Accueil > Marché du travail >Ciel dégagé pour les travailleurs québécois

Les contenus de cette page sont extraits de
L'unique répertoire des entreprises qui recrutent 2011-2012

Des emplois à revendre
Par : Michel Marsolais

Les augmentations récentes du coût du carburant ont mis la rentabilité de plusieurs transporteurs aériens à rude épreuve. Résultat : des tarifs plus élevés, une diminution des services offerts à la clientèle et des passagers mécontents, qui regrettent les belles années où prendre l’avion était encore une expérience agréable. Il reste que personne n’a encore trouvé mieux pour franchir de grandes distances rapidement!

Le nombre de passagers et la quantité de marchandises transportés par avion continuent à augmenter en dépit de tout. Une bonne nouvelle pour la croissance de l’emploi dans le secteur aérospatial québécois. En 2007, au Québec, cette industrie comptait 44 765 travailleurs. D’ici la fin de 2008, ce nombre devrait grimper à 47 450 et franchir le cap des 49 040 en 2009. Reste à trouver les candidats…

Ce n’est pas grâce à une boule de cristal que l’industrie aérospatiale arrive à des chiffres aussi exacts. Contrairement à d’autres secteurs d’activités, l’aérospatiale repose sur des carnets de commandes établis longtemps à l’avance. Un constructeur automobile fabrique le nombre de véhicules qu’il espère vendre, tandis qu’un constructeur d’aéronefs fabrique les avions qu’il a déjà vendus.

Une partie des prévisions s’appuie aussi sur celles de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui estime que le trafic aérien international devrait connaître une croissance de l’ordre de 6 % jusqu’en 2025. Le transport aérien continue donc à être propulsé vers le haut.

Uniquement du côté des avions régionaux (le principal créneau de Bombardier Aéronautique), la demande frôlera les 13 000 appareils dans les 20 prochaines années. De quoi faire tourner les usines! Au printemps 2008, Bombardier annonçait avoir épuisé toutes ses listes de rappel d’employés et se lançait dans l’embauche externe pour ses usines de Saint-Laurent et de Dorval. Cette dernière usine sera d’ailleurs agrandie pour ajouter deux lignes d’assemblage du Challenger 300.

Bonifier son offre

Pour l’année 2008, la croissance du secteur au Québec a représenté 1 600 nouveaux emplois.Mais il faut tenir compte du taux de roulement normal de la main-d’œuvre – établi à 3 % par année – dans cette industrie, ce qui représente 1 424 postes supplémentaires à pourvoir, pour un total dépassant les 3 000. Cette situation qui se répétera en 2009 pose de sérieux défis aux entreprises en quête de candidats.

L’industrie doit donc ajuster son offre pour attirer des travailleurs et les retenir en développant des politiques innovatrices en matière de gestion des ressources humaines. Les employeurs font maintenant preuve de flexibilité dans l’attribution des vacances et dans la gestion des horaires, des congés de maternité ou paternité, des régimes d’assurances, des activités internes, etc. Les situations varient d’une entreprise à l’autre, mais l’idée est d’offrir des conditions qui vont au-delà du simple salaire. Par exemple, les employeurs misent de plus en plus sur un climat de travail harmonieux.

Doser l’expérience

Bien que le déclin démographique reste préoccupant pour un secteur en aussi forte croissance, il ne constitue pas encore le principal problème de l’aérospatiale, puisque les écoles spécialisées et les universités québécoises arrivent pour l’instant à former suffisamment de diplômés.

Le seul bémol se retrouve du côté de la formation collégiale technique où seulement le tiers des étudiants inscrits arrivent à obtenir leur diplôme. « De la main-d’œuvre perdue », déplore Serge Tremblay, directeur général du CAMAQ, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale du Québec.

S’assurer de former une relève n’est pas tout. « Les entreprises veulent également une bonne mixité de travailleurs expérimentés et de nouvelles recrues dans leurs équipes », explique Serge Tremblay.

L’aviation est un domaine aux standards élevés. Personne ne voudrait monter dans un appareil assemblé uniquement par des nouveaux diplômés et des stagiaires. Trouver des travailleurs d’expérience – et les garder – reste donc une préoccupation continuelle pour les recruteurs du secteur.

Heureusement, les employés d’expérience ne se trouvent pas uniquement dans les entreprises concurrentes. L’industrie recrute souvent dans des domaines autres que l’aérospatiale mais où certaines expertises sont transférables.Un vice-président finance, un représentant aux ventes, un informaticien, un machiniste, par exemple, peuvent facilement s’adapter au contexte de l’aérospatiale même s’ils viennent d’un autre secteur. « Parfois ce qu’on fait chez CAE n’est pas si différent de ce qu’on fait chez Ubisoft », de dire Serge Tremblay.

Marché international, emplois locaux

L’industrie québécoise de l’aérospatiale exporte 80 % de sa production, dont 56 % aux États-Unis. Elle s’active constamment à étendre sonmaillage international.

Pour plusieurs, le baromètre de l’industrie québécoise, c’est encore Bombardier Aéronautique, le maître d’œuvre dont dépendent plusieurs sous-traitants. Au dernier exercice, Bombardier a augmenté ses livraisons d’avions de 12 % (soit 361 appareils) et le marché semble finalement assez prometteur, spécialement avec le coup d’envoi à sa série C, une nouvelle catégorie d’appareils de 100 à 149 places. Mais l’industrie repose désormais sur d’autres joueurs importants. Lorsque le nouvel Airbus 380 s’est posé à Montréal pour la première fois, en novembre 2007, l’événement a permis de mettre en valeur plus de 25 fournisseurs québécois ayant participé à la réalisation de ce très gros porteur.

De son côté, la production des hélicoptères se porte presque mieux que celle des avions. Dans un contexte de forte demande, Bell Helicopter a ainsi lancé un nouvel appareil : le Bell 429, un joujou de 5 millions de dollars. Après avoir fait la démonstration de son prototype au dernier salon Heli-Expo, à Houston, le constructeur de Mirabel a enrichi son carnet de commandes de plusieurs centaines d’appareils.

Quant à Pratt & Whitney, comme ses moteurs remportent un succès international, la compagnie doit fournir des pièces et des services d’entretien à ses nouveauxmarchés.On a donc récemment ouvert de nouveaux centres de distribution dans des pays comme la Russie. Bien sûr, les emplois sur place sont confiés à des résidents locaux mais le volume accru, les expéditions, etc. assurent des emplois à l’usine de Longueuil.

De plus, de petites entreprises comme Mechtronix Systems, un fournisseur montréalais d’équipement de formation en pilotage, commencent à percer le marché indien. En même temps, des entreprises étrangères, dont les groupes français Mecachrome et Lisi Aerospace, se sont installées avec succès en sol québécois ces dernières années.

Les produits de l’industrie aérospatiale québécoise sont partout, mais les emplois sont encore ici!


<<< retour