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TémoignageCatherine Légaré, PsychologuLA FORCE DU MENTORAT Catherine Légaré est fondatrice et directrice de la recherche et du développement chez Academos, une organisation à but non lucratif qui offre des services de cybermentorat aux jeunes Québécois des niveaux secondaire et collégial pour les aider dans leur processus d'orientation professionnelle et favoriser la persévérance scolaire. Psychologue de formation, c'est de fil en aiguille qu'elle a abouti sur la voie de l'entrepreneuriat. Ironiquement, c'est à la suite de la visite d'une psychologue à son école secondaire lors d'une journée carrière que Catherine, qui avait déjà un intérêt pour l'être humain, a décidé qu'elle souhaitait devenir psychologue. « Mais quand elle nous a dit qu'il fallait faire une maîtrise pour devenir psychologue, ça m'a presque dissuadée. Mais éventuellement, j'ai réussi le programme de sciences humaines avec biologie et mathématiques au Cégep de Maisonneuve, puis je me suis inscrite à l'université et rendue là, j'ai voulu continuer et finalement, ça n'a pas été un problème pour moi de faire 13 ans d'université! » raconte la docteure en psychologie. Un projet qui se précise Elle a donc complété son baccalauréat en psychologie en 1995 à l'Université de Montréal, puis sa maîtrise en 1997. Elle a ensuite entrepris un doctorat à l'UQÀM, qu'elle a complété en 2005. « En psychologie, le bac est plutôt général, c'est à la maîtrise qu'on choisit une spécialisation. Pour faire mon choix, je me suis informée, j'ai discuté avec mes profs, mais j'ai aussi appelé des psychologues pour leur poser des questions, visiter leur milieu de travail, voir le matériel avec lequel ils travaillaient, etc. J'ai ainsi choisi de poursuivre en psychologie scolaire, mais au terme de ma maîtrise, à la suite de mes stages, j'ai réalisé que je ne voulais pas poursuivre dans ce domaine, qu'il y avait quelque chose de routinier qui ne me convenait pas là-dedans et que je souhaitais évoluer dans un domaine qui apporterait plus d'innovation. J'aurais pu m'ouvrir un bureau privé, mais je ne me sentais pas prête à ce moment-là. Alors j'ai décidé de poursuivre mes études », se rappelle Catherine. C'est dans le cadre de son doctorat que le projet Academos a vu le jour en 1999. « Internet était en émergence et on commençait à entrevoir les nouvelles possibilités que permettaient ce média. J'aimais bien l'idée d'utiliser le Web à des fins sociales, particulièrement auprès des jeunes. J'ai donc trouvé un prof à l'UQÀM avec qui travailler dans cette optique dans le cadre de mon doctorat », rapporte-t-elle. Une série de heureux hasards À la même époque, comme emploi étudiant, la doctorante donnait des cours sur l'utilisation de l'ordinateur et d'Internet à des gens de 50 ans et plus au Collège de Bois-de-Boulogne. Parmi eux, de nombreux jeunes retraités s'étaient montrés intéressés à utiliser ce nouvel outil technologique pour s'impliquer dans la communauté. « C'est de là qu'a germé l'idée de mettre en lien ces personnes qui avaient du temps et de l'expérience à offrir et les jeunes en processus d'orientation. Le Collège avait également obtenu une subvention pour mettre sur pied un système de tutorat que j'ai transformé en programme de mentorat. De là est né Academos! » explique Catherine. « Parfois, dans la vie, il se présente des occasions qu'on a le choix de saisir ou non. Ce sont des hasards, mais en même temps, ce n'en sont pas. Contrairement à ce qu'on peut parfois croire, les idées d'entreprises n'arrivent habituellement pas comme des éclairs de génie, mais plutôt comme l'aboutissement d'essais et d'erreurs, et de rencontres. Il faut avoir les antennes ouvertes et ne pas avoir peur de l'ouvrage », mentionne l'entrepreneure. Ce concours de circonstances explique pourquoi les bureaux d'Academos sont toujours au Collège de Bois-de-Boulogne, qui a en quelque sorte parrainé le projet. Mais c'est aujourd'hui la Corporation Éducentre de Bois-de-Boulogne, un organisme à but non lucratif, qui chapeaute le service de cybermentorat comptant maintenant 19 employés. Par l'entremise du site Web sécurisé d'Academos qui en est à sa quatrième version, ce sont aujourd'hui plus de 2 333 cybermentors et 17 054 étudiants qui échangent sur les réalités du monde du travail. La boucle du mentorat Pour en arriver là, Catherine Légaré a dû faire évoluer son projet de recherche de doctorat vers une véritable entreprise autonome, ce qui comportait plusieurs défis : passer de la théorie à la pratique, s'insérer parmi les outils d'orientation auprès des conseillers en orientation et en information scolaire, bousculer les pratiques avec un service reposant sur les nouvelles technologies, chercher des subventions, apprendre les bases du marketing pour promouvoir le service, gérer une équipe de personnel en croissance, etc. « J'ai fait beaucoup d'erreurs au début, mais au fil du temps, je me suis créé un réseau de personnes-ressources pour m'aider à progresser; je suis allée chercher une mentore par le Centre d'entrepreneuriat féminin du Québec et je me suis constitué un groupe d'hommes d'affaires de différents domaines, tels que les ressources humaines, les communications et le marketing Web, mentors auxquels je réfère pour m'orienter et me sortir de ma zone de confort », confie Catherine. « Dans le monde des affaires, il y a plein de gens aguerris et généreux qui ont une précieuse expérience à partager et qui sont prêts à aider les jeunes entrepreneurs. Il faut oser demander du soutien et s'impliquer dans les relations de mentorat. Ça accélère vraiment les choses et évite des tergiversations inutiles. Moi, je ne me passerais plus de cela, en tout cas! » conclut la gestionnaire. ————— « Il existe plusieurs types de solutions de financement offertes aux entreprises par les CLD du Québec, et ce, tant pour les entreprises d'économie libérale que pour les organismes d’économie sociale (OBNL ou coopératives). Fait à signaler : les nouvelles coopératives affichent un meilleur taux de survie au Québec qu'il y a six ans (63 % c. 43 %). Mieux encore, le fait de bénéficier de l'expertise d'un conseiller professionnel, ou encore d'un mentor comme le propose Academos, permet non seulement aux entrepreneurs d'éviter de faire certaines erreurs, mais les aide à prendre des décisions mieux éclairées. J'en veux pour preuve le fait que les entreprises, ayant bénéficié de l'aide et de l'accompagnement professionnel d'un CLD affichent un taux de survie, après 5 ans, de 70 % comparativement à 35 % pour l'ensemble du Québec. » Pierre Trahan, conseiller en communication au Centre local de développement (CLD) de Québec |
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