise d’entrainement pédagogique et provenant de différents établissements. L’objectif est de représenter le mieux possible leur entreprise cliente. « C’est très inspirant! On y découvre toute la créativité des jeunes participants et leur désir de se dépasser », souligne Mme Rousseau.
 

Les programmes parascolaires

Il existe également des programmes parascolaires, comme Entrepreneuriat UQAR à l’Université du Québec à Rimouski et Entrepreneuriat-études au Cégep Limoilou, qui sensibilisent tout au long de l’année les jeunes à l’entrepreneuriat grâce à la tenue d’activités, telles que des concours, des séances de mentorat, des visites d’entreprises ou encore des conférences présentées par des gens d’affaires.
 
La réalisation de projets d’envergure tels que Les Jeux collégiaux du commerce organisés au Cégep Édouard-Montpetit sont également une façon originale pour les étudiants d’ouvrir leurs horizons aux défis du monde de l’entrepreneuriat. Dans le cadre de cette compétition, les étudiants en Techniques administratives doivent réaliser une étude de cas en comptabilité ou en marketing et, ensuite, l’exposer devant un jury composé de représentants du milieu des affaires.
 
« Il y a également tout le volet organisation de l’événement qui permet à d’autres étudiants d’exprimer leur leadership et leur savoir-faire, allant de la conception du logo à la recherche de commanditaires », explique la directrice adjointe de l’établissement, Anne-Julie Ouellet. Devant le succès de la première édition, les Jeux collégiaux du commerce seront reconduits en mars prochain.
 
 
Avis important
Cet article présente les offres pédagogiques des établissements scolaires du Québec qui ont répondu à l’invitation de l’éditeur. Pour en savoir plus, consultez le site Web des établissements qui vous intéressent.
 
Le contenu de cet article est librement inspiré du Palmarès des carrières 2017 - Spécial entrepreneuriat dans le cadre de l’Opération 1er mars 2017. Procurez-vous le Palmarès des carrières pour lire l’article complet.