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Arts, culture et communications

Édith Jolicœur, Artiste-peintre

SORTIR DU CADRE

« J'ai remporté mon premier concours de dessin à la maternelle. J'aimais qu'on me dise que j'avais du talent, mais je me rebiffais lorsqu'on ajoutait que j'allais très certainement devenir une artiste, car j'ai longtemps associé artiste et misère. » Heureusement, Édith Jolicoeur n'a pas échappé à son destin. Elle mène aujourd'hui une brillante carrière qu'elle gère de main de maître.

Conjuguer création artistique et entrepreneuriat

Le parcours de cette Gaspésienne de 37 ans illustre bien qu'une carrière dans les arts peut être synonyme de rentabilité. Au moment de l'entrevue, l'artiste planchait sur une exposition prévue en début d'année au Musée acadien du Québec à Bonaventure et elle avait de nombreux projets sur sa liste.

La jeune femme a cependant pris quelques détours avant de trouver sa voie. En 1993-94, on retrouve Édith à l'Académie internationale du design de Montréal, où elle décroche une attestation d'études collégiales (AEC) en Techniques d'aménagement d'intérieur. Auparavant, elle avait obtenu un DEC en sciences humaines, avec des cours complémentaires en arts, au Cégep de la Gaspésie et des Îles, à Carleton-sur-Mer.

« J'ai été designer pendant quelques années, mais je me suis lassée. Par contre, ma formation a été déterminante pour ce que je fais aujourd'hui. Le trompe-l'oeil, qui allie composition, perspective et sens des proportions, est une technique très utilisée en aménagement intérieur », décrit-elle.

Édith Jolicœur trouvera dans son coin de pays les ressources nécessaires pour parfaire ses connaissances en affaires. Ainsi, de 2002 à 2004, elle devient responsable de la mise en marché des productions de près de 60 artistes et artisans locaux. Pendant cette même période, elle est porte-parole régionale pour le Concours québécois en entrepreneuriat (CQE), une distinction qu'elle a elle-même remportée.

Depuis six ans maintenant, La Maison Rouge, nom de son atelier galerie d'arts, situé dans le magnifique patelin de Carleton-sur- Mer, attire tout l'été des milliers de visiteurs. Durant la saison morte, l'endroit devient son antre. Elle peut alors se consacrer à la confection de tableaux en trompe-l'œil, des œuvres d'art originales faites à partir d'anciennes portes et fenêtres de bois récupérées, qui sont à l'origine de sa renommée.

S'occuper de ses affaires

Le secret de la réussite selon Édith Jolicœur? « L'organisation, dit-elle d'emblée. C'est certainement le genre de conseil qu'aurait donné le type de prof que je n'appréciais pas tellement quand j'ai fait mes études, mais c'est la réalité. » Il faut cependant ajouter l'ingrédient « passion » à cette recette, insiste-t-elle.

Site internet sobre et invitant, curriculum vitæ à jour, pochette de presse bien garnie, prête à être envoyée sur demande, photos promotionnelles léchées : cette femme d'affaires ne laisse rien au hasard.

S'occuper de sa carrière, c'est aussi avoir les yeux bien ouverts sur les possibilités de bourses, de concours, de subventions et de formations disponibles. Finalement, c'est s'impliquer dans sa communauté et entretenir un solide réseau.

« Quand on est passionnée par ce qu'on fait, on s'organise pour réussir! On trouve la motivation et on utilise des stratégies pour parvenir à ses fins. »

Pour la Gaspésienne comme pour son conjoint, le métier qu'ils exercent devait leur permettre de demeurer dans la région. « J'ai envisagé de devenir avocate spécialisée en droit intellectuel, une profession qui m'aurait probablement assuré le confort matériel auquel j'aspirais. Cependant, mes chances de trouver du travail ici auraient été minces. »

Contrairement à la situation qui prévaut dans certaines régions du Québec, les jeunes sont loin de déserter la Baie-des-Chaleurs. Le solde migratoire est encourageant et l'aide pour le démarrage d'entreprises, le développement et la relève entrepreneuriale y est abondante.

À titre d'exemple, la jeune femme a notamment frappé à la porte d'organismes comme la Société d'aide au développement des collectivités (SADC) de Baie-des-Chaleurs, le Conseil de la culture de la Gaspésie, FEMMESSOR Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (GÎM) et FEMMESSOR du Québec.

Une communauté tissée serrée

« Un facteur intéressant en région, c'est que la plupart des organismes travaillent de concert, explique Édith. Lorsque j'ai été finaliste au printemps dernier au Concours VoirGRAND.tv (une téléréalité consacrée à la relève entrepreneuriale québécoise), ces trois organismes m'ont aidé à trouver les quelque 5 000 $ qu'il fallait pour couvrir mes frais de déplacement et d'hébergement et faire en sorte que je ne sois pas défavorisée vis-à-vis des participants locaux qui n'avaient pas à assumer toutes ces dépenses. »

« On dit qu'on a besoin d'un village pour élever un enfant. Eh bien, on a besoin d'une région pour soutenir un artiste ou un entrepreneur! Que j'aie besoin de figurants pour la mise en scène de tableaux, d'aide dans ma recherche d'archives ou de votes pour un concours auquel je participe, j'ai toujours l'appui des gens de ma localité et même de ma région entière! »

« Dans le cas particulier de mon expérience à VoirGRAND.tv, les gens se sont mobilisés pour voter massivement. Ils ont relayé l'information à leurs contacts de partout en province. À tel point que la productrice craignait que je fasse exploser le système de votation! »

« Je crois que les gens de ma communauté, qui m'ont vu grandir, et que ma famille, qui m'a toujours soutenue, sont fiers de mon succès. »

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Partir en affaires, une étape à la fois

« Démarrage, développement, financement, résolution de problèmes : bon an mal an, la Société d'aide au développement des collectivités de Baie-des-Chaleurs (SADC – BC) permet à une trentaine d'entreprises (boutiques, galeries d'art, entreprises en multimédia ou de haute technologie, etc.) de déployer leurs ailes », témoigne sa directrice générale, Lyne Lebrasseur.

« Se lancer en affaires semble souvent inaccessible. Pourtant, on peut y aller une étape à la fois, comme on le ferait, cours après cours, pour obtenir un DEC ou un bac. »

« Assurer la relève en rachetant une entreprise existante peut aussi être une avenue intéressante pour les jeunes, qu'ils aient complété des études en administration, en mécanique ou autre. Là encore, nous pouvons contribuer à faire de ce passage, un succès. »


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