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À l'heure d'un nouveau départ À la fois concurrents et complémentaires, les transports routier, ferroviaire, maritime et aérien entament, en cette fin de décennie, une période de grands changements. La flambée des prix du pétrole, dont on ne prévoit pas la fin, a des répercussions majeures sur tout le secteur; la recherche de nouvelles façons de faire prend désormais un caractère d’urgence. À cela s’ajoutent des manques criants de travailleurs dans plusieurs catégories d’emploi. L’industrie a d’importants défis à relever.
« Le transport routier traverse une période très mouvementée et très stimulante », lance Claude Chouinard, directeur général de Camo-route, le Comité sectoriel demain-d’œuvre de l’industrie du transport routier au Québec. Les trois facteurs suivants sont en cause et valent aussi, à certains égards, pour les trois autresmodes de transport.
Premièrement, dans les bouleversements en cours, les technologies jouent un rôle clé. « D’ici deux ans, le domaine du transport devrait être le deuxième plus grand utilisateur des technologies de l’information, après les institutions financières », dit M. Chouinard. Par exemple, le lien entre les agences gouvernementales et les postes de pesée est en train de se mettre en place; tous les postes d’inspection seront ainsi au courant du passage d’un camion.Dans le secteur des transports, l’optimisation des technologies sert à des fins de contrôle, de sécurité et d’efficacité, et donc, de rentabilité, dans la mesure où elle permet d’accélérer les échanges d’information entre expéditeur et destinataire.
Le secteur des transports se classe également parmi les plus gros utilisateurs d’énergie. « Le prix et la disponibilité du carburant n’iront pas en s’améliorant, dit M. Chouinard, et on commence à considérer le recours à de gros véhicules hybrides. Le coût de l’essence devient tout à coup le facteur numéro un à considérer dans l’achat des véhicules. »Ce facteur cause d’énormes problèmes aux camionneurs indépendants et aux petits transporteurs. Le transport routier compte environ 35 000 entreprises au Québec; or une centaine seulement ont plus de 100 employés, et à peu près 1 000 en ont moins de 25. Le coût du carburant frappe aussi de plein fouet l’industrie du transport aérien : Air Canada a annoncé 2 000 mises à pied pour l’automne 2008, et plusieurs transporteurs, en raison des prix du carburant, risquent de renouer avec les chiffres d’affaires catastrophiques de l’après-2001.
Enfin, la moyenne d’âge de la main-d’œuvre, dans les quatre modes de transport, est très élevée : au moins 50 ans. Voilà pourquoi de nombreux efforts de promotion visent particulièrement les femmes.Mais ce secteur traditionnellement réservé aux hommes ne se féminise que lentement. « C’est simple, d’ici dix ans, il faudra renouveler 50 % de la main-d’œuvre du secteur routier », affirme M. Chouinard. C’est dire qu’il faudra recruter plus de 100 000 personnes, puisque Camo-route évalue à environ 250 000, le nombre de travailleurs du secteur, dont une majorité de chauffeurs. De leur côté, les entreprises de chemin de fer ont accru leur contingent de jeunes au cours des dernières années, mais il reste qu’environ 70 % de leurs travailleurs ont 46 ans ou plus.
Une belle erre d’aller
Relativement restreint en nombre d’entreprises, le domaine maritime emploie au Québec environ 12 300 travailleurs, dont 4 000 font partie du personnel navigant. « Le domaine est méconnu, estime Claude Maillloux, directeur général du Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime (CSMOIM). C’est un peu la faute de l’industrie elle-même. Pendant un certain nombre d’années, elle n’a pas eu de grands besoins de main-d’œuvre, et elle s’est plus oumoins occupée de se faire connaître. »
La donne a changé radicalement. « Depuis environ cinq ans, le transport maritime connaît un boom à l’échelle de la planète, principalement en raison de la demande asiatique en marchandises », souligne M. Mailloux. Le développement récent des transports maritimes vers l’Arctique constitue également un marché prometteur. Les armateurs canadiens et québécois sont donc à construire de nouveaux navires. Or « il devient de plus en plus difficile de trouver des marins, en particulier des officiers mécaniciens », dit M. Mailloux.
Les métiers se rattachant au personnel navigant sont : matelot (de salle des machines ou de pont), timonier, cuisinier et officier (de pont ou de mécanique). La voie la plus efficace vers un brevet d’officier consiste à suivre une formation collégiale de quatre ans à l’Institut maritime de Rimouski. Cette formation permet de travailler sur tout type de navire, que ce soit au Canada ou à l’étranger. À mesure qu’on accumule de l’expérience en mer, on obtient des brevets, jusqu’à celui de capitaine au long cours, qui requiert, entre autres, un minimum de 36 mois de navigation.
Le travail en mer est foncièrement non conventionnel, ce qui plait à plusieurs. « Les conditions de travail et les salaires sont par contre excellents, dit M. Mailloux. Et le domaine est ainsi structuré que la plupart des marins ne travaillent que de six à neuf mois par année, tout en étant payés pour douze. » Les navires sont par ailleurs dotés de technologies sophistiquées et peuvent par exemple fonctionner uniquement par système de guidage électronique. Les emplois d’officiers y revêtent donc un caractère scientifique.
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