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Une industrie sous influence Les célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec ont apporté beaucoup d’eau au moulin touristique, l’été dernier, si bien que 2008 pourrait rester longtemps dans les mémoires. Quelques nuages planent néanmoins sur cette industrie, dont le prix du carburant et la force du dollar canadien, deux facteurs dissuasifs pour la clientèle états-unienne, par ailleurs plus morose et casanière. L’industrie a aussi à son ordre du jour un « dossier » récurrent : celui de la main-d’œuvre.
En mai 2008 se tenait la quatrième édition des Assises du tourisme, sous l’égide duministère du Tourisme et du Conseil québécois de l’industrie touristique. Le thème? « Ressources humaines en tourisme : séduire, fidéliser, valoriser! » Les ressources humaines sont en fait une préoccupation de plus en plus partagée. Et avec raison. L’industrie accuse un roulement de personnel dramatiquement élevé : de 25 à 30 %. Cette situation est en grande partie attribuée aux conditions de travail, dont la saisonnalité.
La saisonnalité fait que « l’industrie touristique embauche 50 % plus de jeunes que les autres secteurs », remarque René Kirouac, chargé de projet au Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Or, les jeunes sont très sollicités dans notre société où l’âge médian a dépassé 40 ans et où le pic des départs à la retraite est imminent. En outre, le commerce de détail, qui a toujours recouru à des étudiants, serait maintenant devenu, en matière d’embauche, un concurrent sérieux de l’industrie touristique. Cette dernière a commencé à réagir, au point où se dessine nettement une tendance vers un plus grand investissement dans les ressources humaines, assure M. Kirouac. Certaines conventions collectives abandonneraient même la sacro-sainte notion d’ancienneté, en vertu de laquelle les horaires les moins intéressants échoient nécessairement aux derniers arrivés.
Des hôteliers écolos?
En 2005, le ministère du Tourisme publiait la politique touristique Vers un tourisme durable. Très « tendance », ce concept, qui implique notamment le respect des populations d’accueil et la préservation de l’environnement, creuse son sillon en Occident. L’Association des hôteliers du Québec a signifié son adhésion en élaborant, avec des partenaires, le Programme de reconnaissance en développement durable pour l’hôtellerie québécoise (PRDD). Lancé en novembre 2007, le programme vise les objectifs usuels : réduction des déchets, économie d’eau et d’énergie, réemploi, recyclage, etc. Il se fonde sur les dix secteurs d’opérations propres au milieu de l’hôtellerie, tels que l’entretien ménager, l’entretien technique, la restauration et le banquet, et se veut donc éminemment pratique.
Mine de rien, l’application (volontaire) du PRDD exige une révision des façons de faire et un minimum de formation pour les employés. Comme le PRDD propose une démarche globale – et, à la limite, un changement de philosophie –, il pourrait s’avérer très profitable aux établissements tout comme à leurs ressources humaines. Dans la même foulée, il convient de souligner la tenue à Québec, en mars 2009, du Symposium international sur le développement durable du tourisme, organisé conjointement par le ministère du Tourisme et la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal. Peut-être le symposium aura-t-il un effet mobilisateur
pour un virage vert. Des créneaux et des masses
L’écotourisme, l’agrotourisme, le tourisme sportif, culturel et de nature sont les meilleures illustrations du tourisme durable. Ils affichent, depuis plusieurs années, une croissance continue fortement liée au vieillissement et à la scolarisation de la population. « En fait, les gens voyagent pour connaître une expérience. C’est vraiment une tendance lourde. À partir de là, les créneaux semultiplient à l’infini », dit René Kirouac.
D’où, par exemple, l’abondance de circuits thématiques – routes des vins, voyages gastronomiques, agricotours (séjours à la ferme), etc. et d’offres pour des séjours de santé ou de nature. Un autre phénomène plus récent : la place des croisières dans l’offre nationale et internationale, souligne M.Kirouac. « Lenombre de passagers et de croisières ne cesse d’augmenter. C’est très prometteur, assez, en tout cas, pour que se construisent de nouveaux bateaux de croisière. » AuQuébec, on en a pris acte : l’an dernier, seulement à Saguenay, 34 millions de dollars ont été investis dans les installations portuaires. Pour des raisons évidentes, nombreuses sont les villes qui cherchent à être intégrées comme escales aux circuits des croisières internationales.
En ce qui concerne la provenance des touristes, la Chine est d’emblée ciblée comme le marché émergent. Le Mexique semble aussi offrir un potentiel intéressant. En fait, à l’échelle planétaire, les clientèles touristiques augmentent, et de façon continue, selon l’Organisation mondiale du tourisme : le nombre d’arrivées internationales devrait s’établir à un milliard en 2010, alors qu’il était de 715 millions en 2002. Le grand défi des destinations est de conserver un pouvoir d’attraction.
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