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TémoignageRose-Marie Jarry, PâtissièreVOIR LA VIE EN ROSE Rose-Marie Jarry est toujours à la course, au sens propre comme au sens figuré. Pour cette athlète accomplie, l'alimentation, c'est sacré. « Ma mère m'a toujours incitée à bien me nourrir, dit-elle, et plus particulièrement en période d'entraînement intensif. Mais ce que je trouvais sur le marché ne correspondait pas toujours à mes critères. » D'où l'idée de produire des barres nutritives de son cru. Au moment de faire son choix de carrière, comme bien des jeunes à ce stade de leur vie, Rose-Marie ne sait trop vers quelle formation se tourner. Après un bref passage en design intérieur, une formation qu'elle ne complétera pas, elle tente sa chance à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ). En 2004, elle quitte l'endroit avec un DEP en pâtisserie. Cependant, la jeune femme a beau s'illustrer parmi les étudiants de sa promotion, ses professeurs ont beau l'encourager à développer son sens de la création culinaire qu'ils ont eu tôt fait de détecter, les cuisines des restaurants ne l'attirent pas. Elle fonde plutôt sa propre marque de commerce : Les Gâteries de Rosie. « Le secteur de la santé m'intéressait aussi, laisse tomber la jeune femme de 27 ans. Je n'avais pas vraiment d'idée précise en tête, mais je savais que je voulais être à mon compte. » Ses compétences acquises à l'Institut lui permettront cependant de sortir des sentiers traditionnels de la pâtisserie. Et l'occasion fera le larron. Consommer sans culpabilité Toujours mordue de la compétition, elle continue de performer sur le réseau canadien d'athlétisme dans ses spécialités : le 400 mètres et le 800 mètres. La jeune athlète confectionne ses propres collations, qu'elle trimballe à ses entraînements et lors de compétitions sportives. « Je faisais très attention à mon alimentation. J'apportais mes collations, car ce qu'on retrouve sur le marché laisse souvent à désirer : trop sucré et trop gras », commente-t-elle. Ses petits délices composés principalement de fruits et de noix font bientôt saliver ses collègues, qui en apprécient aussi les qualités nutritives. L'idée commence à germer. Bientôt, les athlètes comptent parmi ses premiers clients et rapidement, les consommateurs actifs leur emboîtent le pas. La Rosibar était née. Ces collations se déclinent en cinq saveurs, avec des noms évocateurs tels que Turbo ou Antioxidante. Elles trouvent ainsi leur place dans les salles de gym et les magasins d'articles de sports et de plein air, et sont aussi disponibles en ligne, sur le site Internet de la chef pâtissière devenue entrepreneure par la force des choses. Nouvelle mouture, nouvelle aventure Jusqu'à tout récemment, Rose-Marie Jarry confectionnait chez elle et à la main ses barres nutritives. Une production annuelle de 55 000 petites barres et de leurs emballages. Ouf! « Je faisais tout moi-même : achat des ingrédients, production, emballage, mise en marché, promotion et même livraison. C'était un peu fou, mais si je voulais me dégager un petit salaire, je n'avais pas le choix. Je n'ai bénéficié d'aucune subvention et je n'ai reçu aucune autre forme d'aide, si ce n'est une subvention d'Emploi-Québec, qui m'a permis d'embaucher pendant quelques temps une conseillère en alimentation, et du financement de source privée. » Cette jeune conseillère en alimentation, une athlète qui voyait aussi le potentiel des collations santé, a été une aide précieuse au moment de la création de la barre nutritive nouvelle mouture, la Kronobar, qui vient tout juste de faire son entrée sur le marché. Les Gâteries de Rosie passent ainsi à la vitesse supérieure, soit la production de masse. Rose-Marie a investi ses économies (et bénéficié de financement privé) pour la recherche et le marketing, et a été conseillée pour un ami, un pro du design, pour la conception de l'emballage. Rien n'a été négligé afin de partir du bon pied dans cette nouvelle aventure dans laquelle la production initiale va pratiquement doubler par rapport à la version Rosibar. « La production sera dorénavant réalisée au Rapid Snack, une entreprise de LaSalle. Ils ont accepté, pour la première année, de produire 120 000 barres. Pour eux, c'est une petite production. Pour moi, c'est un grand saut! » Encore fallait-il mettre le doigt sur la recette parfaite. Il aura fallu huit mois de travail, en collaboration avec le secteur de la recherche et du développement de Rapid Snack, pour que la recette initiale se prête désormais à une production à la chaîne. « Mais sans faire de compromis sur la qualité », insiste Rose-Marie. De la graine d'entrepreneur Il n'est pas fréquent de voir une jeune entrepreneure se lancer seule en affaires. Les écueils sont nombreux et l'entraide entre partenaires permet de garder le moral. Cette petite boule d'énergie qu'est Rose-Marie Jarry avait cependant la fibre entrepreneuriale et une belle grande famille (Rose-Marie est issue d'une famille de cinq enfants) pour la supporter et parfois, mettre l'épaule à la roue. « Ma mère avait un restaurant et quand nous étions enfants, nous allions l'aider. J'ai donc grandi dans cette ambiance où tous s'impliquent dans l'entreprise : je n'ai pas connu autre chose. Les efforts qu'il faut consentir lorsqu'on est travailleur autonome n'étaient donc pas une surprise pour moi. » ————— Faire cavalier seul? Possible, mais plus risqué Il y a sept ans, la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Rosemont-Petite-Patrie lançait le concours Entrepreneurs en action! pour les 18-35 ans. L'initiative, qui vise le développement local, a permis d'apporter du sang neuf dans cet arrondissement montréalais. Santé, ébénisterie, mode, commerce de détail le concours attire maintenant une vingtaine de projets variés, confirme le directeur général, Jean-François Lalonde. « En plus des bourses, les entrepreneurs reçoivent l'accompagnement de professionnels, une aide cruciale. Nos résultats sont éloquents : notre taux de réussite est de 76 %, ce qui surpasse la moyenne québécoise », évoque M. Lalonde. Faire cavalier seul? C'est possible, dit-il, mais ce n'est ni la norme ni l'idéal. « En affaires, les cinq premières années sont cruciales. Il y a donc peu de place pour l'erreur. » |
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